samedi 15 octobre 2011

Fwd: les indignés...


Economie - 15/10/2011 | 13:01 - 1000 mots

La tribune

 

Les "indignés" dans la rue : après les printemps arabes, l'automne de l'occident ?

Copyright Reuters
Inspiré par le mouvement "Occupy Wall Street" qui s'est installé à New York à l'appel du mouvement des 99%, une manifestation "Occupy Stock Exchange" se tient à Londres ce samedi. A Paris, un rassemblement est prévu cet après-midi place de l'Hôtel de Ville. Des violences ont eu lieu à Rome. Près de 1000 villes sont concernés par ce week-end des "Indignés" dans 82 pays, confirmant une forme de mondialisation du mouvement des "indignés" lancé à Athènes et à Madrid en réaction à l'austérité et inspiré par le printemps de peuples arabes. A l'approche du G20 de Cannes, la protestation monte dans les pays occidentaux.

Les "indignés" manifestent ce samedi à travers la planète pour dénoncer le poids de la finance et les politiques d'austérité qui, disent-ils, mènent le monde à la ruine et condamnent une partie de l'humanité à la pauvreté. Inspirés par les "indignados" précurseurs de Madrid, galvanisés par le mouvement Occupy Wall Street, différents collectifs reliés entre eux par internet appellent à manifester à Londres, Rome, Berlin, Francfort, Athènes, Montréal, New York... A Paris, les "Indignés", présents place de la Bastille, manifesteront sur la place de l'Hôtel de Ville. Selon le réseau 15october.net, qui recense les appels à manifester, des rassemblements sont prévus dans au moins 951 villes à travers 82 pays. La présence de casseurs a provoqué des incidents et des violences dans la manifestation à Rome qui a rassemblé 200.000 personnes.

Plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues d'Auckland en Nouvelle-Zélande avant de se rassembler sur une place de la ville où 3.000 participants ont scandé des slogans en tapant sur des tambours. Quelque 2.000 manifestants, des représentants de la communauté aborigène, des syndicalistes et des militants communistes, se sont réunis à Sydney devant la banque centrale d'Australie tandis que l'on dénombrait 200 protestataires dans la capitale Wellington. A Melbourne, où était donné le coup d'envoi de cette journée de mobilisation mondiale, un millier de personnes se sont réunies sur une place du centre-ville. Plusieurs centaines de personnes, dont des militants opposés au nucléaire, ont marché à Tokyo et quelques dizaines se sont rendus devant l'ambassade des Etats-Unis à Manille aux Philippines aux cris de "à bas l'impérialisme américain".

Dans des villes comme Londres ou Athènes, théâtres de récentes émeutes, les forces de police sont sur les dents. D'autant que nul ne peut anticiper l'ampleur de la mobilisation qui s'appuie largement sur les réseaux sociaux. "Pour nous, le moment est venu de nous unir, pour eux, le moment est venu de nous écouter. Peuples du monde entier, levez-vous !", proclame le site United for #GlobalChange (ensemble pour un changement global). "Nous ne sommes pas des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers qui ne nous représentent pas. Nous allons manifester pacifiquement, débattre et nous organiser jusqu'à obtenir le changement mondial que nous voulons", poursuit cette coordination virtuelle.

Les organisateurs insistent sur le caractère pacifiste du mouvement de protestation. Vendredi, cependant, un groupe d'étudiants a fait irruption dans le centre financier de Milan dans les locaux de la banque Goldman Sachs, sur laquelle se concentre une large part de la colère des indignés. "J'attends ce mouvement depuis longtemps, depuis 2008", témoigne Daniel Schreiber, un Berlinois de 28 ans ulcéré par les répercussions du sauvetage des établissements financiers après la faillite de la banque Lehman Brothers. "Je me demandais pourquoi les gens n'étaient pas indignés, pourquoi rien ne se passait et finalement, trois ans plus tard, cela arrive enfin", ajoute-t-il.

Trois ans après la chute de Lehman Brothers, emporté par l'éclatement de la bulle des crédits "subprime", et après les plans de soutien et de relance financés par la puissance publique, les pays occidentaux, notamment dans la zone euro, vivent désormais au rythme des plans de rigueur et des cures d'austérité. "Ce qui se passe aujourd'hui en Grèce, c'est le cauchemar qui attend d'autres pays à l'avenir. La solidarité est l'arme des peuples", écrit le groupe Démocratie réelle, qui appelle à manifester samedi dans le centre d'Athènes, sur la place Syntagma.

Le mouvement est parti au printemps d'Espagne, le pays de l'UE au taux de chômage le plus élevé (plus de 20% de la population active, jusqu'à 45% chez les jeunes de 18-25 ans). L'occupation de la place Puerta del Sol, à Madrid, a fait des émules à travers l'Europe, à commencer par la Grèce, où le déblocage de l'aide financière de l'UE et du FMI est assorti de conditions d'austérité draconiennes. Des mouvements semblables se sont développés au Chili ou en Israël. En France, la place de la Bastille à Paris a été quelques temps un centre de ralliement de la contestation.

Aux Etats-Unis, le mot d'ordre Occupy Wall Street a été lancé cet été sur internet par les activistes du collectif Adbusters (littéralement les Casseurs de pub), un groupe créé à Vancouver qui combat le capitalisme et détourne les codes de la société de consommation. "Nous étions inspirés par ce qui s'était produit en Tunisie et en Egypte. Nous avions le sentiment que l'Amérique était mûre pour vivre son propre Tahrir", explique Kalle Lasn, co-fondateur du groupe, en référence à la place du Caire devenue l'hiver dernier l'épicentre de la contestation contre le régime d'Hosni Moubarak. "Nous avions le sentiment qu'une indignation véritable montait en Amérique et nous avons voulu produire l'étincelle qui permettrait à cette indignation de s'exprimer", continue-t-il. Occupy Wall Street appelait à se rassembler autant de temps que nécessaire à partir du 17 septembre. Le mouvement entrera lundi dans son deuxième mois et les protestataires campent toujours dans un village de tentes dressé dans le parc de Zucotti, près du coeur financier de Manhattan.

Spyro, un Britannique de 28 ans très actif dans la préparation du rassemblement prévu samedi à Londres sous la bannière "Occupy the Stock Exchange", résume les raisons de ce mouvement global de colère contre "le système financier". Les banques, rappelle-t-il, ont été renflouées sur fonds publics, mais les pratiques des bonus et des stock-options sont restées inchangées tandis que les Etats, sous l'oeil des marchés et des agences de notation, engageaient des politiques d'austérité et que le chômage, en particulier chez les jeunes, augmentait. "Partout dans le monde, nous disons que cela suffit", poursuit-il.

D'Athènes à New York, les revendications restent assez générales, elles visent les 1% de la population accusées de concentrer l'essentiel des richesses, elles accusent les gouvernements élus d'être sourds à cette colère. L'efficacité de cette mobilisation reste à démontrer. "Il y a plus de sympathisants que de personnes qui manifestent réellement", souligne Mary Bossis, professeur à l'université grecque du Pirée. En dépit des situations de désespoir créées par les mesures d'austérité, ajoute-t-elle, il semble que l'étincelle qui lancerait un mouvement durable fait défaut.

latribune.fr avec Reuters - 15/10/2011, 13:01 |
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Et
 
 
 
 

Occupy Wall Street « annie bannie's Weblog


http://anniebannie.net/2011/10/12/occupy-wall-street/




Mouvement des Indignés - Wikipédia



http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_Indignés

Le Figaro - International : Les «indignés», anatomie d'un mouvement destructuré


http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/14/01003-20111014ARTFIG00672-les-indignes-anatomie-d-un-mouvement-destructure.php




mardi 11 octobre 2011

Le Journal Intégral: Université Intégrale (11) Une Economie des Profondeurs


Nous présentons ci-dessous les conférences de Patrick ViveretBernard Lietaer et Michel Saloff-Coste qui se sont déroulées lors de la treizième session de l'Université Intégrale et qui apparaissent comme autant d'illustrations de cette « économie des profondeurs ».

http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-1-une-economie-des.html






Fwd: Invitation : Lancement de la campagne "Tous candidats !"


Objet : Invitation : Lancement de la campagne "Tous candidats !"

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4, 5, 6 novembre 2011 à La Ferme du Buisson (Noisiel 77)


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Toute l'équipe de Colibris




Fwd: [Blog intégratif] Les entretiens de Millançay

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> Blog intégratif a posté un nouvel article intitulé : Les entretiens de
> Millançay
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> Millançay, vous connaissez ? C'est un trou perdu en Sologne ... Mais il y a
> aussi, comme chaque année fin septembre, comme un miracle, une trouée de
> lumière, une parenthèse de grâce : "Les entretiens de Millançay"...
>
> Vous pouvez voir le nouvel article à l'adresse suivante :
> http://blog.psychotherapie-integrative.com/entretiens-de-millancay/
>

Fwd: L'évènement « Healing Futures - A Two Days Exploratorium » du 15 au 16th Ocotbre 2011


Objet : L'évènement « Healing Futures - A Two Days Exploratorium » du 15 au 16th Ocotbre 2011

Bonjour à tous,
 
L'évènement « Healing Futures – A Two Days Exploratorium » aura lieu au Château La Tour Apollinaire à Perpignan le 15 et 16 Octobre 2011.
 
Vous trouverez ci-joint les détails de cet évènement, et même si la brochure est en anglais, certains de nos participants sont français et d'autres parlent le français, ils pourront traduire. Si vous comprenez l'anglais de base, nous vous invitons donc à vous joindre à nous.
 
5 places sont encore disponibles pour participer au séminaire, et 3 chambres ainsi qu'un appartement à deux chambres sont disponibles pour votre hébergement au Château La Tour Apollinaire.
 
Pour réserver votre place au séminaire visitez le site : http://bit.ly/r2healingfutures or http://r2meshwork.ning.com/
 
Pour réserver votre chambre : visitez www.latourapollinaire.com ou contactez la réception du château au téléphone suivant : 04 68 64 45 72 /  e-mail : enquiries@latourapollinaire.com
 
Nous espérons avoir le plaisir de accueillir très prochainement au château pour notre séminaire « Healing Futures ».
 
Dans cette attente,  
 
All the best
 
Robin
 
Dr Robin Wood
Président
 
Renaissance2
15 rue Guillaume Apollinaire, Perpignan 66000 France  
+33 (0) 468 64 45 72  robin@renaissance2.eu  skype = rlw777
Registered in France as a not--for-profit Association
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 5 octobre 2011

Fwd: Environnement. Énergie : ces vérités qui dérangent|- Infos - leprogres.fr - SFEN VdL


http://www.leprogres.fr/france-monde/2011/10/04/energie-ces-verites-qui-derangent
Environnement. Énergie : ces vérités qui dérangent|

Publié le 04/10/2011 à 06:00

Le contexte. L'enjeu de l'énergie s'avère primordial dans un monde qui souffre de plus en plus de la pollution et du réchauffement climatique. Pourtant l'équation semble insoluble. Les besoins en énergie vont croissant. A ceux qui remettent leur salut entre les mains des énergies renouvelables, les experts préviennent : elles ne combleront pas tous les besoins. Quant au nucléaire : il continue de diviser. Mais pour Jean-Marc Jancovici avec la sortie du nucléaire on se trompe de débat.

Une nouvelle fois, les Terriens vont finir l'année à découvert : depuis le 27 septembre, nous avons consommé l'équivalent des ressources naturelles que peut générer la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement nous dit le think tank Global Footprint Network. Autre mauvaise nouvelle. Alors qu'on se prenait pour un bon élève européen en matière d'empreinte carbone, un cabinet indépendant, Carbone4, envoie un pavé dans la marre. Le Français moyen émet toujours plus de gaz à effet de serre (+13% en 20 ans) pour s'équiper, se déplacer, se soigner.

« La lutte contre le réchauffement passera nécessairement par un changement de nos modes de consommation », nous dit Jean-Marc Jancovici (lire ci dessous). Mais comment faire dans un modèle économique basé sur la croissance ?

Espérer dans les énergies renouvelables ?

Les rares pays à ne dépendre ni du nucléaire ni du thermique sont ceux qui ont de fortes ressources en hydraulique. Mais la France, dont 12 % de l'électricité vient déjà de ses barrages, est très proche de son seuil maximal en la matière.

Restent l'éolien et le solaire (moins de 3 % d'électricité française actuelle). Leur principal inconvénient est leur production intermittente. Conséquence : sans nucléaire et avec beaucoup d'éolien, il faudra plus de thermique…

Alors peut-on miser sur un nucléaire sûr ?

L'assemblée générale de l'AIEA (l'Agence internationale de l'énergie atomique) a entériné un plan d'action visant à renforcer la sûreté des quelque 432 centrales dans le monde, invitant notamment les pays à accepter davantage de visites d'experts internationaux, mais sans caractère, ni calendrier contraignants.

La pollution tue

Et à tous ceux qui penseraient que ces questions demeurent un débat d'experts, deux études récentes font froid dans le dos, mais ont le mérite de faire toucher du doigt de façon très concrète les enjeux de la pollution et du réchauffement climatique.

Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), plus de 2 millions de personnes meurent chaque année dans le monde, du fait de maladies causées par la pollution de l'air.

Les guerres climatiques sont déjà là

Enfin, les guerres climatiques sont bel et bien déjà là nous dit le très sérieux magazine scientifique Nature. Les pays tropicaux, victimes des tempêtes provoquées par le phénomène climatique El Nino, sont deux fois plus susceptibles d'être frappés par des conflits intérieurs que ceux touchés par le phénomène plus humide et moins chaud appelé La Nina, selon cette étude. La famine, doublée, en Somalie, d'une guerre civile, qui frappe la Corne de l'Afrique est un exemple-type des effets des variations du climat. La sécheresse provoque des tensions dans une société déjà fragilisée.

Fabrice Roussel



Fwd: Fusion froide : une nouvelle source d¹énergie ? - Infos - GNY / atlantico.frb - SFEN VdL


 

Fusion froide : une nouvelle source d'énergie ?
Atlantico (http://www.atlantico.fr/decryptage/energie-nucleaire-thermique-reacteur-fusion-froide-144333.html) - le 2 octobre 2011 - Mis à jour le 3 octobre 2011

Un nouveau type de réacteur capable de produire une quantité importante de chaleur a été testé par deux scientifiques italiens. Le premier du genre devrait voir le jour en Grèce d'ici la fin de l'année. La concrétisation de vingt ans de recherche sur une énergie nucléaire propre, "la fusion froide".


Le 14 janvier 2011 à Bologne, deux scientifiques italiens on fait une démonstration publique d'un générateur fondé sur la « Fusion Froide ». Andrea Rossi et Sergio Focardi ont montré à un panel de scientifiques un nouveau type de réacteur l'« E-cat », capable de produire jusqu'à 10 kW d'énergie thermique avec environ 400 Watts de chauffage système.

Cette aventure est la concrétisation de plus de 22 ans de recherches. Le 23 mars 1989, les professeurs Stan Pons de l'Université de l'Utah aux États-Unis et Martin Fleischmann de l'Université de Southampton en Grande-Bretagne avaient annoncé la découverte d'une nouvelle manière de produire de l'énergie nucléaire propre : la « Fusion froide ». Ils avaient fait passer du courant électrique dans une cellule contenant deux électrodes, l'une en platine, et l'autre en palladium. Les deux électrodes plongeaient dans un électrolyte composé principalement d'eau lourde. Ils avaient remarqué qu'il se dégageait plus de chaleur que d'énergie électrique qui était appliquée. Cette découverte avait créé de grands remous dans la communauté scientifique. Après quelques semaines de tentatives diverses pour essayer de reproduire ces résultats, le sujet disparut de la science officielle sous les coups des expérimentateurs qui n'avaient pas réussi leurs expériences, et des théoriciens qui ne pouvaient pas expliquer ces résultats contraires à leurs modèles classiques.

Depuis lors, une petite centaine de chercheurs de par le monde ont continué les recherches. Les résultats se sont améliorés au cours du temps. Il a été montré des dégagements de chaleur anormaux, des transmutations, la production d'hélium. Alors que la grande majorité des expériences ont été réalisées avec du palladium et de l'eau lourde, Rossi et Focardi ont utilisé un système différent, ils ont mis en contact de l'hydrogène gazeux ordinaire sous pression avec une poudre de nickel auquel était associé un catalyseur. Ce nouveau type de réacteur est un progrès important dans l'utilisation de la fusion froide à des fins industrielles.

Les deux scientifiques ne donnent pas tous les détails de leur invention dont le brevet est en cours de dépôt. La théorie expliquant ces réactions n'existe pas encore. Néanmoins, les inventeurs disent que le nickel se transformerait en cuivre au cours de la réaction. Il se produirait également des rayons gamma qui s'arrêteraient une heure après l'arrêt du réacteur.  À la suite de la démonstration du mois de janvier à Bologne, d'autres ont eu lieu, en particulier une, avec des scientifiques suédois qui ont confirmé les mesures de production de chaleur.

Rossi est en train de préparer un générateur de 1MW en Grèce qui devrait être opérationnel à la fin de cette année. Cette découverte est capitale aujourd'hui. Si tout ce qui est annoncé se confirme, le monde va vivre très prochainement un très grand changement dans le domaine de la production d'énergie.

Jean-Paul Biberian
, ingénieur en Physique Nucléaire et Électronique et maître de conférences de Physique à la Faculté des Sciences de Luminy.

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Activités récentes:
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Fwd: Club de Budapest - Infos - google.com - Le Nobel de physique 2011 à trois spécialistes de l'expansion de l'Univers


Le Nobel de physique 2011 à trois spécialistes de l'expansion de l'Univers

STOCKHOLM — Le prix Nobel de physique 2011 a récompensé mardi trois astrophysiciens pour avoir bouleversé la cosmologie avec "la découverte de l'expansion accélérée de l'Univers", un "résultat fou" permis par l'observation d'explosions d'étoiles très lointaines, les supernovae.

Les lauréats, qui ont publié leurs observations révolutionnaires en 1998 dans deux études distinctes, sont Saul Perlmutter, du Supernova Cosmology Project d'une part, et Brian P. Schmidt et Adam G. Riess du High-z Supernova Search Team d'autre part.

Les trois chercheurs étudiaient un type bien précis de supernovae, dites "1a", qui sont créées par l'explosion de très denses résidus d'étoiles.

Ces supernovae émettent une luminosité propre bien connue des astronomes, pouvant atteindre celle d'une galaxie entière, et servent donc d'étalons pour apprécier les distances dans l'univers, ce qui leur vaut le surnom de "chandelles-standard".

A leur grande surprise, en 1998, les trois astrophysiciens ont débusqué dans le cosmos plus d'une cinquantaine de supernovae 1a dont la luminosité était plus faible qu'elle aurait dû.

Leur conclusion, confortée depuis lors par d'autres observations et travaux, est que l'expansion de l'univers va en s'accélérant depuis le Big Bang (voici environ 14 milliards d'années). Pendant près d'un siècle, les scientifiques avaient pourtant pronostiqué exactement le contraire, partant du principe que la force de la gravitation freinait l'expansion de l'univers.

Une conclusion si étonnante que l'Australo-Américain Brian Schmidt, 44 ans, du High-z Supernova Search Team et enseignant à l'Université nationale australienne, peinait lui-même à y croire.

Résultat inattendu

"Adam Riess et moi tentions de comprendre ce résultat fou, on essayait désespérément de trouver ce qui clochait (...) Cela semblait trop fou pour être vrai. Nous étions un peu effrayés", a-t-il raconté à des journalistes qui l'interrogeaient depuis Stockholm via l'internet.

"Nos travaux sur les supernovae, qui visaient initialement à mesurer la décélération de l'expansion de l'univers sous l'effet de la gravité, ont en réalité démontré son accélération", résume Saul Perlmutter sur sa page personnelle de l'Université de Californie à Berkeley.

"Ce résultat inattendu suggère que la majeure partie de l'univers - environ 75% - pourrait être essentiellement constituée d'une énergie jusque-là inconnue, maintenant appelée +énergie sombre+, qui est responsable de l'accélération de son expansion", explique-t-il.

Une énergie "sombre" ou "noire" qui gouvernerait la dynamique de l'univers depuis quelques milliards d'années. D'après la découverte effectuée par les trois prix Nobel 2011, elle fonctionnerait comme une anti-gravitation, c'est-à-dire une force de répulsion, ce qui a ouvert aux physiciens de nouveaux champs de recherches pour la compréhension du cosmos.

Adam Riess est enseignant à l'Université Johns Hopkins de Baltimore (USA). Les deux membres du High-z Supernova Search Team partagent leur Nobel avec Saul Perlmutter, du Supernova Cosmology Project et professeur à l'Université de Californie à Berkeley.

Les trois hommes doivent recevoir leur prix lors d'une cérémonie officielle à Stockholm le 10 décembre, date anniversaire de la mort d'Alfred Nobel.



lundi 3 octobre 2011

Comment préparer nos jeunes au monde de demain?


 

Bonjour,

 

La prochaine soirée du Club de Budapest aura lieu le 24 novembre prochain, à 19h30 au Forum 104.

A l'occasion de la sortie du livre de notre membre d'honneur Martine Roussel-Adam "Les jardiniers de l'âme" (JC Lattès, 2011), elle aura pour thème :

Comment préparer nos jeunes au monde de demain?

Avec les interventions de :

·       Martine Roussel-Adam, fondatrice de Chemins d'Enfances, présidente du Fonds Ashoka et du Comité d'investissement Phi Trust Partenaires

·       Serge Tisseron, psychiatre, auteur de plusieurs livres, notamment sur la résilience et l'empathie

·       Eric Debarbieux, grand spécialiste de la pédagogie contre la violence.

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Coup de cœur : L'esprit du Bhoutan, film réalisé par Martine Roussel-Adam et Jean-Eric Aubert, montage Dorothée Adam, Film Dorla (13mn).

 

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Événement : les 21 et 22 octobre 2011, le Congrès de l'ICF, propose une journée sur le thème de l'abondance à la Maison de la Chimie Paris Invalides :

Face aux crises, à l'accélération des flux d'information aux préoccupations écologiques de tous niveaux (humaines, sociales, économiques..), imaginons ensemble comment créer de l'abondance, en respectant au plus près les équilibres du vivant, et avec de nouveaux types d'échanges.

Avec la participation de Gauthier Chapelle et Patrick Viveret, membres créatifs du Club.

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Cordialement, 
L'équipe du Club de Budapest
 France
contact@clubdebudapest.org
 
http://clubdebudapest.org

 

La Gueule de l’emploi


 

"La Gueule de l'emploi" ou comment hacher menu des candidats à un recrutement (diffusion jeudi 6 octobre à 23H10 sur France 2) :

 

Le réalisateur Didier Cros voulait montrer une facette "inédite" du monde du travail : il relève ce pari haut la main avec "La Gueule de l'emploi", documentaire sur un processus de recrutement collectif ou, plutôt, d'élimination implacable d'hommes et de femmes candidats à un emploi.

 

"Ce qui me semblait le plus révélateur pour approcher ce monde du travail aujourd'hui, c'était les cabinets de recrutement qui ont des techniques d'approche psychologiques", explique Didier Cros dont le film est programmé jeudi soir sur France 2.

 

Mais l'univers très fermé des cabinets de recrutement rechigne à révéler ses méthodes et il lui a fallu en trouver un qui accepte ses caméras avec, qui plus est, l'assentiment du client recruteur, une grande compagnie d'assurance.

 

Didier Cros a finalement pu filmer l'intégralité des deux journées de sélection des candidats, basée non pas sur leur "savoir-faire" mais sur leur "savoir-être".

 

Faisant fi de leurs CV jusqu'à l'ultime étape, en leur indiquant juste qu'ils s'affrontent pour un poste "commercial", de jeux de rôle en questionnaires, les recruteurs, souvent hautains, cassants, vont passer sur le gril les aspirants commerciaux, pas tous jeunes.

 

Pour être commercial, "il faut une grande tolérance au stress, une grande tolérance à la pression, à la frustration", de la "combativité", de la "sociabilité", justifient-ils d'emblée.

 

"En substance, ils nous ont prévenus: les mecs ça va chauffer pour vous bien comme il faut", se souvient Georges, l'un des dix candidats, revenu comme les autres quinze jours après la session pour un commentaire a posteriori devant la caméra.

 

Certains ne s'y résolvent pas, comme Didier, qui sans se départir de sa bonne humeur, jette l'éponge au bout de quelques heures de cet "abattage" qui "ne correspond pas à sa façon de voir le recrutement et surtout de montrer ce qu'(il) sait faire".

 

"Il faut être fort pour dire: je ne suis pas prêt à accepter n'importe quoi, même si j'arrive en fin d'indemnisation", souligne-t-il.

 

Hervé reste mais refuse "de faire le dos rond" parce que pour lui "la liberté ça n'a pas de prix". Ni la dignité. "C'est pour ça que je suis pauvre".

 

D'autres se demandent lucidement, à l'instar de Gérard, le senior des finalistes, "jusqu'où on peut aller" pour décrocher un job.

 

"Quand il y avait le plein emploi, il y avait déjà de la soumission -- les 3X8, on n'en faisait pas toute une histoire. Mais c'est nous-mêmes qui nous soumettons maintenant! Ils n'ont même pas besoin de forcer", constate Gérard après un entretien qui lui a fait l'effet d'être pris dans "une essoreuse à 1.200 tours".

 

"Je pense que les entreprises sont avides de personnes qu'elles vont pouvoir modeler et faire adhérer à leur politique, leur façon de faire ou de vendre", résume Julie.

 

Les recruteurs eux ne semblent pas se rendre compte que leurs méthodes vont loin, estimant qu'ils préparent le candidat au monde de l'entreprise: "Le processus est difficile, il occasionne du stress, de la pression mais (...) une fois qu'on a intégré un poste, il faut tous les jours se battre pour gagner des marchés", explique le responsable du cabinet.

 

Des cabinets "il y en a des plus durs que celui-là. Là on est dans la moyenne", souligne Didier Cros.




dimanche 2 octobre 2011

Les Monnaies Libres

Les Monnaies Libres (1)

Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait. Mark Twain 
A l'heure où l'intensité de la crise économique et financière peut faire craindre un chaos social et politique, il nous faut imaginer des voies nouvelles qui sortent des sentiers battus pour créer et expérimenter les formes sociales et culturelles, économiques et politiques, qui expriment le nouvel esprit du temps. Dans notre dernier billet, notre esquisse de l'évolution monétaire se terminait sur la perspective des monnaies libres diffusée à travers les réseaux sociaux. C'est à cette future métamorphose du phénomène monétaireque nous consacrons ce billet.

Résumé des épisodes précédents

A l'occasion de la treizième session de l'Université Intégrale autour du thème « Nouvelles Valeurs, Nouvelles Richesse », nous venons d'esquisser une vision intégrale de la monnaie. Nous avons d'abord analysé la dimension synchronique du phénomène monétaire à travers le modèle des Quatre Quadrants de Wilber qui définit les dimensions intérieures, extérieures, individuelles et collectives par lesquelles unsystème monétaire se manifeste dans un temps donné.

Dans le dernier billet, nous avons indiqué quelques éléments concernant la dynamique diachronique de l'évolution monétaire. Car la monnaie apparaît comme un phénomène trans-temporel qui évolue et se transforme selon les diverses « visions du monde » liées aux divers stades de l'évolution culturelle.

Nous vivons aujourd'hui la fin d'un monde. Les diverses crises économiques et financières, écologiques et morales sont autant de symptômes d'une dynamique historique fondée sur l'obsolescence du paradigme abstrait et technocratique de la modernité à laquelle correspondl'émergence d'un autre paradigme, lié au nouveau stade de l'évolution culturelle abordé par une partie de l'humanité.

Monnaies complémentaires

Comme le disait Gramsci : « La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître ». Dans le domaine économique, à la crise profonde de l'hypercapitalisme dont nous sommes les spectateurs bien souvent sidérés, correspond l'émergence de nouvelles formes économiques et sociales. Il existerait actuellement à travers le monde plus de 5.000 monnaies, qualifiées de complémentaires, qui sont autant d'occasions de refonder la dimension économique sur la base d'une éthique communautaire.

Ces initiatives cherchent à retrouver le rôle fondateur de la monnaie : celui d'un échange et d'une relation sociale qui réfère à l'ordre symbolique sur lequel est fondée toute intersubjectivité. Comme leur nom l'indique, les monnaies complémentaires sont des compléments au système financier géré par les banques et les états comme les médecines complémentaires viennent en complément de la médecine officielle. 
Certains pionniers, comme Jean-François Noubel, veulent aller plus loin. En utilisant les technologies de l'information pour créer des « monnaies libres », ce spécialiste en intelligence collective cherche à démocratiser une création monétaire réservée jusque là au pouvoir régalien. C'est en ce sens qu'il participe à l'invention du prochain système monétaire global : une plateforme distribuée permettant à des millions de monnaies libres de circuler à travers les réseaux - Internet et téléphones mobiles. 
De la rareté à l'abondance 
Voilà comment sur le site The Transitionner, Jean-François Noubel définit son projet : " Le système monétaire actuel est un Titanic. Piloté par quelques uns en haut d'une chaîne de pouvoir, loin du jeu démocratique, obscur, fondé sur des idéologies du passé, il démontre qu'une erreur de pilotage ici, une malveillance là, une négligence générale de l'équipage ont tôt fait de mener le navire à sa perte. Avec tous ses passagers à bord. Evidement ceux qui sont en charge des commandes font tout pour l'empêcher de couler. On connaît la suite... 
Notre système monétaire conventionnel ne durera plus très longtemps. L'argent basé sur la dette et l'intérêt est un système instable, condamné à disparaître du fait de son déséquilibre intrinsèque (par exemple le marché ne peut suivre le montant des intérêts à rembourser)... 
L'argent est un système d'information, fait pour mesurer et réguler des flux dans le monde réel. En théorie, la rareté de l'argent n'est pas une caractéristique nécessaire. De fait, cette rareté est artificielle, et ce bien que certaines ressources (notamment le travail, ou la créativité) soient abondantes. L'argent devrait être en quantité suffisante pour permettre de rendre compte des flux, afin que dans les organisations, les collectivités, les communes, régions... partout où des richesses sont échangées, elles puissent être prises en considération sans contrainte.

Un nouveau paradigme 
L'argent est sur le point de suivre la même évolution que celle qu'ont connu les media durant ces deux dernières décennies. Bientôt, des millions de monnaies libres circuleront à travers nos réseaux informatiques et téléphoniques. Elles ne seront pas contrôlées par des états ou des banques centrales, mais émises par les millions de "places de marché" impatientes de se libérer de l'argent conventionnel, fondé en grande partie (entre 85% et 98%) sur la dette et l'usure. Toutes émettront et utiliseront ces monnaies libres... tout simplement parce que la plupart des individus et des organisations vivent une pénurie monétaire! 
Les "dotcoms", ces grands acteurs des nouvelles technologies (eBay, Google...) seront probablement les premiers à comprendre que leur véritable modèle économique à venir se trouve dans ce nouveau paradigme plutôt que dans le modèle fondé sur l'argent rare, dans lequel ils se sont développés. 
Le projet des monnaies libres (également dénommé Metacurrency) consiste à définir et créer une infrastructure globale au sein de laquelle ces millions de monnaies pourront facilement être émises et circuler, dans une architecture peer-to-peer. Il s'agit de développer le prochain système planétaire pour représenter et comptabiliser la richesse. Il fera partie du patrimoine de l'humanité, et sera entièrement construit sur des outils (notamment logiciels) libres. "

Oser sortir des sentiers battus

Certains d'entre vous penseront : "encore un fou qui cherche à entraîner les autres à la poursuite de ses chimères". (Je les entends déjà...). Et pourtant, l'humanité évolue grâce à l'initiative et à l'inspiration des fous de ce genre, ces pionniers qui tracent des voies originales parce qu'ils sont animés d'une vision qu'ils ont la force d'incarner et le courage de réaliser. Connectés de manière intime et créatrice à la dynamique de l'évolution, ces innovateurs perçoivent avant les autres les formes à travers lesquelles cette dynamique va se manifester.

Le pionnier est tout simplement celui qui n'est plus prisonnier de son passé. Libéré de cette emprise qui pèse sur tant d'autres, il peut donner à la force de son désir et de sa vision la forme d'une destinée et d'une création. Avec son intuition pour unique compagne il avance, pointé du doigt par tous ceux qui restent les otages d'une perspective devenue largement inadaptée. Ces derniers jugent utopiques et irréalistes toutes les innovations qui échappent à leur habitudes de vivre et de penser. Jusqu'au moment où, les faits donnant raison à leur vision, les pionniers sont suivis et imités par ceux-là même qui les avaient désignés et dénigrés quelques temps auparavant.

Nous proposons ci-dessous une vidéo passionnante dans laquelle Jean-François Noubel nous fait participer à sa vision en développant son projet de monnaies libres. A consommer sans modération pour se « décoiffer » en se libérant des concepts restrictifs liés à un paradigme en train de s'écrouler et en s'éveillant à cette nouvelle vision où la société digitale de l'interconnexion devient la matrice d'une « connéthique » : une éthique communautaire correspondant à l'émergence des réseaux intersubjectifs générés par les technologies de l'information.


Jean-François Noubel : Deux ans après le vœu de richesse


Deux ans après le vœu de richesse

Deux ans après le vœu de richesse
http://vimeo.com/29882621

"Deux ans après qu'il ait prononcé le vœu de richesse, Jean-François Noubel partage son expérience, les étapes franchies, les questions qui demeurent, la vision de l'avenir."

Involves Collective Intelligence Research, Jean-François Noubel.


Fwd: Pourquoi l'Allemagne est devenue le terreau des EnR en Europe. - actu-environnement - SFEN VdL - Infos




Pourquoi l'Allemagne est devenue le terreau des EnR en Europe

Alors qu'en Allemagne l'orientation vers les renouvelables s'est inscrite en amont de la politique industrielle et commerciale, la France a décidé de soutenir ces énergies en réaction aux objectifs européens. Historique avec Céline Marcy, de l'IDDRI.

 

Pourquoi l'Allemagne est-elle capable de soutenir une croissance forte des énergies renouvelables, alors qu'en France la mise en place de cadres incitatifs peine à faire émerger un réel dynamisme de ces filières ? interroge Céline Marcy, chercheuse à l'IDDRI, dans la dernière livraison de Global Chance ? Ce qui frappe en Allemagne, c'est la continuité des politiques, la stabilité du cadre réglementaire, incitatif, propice à la maturation technologique. Du coup, c'est tout un terreau institutionnel qui s'installe, propice aux énergies renouvelables (ENR) et à l'émergence d'une politique industrielle devenue le pilier de l'économie allemande.

Les racines de cette politique remontent aux années 70, rappelle l'étude de Global Chance. Après les deux chocs pétroliers, l'Allemagne décide d'augmenter les dépenses de recherche et développement dans les sources d'énergies domestiques. Entre 1974 et 1983, le budget consacré aux renouvelables passe de 20 à 300 millions de DM. Mais jusqu'à la fin des années 80, les renouvelables restent des alternatives marginales, et les grandes compagnies électriques et charbonnières montrent leur hostilité à leur développement.

Stabilité des politiques

En 1986, le choc de Tchernobyl modifie profondément la donne énergétique. En 1988, plus de 70% des Allemands se déclarent hostiles au nucléaire. Et les premières études sur le changement climatique reçoivent de plus en plus d'attention. Dès 1988, un rapport interministériel recommande la réduction des émissions de CO2. Et propose d'instaurer une loi d'achat garanti de l'électricité produite à partir de sources renouvelables. Les parlementaires de tous bords sont unanimes : il est temps de créer un marché pour ces énergies. La présence d'acteurs politiques charismatiques comme Hermann Scheer, artisan de de la loi allemande sur les renouvelables, membre (SPD) du Bundestag à partir de 1980, contribue à ces choix.

A la fin des années 80, trois mesures phares créent les conditions d'un marché des renouvelables. D'abord la création d'un programme 100/250MW d'énergie éolienne rémunère 0,04€/kWh les premiers 100MW installés, puis 0,03€/kWh pour les 150 MW suivants pour gagner de l'expérience avec une mise en exploitation en grandeur réelle. Deuxième mesure, le lancement du programme "1000 toits solaires" est pris en charge à 50% par le gouvernement fédéral et à 20% par les Länder : 2250 toits sont équipés de panneaux solaires pour une capacité totale de 5 MW. Pour compléter le tout, la modification du cadre légal de tarification de l'électricité fait en sorte que les producteurs indépendants d'électricité à partir de renouvelables puissent percevoir une indemnisation supérieure aux coûts marginaux évités des grandes compagnies électriques.

Après une période d'incertitude réglementaire entre 1996 et 1998, dans un contexte de batailles entre groupes de pression (charbon, électricité, ENR), et sur fond de libéralisation du secteur électrique et de difficultés financières consécutives à la réunification, la coalition rouge/vert qui arrive au pouvoir en 1998 met l'accent sur la "modernisation écologique" et les politiques de lutte contre le changement climatique. La politique énergétique est supposée montrer l'exemple : elle comprend une réforme fiscale, la sortie progressive du nucléaire, le renforcement des énergies renouvelables et de la cogénération. En 2000, une nouvelle loi sur les ENR – dite EEG – maintient le principe d'achat garanti et de priorité d'accès sur les réseaux. La continuité du cadre incitatif est assurée, les tarifs de rachat sont garantis sur une durée de 20 ans, ce qui n'était pas le cas auparavant. Un principe de mutualisation permet en outre de redistribuer les surcoûts de production. Les tarifs seront par la suite révisés, selon qu'ils offrent ou non des incitations suffisantes pour encourager le développement des filières.

Quand l'alternative devient la norme

D'autres dimensions telles que la formation des opinions, la création d'un environnement institutionnel favorable ou l'adaptation du tissu industriel s'avèrent propices à l'émergence de politiques publiques. La hausse des investissements de R&D dans ces filières (de 20 à 300 M de DM entre 1974 et 1982) a favorisé un terreau d'universitaires, de centres de recherches, d'industriels et de petites start-ups. La conviction qu'il y avait un avenir pour les renouvelables en a été renforcée. Cette "croyance commune partagée" s'est nourrie de la détermination du gouvernement en faveur de cette forme d'énergie et de la preuve scientifique que les énergies renouvelables pouvaient être des sources de production électrique fiables. La société a été convaincue : il est possible de proposer un modèle alternatif pour la fourniture d'énergie.

Autre facteur déterminant dans l'expansion de cette croyance commune, souligne l'étude de Global Chance, les initiatives locales. Céline Marcy souligne que "la structure politique de l'Allemagne a permis l'émergence d'initiatives locales qui déterminent un processus "bottom up". Certaines municipalités et Länder ont permis à des producteurs d'énergies renouvelables de vendre leur électricité à des tarifs élevés couvrant les coûts de long terme". Le dynamisme associatif a contribué à l'émergence de la filière solaire, grâce à des associations telles que Eurosolar et l'association de l'industrie solaire.

Enfin, l'excellence de l'industrie allemande a permis de structurer la filière des énergies renouvelables. L'énergie éolienne a bénéficié d'effets d'échelle et de transferts technologiques avec d'autres secteurs de pointe en Allemagne tels que l'aéronautique, l'ingénierie des matériaux, l'ingénierie des moteurs. Et les filières d'apprentissage ont accompagné cette mutation. Conséquence, l'Allemagne exporte en 2010 80% de sa production de turbines éoliennes. Le chiffre d'affaires des énergies renouvelables est en augmentation constante depuis 10 ans. En inscrivant sa politique énergétique dans sa politique industrielle et sa politique de commerce extérieur, l'Allemagne a conquis le terrain du renouvelable. De nouveaux défis s'annoncent, comme la concurrence chinoise dans le secteur solaire et la hausse tendancielle des prix de l'électricité, ou la raréfaction des terres rares. Mais l'Allemagne est bel et bien à l'avant-garde d'un nouveau paradigme énergétique