lundi 9 mars 2009

Au-delà de la crise, penser la « nouvelle civilisation »…

Au-delà de la crise, penser la « nouvelle civilisation »…

 

 

 

Michel Saloff Coste, chercheur et fondateur du cabinet conseil en management MSC et associés, s'inquiète des mesures de court terme adoptées pour tenter de résoudre l'une des plus graves crises économiques de notre temps. Il s'alarme aussi du décalage croissant entre des modes de gouvernance et de management des entreprises, et l'évolution générale de la société. Pour lui, la crise est un symptôme d'un phénomène bien plus profond, l'émergence d'une « nouvelle civilisation » dont il décrit toutes les caractéristiques. Éléments de vision à la fois critiques et prospectifs, pour « un management du troisième millénaire ».

 

 

- Quelles réflexions, quelle analyse personnelle vous inspire la crise et cette période tout à fait singulière que nous vivons aujourd'hui ?

- Dans de telles situations de crise, il est impératif de garder son sang-froid. Toute réaction « à chaud » risquerait en effet de générer des effets pervers et contreproductifs. Notamment, en se trompant de diagnostic, les décisions prises pour tenter de porter remède à la crise pourraient au contraire la précipiter et l'aggraver. Cette question du diagnostic me paraît actuellement d'autant plus importante que la crise que nous traversons est profonde. Pour ma part, la gravité de la crise ne me surprend pas, puisque dans ma réflexion présentée dans « le Management du troisième millénaire »*1, initiée dans les années 80 et qui a donné lieu à une publication en 1990, j'expliquais que nos économies avancées fonctionnent de telle façon qu'elles allaient connaître une crise majeure. Pour moi, le diagnostic est clair : nous traversons une vraie « crise de civilisation ». Nous sommes de plus en plus nombreux à partager ce point de vue, aux côtés d'Edgar Morin et de Thierry Gaudin notamment.

 

- En quoi pousser plus loin l'analyse devient aujourd'hui urgent, et l'absence de réflexion sur ce thème vous inquiète-t-elle ?

- Si la crise des subprimes et du système financier n'était qu'une spéculation de plus, sur un fond de croissance mondiale infinie, alors nous repartirions comme par le passé. Mais ce qui fait la gravité de cette crise, c'est que, précisément, elle s'inscrit dans un contexte tout à fait particulier. L'idée d'une croissance mondiale de l'ordre de 5 à 10% qui nous permettrait de payer à la fois les dettes de nos États, les systèmes de protection sociale - y compris en Inde et en Chine - dans un système qui continue à rémunérer toutes les parties prenantes, devient impossible, parce qu'insoutenable pour la planète et ses habitants. Les subprimes aux Etats-Unis, à ce titre, peuvent déjà apparaître comme une tentative de distribuer du pouvoir d'achat pour que le système se survive à lui-même et que des intermédiaires se rémunèrent « comme avant ». C'est pourquoi apporter des solutions à cette crise uniquement en tirant les leçons des années 30 me paraît très insuffisant. Bien sûr qu'il s'agit pour les États d'actionner tous les leviers d'une relance keynesienne – réamorcer la pompe du crédit, investir massivement dans des plans de relance par les grands travaux et des plans de relance de la demande. Ces trois leviers sont absolument nécessaires pour ne pas bloquer le système à très court terme. Mais la vraie question qui n'est pas traitée aujourd'hui, à la fois par les politiques, les banques, les entreprises, c'est à quoi ressemblerait une économie qui continue à croître et à se développer, dans un monde fini et aux ressources limitées. Parce que la croissance, c'est la vie ! Et à quoi ressemblerait une civilisation fondée sur d'autres principes que celle qui vient de s'achever ?

Effectivement, je suis profondément inquiet, car si l'on fait l'impasse sur le diagnostic, le risque est grand que le patient ne se réveille après la crise encore plus malade. Aujourd'hui, ce sont les États qui prennent le relais des banques. Avec le risque, demain, que les États entrent en faillite… L'urgence est donc qu'une vraie réflexion démarre. Or vous ne voyez poindre cette réflexion ni à droite, ni à gauche.

 

- Que préconisez-vous dans cette situation d'urgence ?

- Nous entrons dans un moment très dangereux, où personne, parmi les hommes politiques, les dirigeants de multinationales, ne pourront dire, face à la multiplicité des rapports ou des alertes, qu'ils ne savaient pas ! Ne pas prendre les virages devient un acte d'irresponsabilité majeure. Alors oui, adoptons les mesures de très court terme qui permettront, nous l'espérons tous, de relancer temporairement la machine. Mais après ? Sur les milliards injectés pour la relance, ne peut-on pas conserver quelques moyens pour réfléchir à ce qui sera possible et souhaitable demain ? Un dirigeant dans le monde, Nicolas Sarkozy, a eu très tôt l'intuition de dire qu'il s'agissait de « refonder le capitalisme », et de mener « une autre politique de civilisation ». Les mots sont forts, et le diagnostic est juste. Mais où est le comité de recherche pour travailler sur ce futur modèle de civilisation et les modèles économiques qui lui sont associés ? Les 1000 milliards injectés dans l'économie pour sauver le système bancaire, vont-ils accélérer et précipiter la mort du système précédent, comme l'injection d'amphétamines à un mourant ? Certains États sont au bord de la faillite, et beaucoup d'entre eux, demain, n'auront plus les marges de manœuvre nécessaires pour agir du fait de leur endettement. Devant les masses financières mises sur le marché, des économistes redoutent de surcroît des phénomènes d'hyper-inflation à moyen terme. Tout le monde met sa dernière cartouche pour sauver le système ! Face à la gravité de la situation, il ne s'agit plus de se réclamer de la droite ou de la gauche. Chacun doit apporter sa contribution pour repenser les liens entre matières premières, capital, travail, production. C'est cette chaîne-là qui est à réinventer.

 

- Précisément, dès « le Management du troisième millénaire », vous pressentiez l'émergence d'une nouvelle ère et vous en dessiniez les contours. Quels signes avant-coureurs vous permettaient d'établir ce constat ?

- Faisons un bref retour en arrière : les fondements de la société du commerce et de l'industrie sont apparus entre le XVIIème et le XVIIIème siècles. Ils ont été érigés sur les vestiges de l'ère précédente, celle de l'agriculture-élevage, dont la finalité était le maintien de structures hiérarchiques à l'identique (monarchie absolutiste, aristocratie, corporations…). Les modes de management dominants de l'agriculture-élevage étaient l'ordre, le contrôle. Or au XVIIIème siècle, on a vu poindre des concepts très novateurs – l'Égalité, la citoyenneté, les principes de séparation de pouvoir, et puis la démocratie, réinventée sur les bases de la démocratie grecque. Dès lors, les élites aux capacités guerrières, dédiées à la conquête du territoire dans l'ère de l'agriculture-élevage, ont laissé la place à des élites reconnues selon leur mérite et leur capacité à générer de l'argent. La compétition, la négociation, mais aussi l'avancement, la progression en professionnalisme et en rémunération, ont pris toute leur place dans cette société-là ; la guerre de territoires a laissé la place à la guerre économique. En parallèle, un nouvel état du monde s'est construit autour du concept de Nation et du développement des démocraties.

Dès les années 70-80, j'ai pris conscience –avec d'autres sociologues et philosophes comme Edgar Morin, ou Thierry Gaudin, président de Prospective 2100 - que nous étions arrivé àla fin de cette ère ; j'ai commencé à réfléchir sur les contours de la nouvelle période qui allait se présenter à nous. Quels sont les éléments de fond qui la caractérisent ? Au XVIIIème siècle, bien sûr, il était difficile d'imaginer que l'homme puisse, un jour, atteindre les limites de la planète. L'état de développement des sciences, le degré d'utilisation des ressources naturelles, étaient loin de le laisser supposer à l'époque. Or la deuxième partie du XXème siècle a signé l'heure de cette prise de conscience. En 1972 exactement, le club de Rome, rassemblant des scientifiques, des économistes, des chercheurs de 53 pays, a émis un rapport baptisé « Halte à la croissance » qui a fait date et suscité le débat. Pour la première fois, grâce à l'utilisation de la puissance des premiers supercalculateurs, des experts issus de nombreuses disciplines ont pu extrapoler les tendances en cours, et montrer qu'une croissance infinie, sur une planète à la géographie et aux ressources finies, n'était plus possible, et qu'elle aurait pour effet de faire imploser notre monde à l'horizon 2100. Les tenants de ces thèses ont été taxés de catastrophisme. Mais depuis, force est de constater que les nombreuses mesures et observations collectées – accumulation des gaz à effets de serre, réchauffement climatique, disparition de nombreuses espèces… - leur ont plutôt donné raison, et même plus rapidement que prévu. Tout montrait déjà, dans ce rapport, que l'on ne pouvait plus raisonner et fonctionner « business as usual ».

 

- Ce constat a aussi donné naissance au courant de la décroissance. Comment vous en distinguez-vous ?

- Nous pouvons être d'accord sur les constats, sans l'être tout à fait sur les conclusions à en tirer. Des observateurs se sont par exemple saisis de ces évolutions pour condamner la notion même de progrès. Ce n'est pas mon propos. Le progrès, c'est un fait, a apporté beaucoup à l'humanité, dans le domaine de la santé, de l'hygiène, de l'élévation des niveaux de vie et du mieux-être des populations. On ne pourra revenir complètement en arrière sur tout ceci. D'autres courants ont aussi condamné le capitalisme, accusé de tous les maux. Certes, le système capitaliste comporte des faiblesses et il a déjà traversé de nombreuses crises. Mais là encore, la question n'est pas tant pour moi de condamner le modèle, que de discerner ce qui peut prendre la suite dans un monde que nous savons limité, et de comprendre ce que peuvent être, dans un tel contexte, les valeurs, la culture, les principes de fonctionnement, d'une nouvelle civilisation. Cette civilisation, je l'ai décris dans le management du troisième millénaire comme celle de la société de l'information et de la création, qui vient poursuivre la société du commerce et de l'industrie.

 

- Quels grands traits caractérise cette nouvelle civilisation ?

- L'ère de la création et de la communication se définit dans tous les domaines par contraste avec les ères qui l'ont précédée. En étudiant l'ère de l'industrie et du commerce, on peut clairement séparer trois grande phases distinctes : une première phase, jusque dans les années 60, où l'offre est inférieure à la demande. À ce moment-là, le facteur clé déterminant de la création de valeur est le capital. C'est en effet le capital qui permet la construction des grands sites de production, qui serviront à proposer des produits sur un marché à forte demande. Or dans les années 70, commencent à apparaître des dysfonctionnements. Les systèmes communistes produisent des biens de masse, mais en étant incapables d'ajuster l'offre à la demande ; le système libéral, lui, sait parfaitement adapter l'offre à la demande en recourant notamment au marketing, aux études de marché, à l'écoute client ; mais dans le même temps, il convainc le consommateur d'acheter toujours plus. Le citoyen tend dès lors à se transformer en consommateur. On passe d'une économie de marché à une société de marché, où tout se met à tourner autour de l'économique.

Dès « le Management du troisième millénaire », je posais que la création de valeur ne résultait pas uniquement, comme au plus fort de l'ère de l'industrie et du commerce, de la valorisation classique du capital investi. De même, le couple capital-outil de production, qui est au cœur du processus de création de valeur de la société industrielle, se marginalise. Ce qui devient essentiel, dans la nouvelle ère, c'est l'accès à l'information et la capacité à créer une information innovante. Pourquoi ? Parce que le passage d'une économie de la demande à une économie de l'offre, dans les années 70, a introduit l'innovation comme un facteur-clé de compétitivité. Les entreprises ont besoin d'idées afin de se diversifier dans un contexte de concurrence accrue. Ce mouvement ne cesse de s'amplifier : la nouveauté, qui était à l'origine un « plus », devient une condition nécessaire pour exister. Ce qui fait la valeur n'est donc plus la capacité de production. Ce qui permet d'écouler et de vendre avec profit un produit, c'est sa « nouveauté », le caractère créatif et innovant du produit.

De ce fait, le facteur de production différenciant n'est plus le capital, mais l'intelligence créatrice et proactive. Quelques exemples illustrent parfaitement cette idée. General Motors, par exemple a fait preuve de réactivité en renouvelant sans cesse son offre de 4x4 au moment où les Américains désiraient acheter ce type de véhicules. Mais Toyota a mieux senti et ancipité la transformation planétaire. Le groupe japonais s'est lancé dans la recherche sur les véhicules hybrides, de façon pro-active, quand personne ne réclamait de tels produits. De même, Steve Jobs n'a jamais lancé et trouvé d'inspiration dans les études de marché pour lancer le Macintosh, l'iPod et l'iPhone, tout simplement parce que les besoins, au moment où ont été créés ces produits, n'existaient pas. C'est cela la différence entre la réactivité et la pro-activité. Dès lors, pour les entreprises -  et j'ai défini cela dans un second ouvrage, le Dirigeant du troisième millénaire - le défi consiste à adopter un management qui repose sur l'écoute, la valorisation des caractéristiques personnelles, l'épanouissement collectif et individuel. Cela en s'appuyant et en maîtrisant les modes de management qui ont précédés lors des trois autres ères – la fascination, l'instinct, l'enthousiasme dans l'ère chasse-cueillette, l'organisation hiérarchique, l'ordre, le contrôle de l'agriculture-élevage, la compétition, la négociation, l'intéressement aux résultats de l'ère du commerce et de l'industrie… Mais il s'agit de replacer toutes ces dimensions du management au service du processus créatif.

 

- Vous avez aussi évoqué bien d'autres traits de cette nouvelle civilisation. Quels sont ceux qui vous paraissent les plus centraux, et que doivent connaître les dirigeants d'aujourd'hui pour mieux comprendre leur environnement  ?

- Comme nous l'avons évoqué, l'ère industrielle est avant tout basée sur les techniques, la capacité à maîtriser et à mobiliser l'énergie, et le développement des sciences, qui ont permis de connaître et d'approfondir le monde de l'infiniment grand et de l'infiniment petit. La grande caractéristique de la nouvelle ère, et chacun peut en faire le constat, c'est le développement extraordinaire de l'informatique.

De même, le pétrole, le nucléaire, étaient des énergies placées au cœur de l'ère industrielle, dominée par le modèle de la voiture et celui de l'agriculture industrielle, rendue possible à la fois par le développement du machinisme agricole et des engrais, eux-mêmes dérivés du pétrole. Or l'énergie clé de la nouvelle civilisation, c'est la circulation de l'information, la capacité à la comprendre, à la transformer et à la proposer avec une valeur qui apporte une différence et réponde à des aspirations fondamentales de l'homme. Google, les réseaux sociaux, correspondent en cela parfaitement aux innovations caractéristiques de cette ère. Inventer un moteur de recherche qui permette d'avoir accès à une multiplicité de connaissances disponibles sur la planète, relève bien de l'essentiel pour nos sociétés. Le ressort de ces innovations n'est plus le pétrole, mais la création, l'intelligence, l'innovation.

Le pouvoir, ensuite, n'est plus lié à la détention du capital, mais à la capacité de faire émerger de l'altérité et de la différence. Si l'on n'est pas capable de créer de la différence, de révéler des besoins profonds, authentiques, qui répondent dans le même temps à un développement durable de l'homme, alors on ne crée pas de valeur dans la société de la création et de la communication.

Tout cela nous amène aussi à une nouvelle manière de penser le monde. À l'ère de la chasse-cueillette ont prévalu les animismes. L'ère de l'agriculture et de l'élevage a vu le développement des grands monothéismes. L'âge du commerce et de l'industrie est celle du triomphe de Descartes, c'est-à-dire de la pensée scientifique mécaniste. Or le moteur de pensée de l'ère de la création et de la consommation, c'est la pensée systémique. Apparue dans les années 50, elle a notamment été diffusée en France par Joël de Rosnay* et Edgar Morin. Mon ouvrage « le Management du troisième millénaire » est une tentative pour appliquer la pensée systémique à la dimension économique et entrepreunariale. Aux Etats-Unis, Peter Senge, dans « la Cinquième discipline »*3, adopte à peu près au même moment une approche identique. La nouveauté de la systématique consiste à substituer à une pensée mécaniste scientifique, qui pense la réalité comme une succession de relations et chaînes de causes à effets, une réalité beaucoup plus complexe, faite d'un ensemble de systèmes qui interagissent entre eux. Cette nouvelle appréhension de la réalité constitue une rupture majeure. Jusqu'alors, les sciences et tous les champs de la connaissance étaient appréhendés dans des processus de décomposition qui séquençaient la réalité en sous-domaines de spécialités. Notre civilisation a ainsi des connaissances approfondies sur une toute petite partie des savoirs, et une grande méconnaissance du tout. Or il est fondamental aujourd'hui d'aborder les problèmes dans leur globalité. La crise écologique, par exemple, est une crise du tout, et non de la partie. Le premier apport de la systémique est la découverte des inter relations et interactions qui gouvernent le monde, et vient poser la nécessité des approches transdisciplinaires. C'est notamment ce constat qui a conduit plusieurs chercheurs français à créer, en février 2008, l'Université Intégrale*4. De nombreux think tank se sont déjà constitués par le monde selon cette philosophie, comme la New Economics Foundation*4, ou le Club de Budapest*5.

 

- Dans cette nouvelle ère, l'information occupe une place tout à fait majeure. Pouvez-vous détailler cette dimension ?

- Sous l'ère de la chasse-cueillette, prévalaient la communication orale et le bouche-à-oreille. L'ère de l'agriculture-élevage est celle de l'écrit, qui a permis la naissance d'une approche historique, et la création, finalement, de l'Histoire. L'ère de l'industrie et du commerce a vu le développement extraordinaire de l'imprimerie et celle des mass-media. La grande rupture de l'ère de la création et de la communication, c'est celle du développement des réseaux, qui dépassent de loin les mass media, parce qu'ils font de nous à la fois des émetteurs et des récepteurs. Nous ne sommes encore qu'au balbutiement des sociétés en réseau, mais ses implications sont multiples. Nous passons ainsi d'une société où des dirigeants et des élus gèrent une information peu fluide, à un monde de diffusion et d'interactions en temps réel entre dirigeants et citoyens. Cette nouvelle civilisation d'individus qui ne cessent d'échanger entre eux a également comme caractéristique de faire évoluer leur conscience en temps réel. Nous sommes à ce titre les premiers êtres humains à naître dans un système de représentation donné, à se développer et à apprendre à vivre dans d'autres systèmes de représentation, avant de mourir dans un autre encore différent. Pour chacun d'entre nous, le temps s'accélère, nous sommes appelés à changer au moins tous les dix ans de métier, et ces changements s'accompagnent à chaque fois de bouleversements de nos systèmes de représentation. Du fait de la globalisation et de la communication en réseaux, nous sommes de surcroît sans cesse confrontés à d'autres cultures, à d'autres systèmes de représentation du monde, qui viennent réinterroger les nôtres. C'est en ce sens que je pense que la création, dans cette nouvelle ère, tient une place fondamentale. Dans les domaines des sciences, de l'art, de la philosophie, la création vient constamment réinitialiser le cosmos sur de nouvelles bases. Ce n'est d'ailleurs par un hasard si, à l'heure où se développaient les théories d'Einstein sur la relativité, Kandisky concevait en 1910 sa première toile abstraite. Les créateurs nous invitent sans cesse à porter un nouveau regard sur l'ensemble de nos représentations, et réinitialisent notre vision spirituelle du monde. Tout cela ne nous éloigne pas du management, bien au contraire : dans le monde de l'entreprise, des sociétés comme Google, Apple, ont su générer des innovations porteuses de nouvelles visions de la société.

 

- Votre analyse remonte au milieu des années 80. N'êtes-vous pas surpris par la justesse avec laquelle la réalité vous donne raison sur tous ces points ?

- Ce qui me surprend, ce n'est pas tant la rapidité avec laquelle les techniques que je décrivais – l'informatique, les réseaux… - sont venues s'inscrire dans notre quotidien, mais c'est plutôt l'aspect spectaculaire avec lequel la société de la création et de la communication s'est imposée. La royauté a mis 1000 ans en France pour s'affirmer pleinement, la dynastie Rothschild 100 ans, Microsoft 10 ans, et Google un an ! Et le plus étonnant, de mon point de vue, est le temps de réaction qu'il faut pour que les hommes politiques construisent un discours adapté. Cela s'explique fort bien, puisque la plupart d'entre eux restent enfermés à l'ère du commerce et de l'industrie. Ils ne sont pas les seuls. Tous les grands appareils – les partis politiques, les syndicats, les Universités, la presse… - nés au XIXème siècle, se pensent encore sous cette ère-là. Ces modes de pensée deviennent obsolètes. Un point me surprend encore : lorsque j'écrivais « le Management du troisième millénaire », je pensais qu'il y aurait dans le futur beaucoup moins de manifestations spectaculaires dans les techniques et l'instrumental, mais beaucoup plus d'efforts dans la réflexion et la recherche sur la nouvelle civilisation en émergence. D'ailleurs, il y a 20 ans en arrière, je n'avais aucun souci pour trouver des financements qui permettent d'explorer ces voies innovantes. Aujourd'hui, alors que ces réflexions deviennent urgentes, les difficultés pour trouver des financements sont extrêmes ! Encore un autre point d'étonnement : je n'avais pas non plus anticipé que les limites de planète surgiraient aussi rapidement sous nos yeux, de toutes parts.

Et pourtant, nous sommes dans l'incapacité de penser tout cela ! D'où la nécessité d'investir dans cette réflexion novatrice, de créer des échanges, des interactions entre les centres de recherche, et de promouvoir, comme il y a eu des chambres de commerce et d'industrie pour accompagner l'ère précédente, des chambres de réflexion et de communication fonctionnant en réseaux !

 

- Pour finir, qu'est-ce qui vous donne l'espoir que la société progresse dans la prise de conscience des changements à opérer ?

- Rappelons-nous qu'une crise, ce sont à la fois des risques et des opportunités. Or la France a de grandes opportunités devant elles. La plupart des penseurs qui ont évoqué cette nouvelle civilisation de l'immatériel – qu'il s'agisse d'Edgar Morin, de Thierry Gaudin, de Joël de Rosnay - sont Français. Lors du passage de la civilisation de l'agriculture-élevage au commerce et à l'industrie, la France a déjà su inventer des concepts clés, comme la séparation des pouvoirs, la démocratie moderne ; le Code Napoléon a aussi été repris dans le monde entier. Nous vivons une période historique où la France pourrait prendre la tête d'un mouvement. On évalue entre 20 et 30% de la population totale le nombre de « créatifs-culturels » sensibles aux enjeux écologiques et planétaires, au droit et à l'émancipation des minorités, intéressés par les cultures dans leur diversité. Ce sont des individus qui font du développement personnel pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Ils sont dans des logiques proactives. C'est le parti des gens enthousiasmés par exemple par l'élection, aux Etats-Unis, de Barack Obama, qui ne sont ni de droite, ni de gauche, mais qui réfléchissent en terme de transformation de la société. Or il est capital aujourd'hui de mener ce travail collectif, car une nouvelle civilisation ne sort jamais de la tête de quelques-uns. Elle ne peut résulter que d'un grand débat mondial. Et tout nous invite aujourd'hui à devenir les créateurs de cette nouvelle civilisation !

 

 

 

*1Le management systémique de la complexité, aux éditions du Ministère de la Recherche, 1990. Réédition sous le titre, Le management du troisième millénaire, aux éditions Guy Trédaniel en 1991, 1999 et 2005.

*2. La Macrocospe, Joël de Rosnay*, Éditions du Seuil, 1975.

*3 Peter Senge, avec Alain Gauthier, « la Cinquième discipline », First Éditions, 1991.

*4 New Economics Foundation, Fondation pour les Nouvelles Économies ou Alternatives Économiques), créée au Royaume-Uni en 1986. La NEF est un groupe de réflexion et d'action travaillant à un « nouveau modèle de création de richesses fondé sur l'égalité, la diversité et la stabilité économique ».

*5 Réseau international sur les enjeux du futur rassemblant des personnalités comme Michael Gorbatchev, le Dalaï Lama. Il est actuellement présidé par le philosophe des sciences Ervin Laszlo.

 

 

 







vendredi 6 mars 2009

Marc TIREL

Détecteur de talent, d'idées et de "mèmes", j'ai à coeur de partager ces découvertes, convictions, idées et réflexions au plus grand nombre. Ce qui me passionne c'est comprendre comment la mise en réseau planétaire des cerveaux va impacter le monde de l'entreprise, les comportements individuels et la société dans son ensemble. Je veux y participer en tant qu'acteur, à la fois facilitateur et éclaireur. De nouvelles valeurs sont en train de naître, un monde nouveau est en train d'émerger je souhaite apporter du sens, à d'autres connecteurs pour qu'ils agissent dans leur propre environnement avec leur culture.

En charge du développement du "e-learning" pour le groupe Schneider Electric (2000-2004), puis ayant contribué au décollage de la société Savoirs pour tous, je réalise aujourd'hui des missions de conseil en facilitation de projets pour In Principo. Je participe aussi activement au collectif des Explorateurs du Web.
Je m'intéresse de près à la crise et à l'émergence des monnaies complémentaires en tant que prélude à une mutation profonde de l'humanité, une évolution de l'espèce humaine, qui aura lieu dans les 20 à 40 ans qui arrivent. Cette mutation, à mon avis ne peut être comparée dans l'histoire humaine qu'à la période où "l'homme/singe" est descendu de son arbre a libéré ses bras/mains et son cerveau et est devenu "homme". Cette mutation s'est déroulée sur plusieurs milliers (centaine de milliers) d'années, celle que nous nous apprêtons à vivre aura lieu en moins de 50 ans.

Mon blog: http://connecteur.blogspirit.com

Merci par avance de me dire si cela suffit ou si vous souhaitez d'autres éléments.

Au plaisir de vous rencontrer et d'échanger mardi prochain.

Bien cordialement,


Marc TIREL

Mon chemin est désormais parmi vous.

> Mon chemin est désormais parmi vous.

> Parmi toutes les personnes de bonne volonté qui veulent s'inscrire dans une émergence de sagesse collective, d'évolution de la conscience, sur une nouvelle terre ou nous nous retrouvons soumis à rudes épreuves et ou les constats alarmants nous appellent à repenser le monde dans sa globalité, dans une vision humaniste et planétaire telle que le décrit Ervin Lazlo et d'autres, philosophes, écrivains, sages, sociologues, scientifiques, journalistes, artistes, intellectuels et nous tous, les êtres humains qui ne souhaitons pas rester passifs et moroses, devant ce qu'a pu caractériser dernièrement Jacques Robin, dans un de ces derniers ouvrages : "l'Urgence de la métamorphose". 

> Les constats gravissimes et l'état des lieux de la situation sont effectivement nombreux et pour éviter ces reformulations, je voudrais simplement faire preuve de ce que je pourrais appeler un désir de "réenchantement du monde" comme le décrit si bien, entre autre, Patrick Viveret ou Jean marie Pelt et cela pour m'inscrire dans une plus grande lucidité, compréhension, où, désespoir, peurs et angoisses ne viennent pas ou peu déséquilibrer mes pensées que je voudrais garder "éveillées" à la compléxité du réel.

> La lecture d'un livre d'Edgar Morin, "Amour Sagesse et Poésie" m'a dernièrement apportée du baume au coeur lorsque depuis de nombreuses années j'avais déjà ressenti la force, la puissance et le pouvoir de la Poésie.

> Peut-être ne suis-je pas, finalement, qu'un simple militant syndical et politique, cherchant avec curiosité dans le milieu associatif ce qui engendrera de nouvelles idéologies face à la grave crise des valeurs humaines et politiques, mais aussi un "militant poétique" en quête de sens et du caractère sacré de l'existence, dans les plaisirs et les joies que les arts et la culture nous apportent - véritable oxygène et bouffées nécessaires devant la catastrophe sociale - cherchant également à comprendre comment nous vivons, m'inspirant à la lecture d'un livre de Jean Staune, dans une transversalité : "Notre existence a-t-elle un sens ?"

> Le monde est tel que nous le pensons, le voyons, le vivons, mais s'agit-il bien de la réalité ou d'une vision engendrée par notre état d'esprit mis à mal ?

> Si notre état d'esprit, notre désir d'intégralité et de vision holistique, notre magnanimité, nous rapprochent de ce que nous voulons comme nouvelle terre, de ce que nous voulons laisser à nos enfants, ce que de chaque action créative et pensée positive de "petit colibri" que nous sommes, nous acheminent dans nos chemins de convergence, dans un "espace sacré des possibilités essentielles", alors oui, un autre monde est possible, passant par notre transformation personnelle indispensable vers ce désir de transformation sociale.

> "Nous sommes tous rois, artistes, poètes, musiciens ! Il n'est que de nous ouvrir comme des lotus pour découvrir ce qui était en nous ..."

> Amitiés,

> Jean marie Noguès






Fwd: Les transformateurs de notre monde - un site exclusif


Objet : Les transformateurs de notre monde - un site exclusif

Un site de ceux qui contribuent à transformer le monde vers un monde durable


SYNCD.org | a place for world transformers || convergence, quantum-mind, zero-point, unified-field, singularity, world-peace, healing, inner-space, meditation, co-creation

http://www.syncd.org/index.htm





Obama Administration Requests Info on Planetary Challenges


http://www.thepetitionsite.com/takeaction/248704259

Obama Administration Requests Info on Planetary Challenges

Sat Feb 7, 2009 1:04 pm (PST)

The Obama Administration has asked the "Evolutionary Leaders" to
communicate about what is transpiring on the planet, and how we can
change the course of the unprecedented events that are challenging
this planet. This is a window of opportunity that must be taken! A
deadline was given for this information to be conveyed to the Obama
Administration.

The Evolutionary Leaders like Deepak Chopra, Gregg Braden, Michael
Beckwith and many, many others, gathered together to write up the
information to present to the Obama Administration. They are also
asking us to sign a petition to show the Administration how many
people are in favor for these changes to occur. They need 10,000
signatures. We need your help to reach that number and beyond!

Below is the information presented to the New Administration. The
petition link will follow with the next post:

By the Evolutionary Leaders

The human family is in the midst of the most significant
transformation of consciousness since its emergence in Africa over one
hundred thousand years ago. Consciousness has been evolving for
billions of years from the first cell to us. We are becoming aware
that through our own consciousness the universe can know itself. This
awareness reveals incredible new potential for our individual and
collective humanity.

Simultaneously, we are the first species on this Earth aware that we
can destroy ourselves by our own action. This may be the greatest
wake-up call to the evolution of consciousness since the origin of
Homo sapiens.

We now realize that we are affecting our own evolution by everything
we do. This knowledge awakens in us the aspiration to become more
conscious through subjective practices including meditation,
reflection, prayer, intuition, creativity, and conscious choice making
that accelerate our evolution in the direction of unity consciousness
and inspire us to deeply align our collective vision.

THE CHALLENGE

At this juncture in human history, urgent global crises challenge us
to learn to live sustainably, in harmony and gratitude with one
another and with the living universe. The changes required of humanity
are broad, deep, and far reaching. Only by acting swiftly and
creatively can we birth a planetary culture that will bring well-being
to every form of life in the Earth community.

The good news is that a compelling new story of our potential as a
whole human species is emerging-a story of collaboration, citizen
action, dialogue and new understandings propelled by unprecedented
levels of democratic freedom, multicultural exchange, and access to
communication technologies. It is nothing less than the story of our
collective evolution.

OPPORTUNITIES FOR ACTION

We recognize that the inner and outer aspects of life evolve together.
A dramatic awakening in consciousness will involve an equally dramatic
shift in outward aspects of our lives. In particular, we see the
following as vital opportunities for our conscious evolution, both
personally and collectively:

Cultivating a Paradigm of Aliveness: We regard the universe as deeply
alive and conscious by nature. In a living universe, our sense of
subtle connection and participation with life around us is the basis
for a compassionate and cooperative approach to living.

Educating for an Evolving Consciousness: Awakening consciousness is
the foundation for all the change we seek to see in the world. We can
work to elevate our capacity for conscious reflection and creative
action in our personal lives as well as our collective lives as
communities. We must support research and educational strategies that
optimize human capacities and explore the nature of consciousness.

Restoring Ecological Balance: The balance of planetary ecosystems is
fundamental to our survival. We must reverse the pollution of our
global commons-the water, air and soil that nourish all life. We must
encourage the proliferation of clean, renewable energy sources and
expend all necessary resources toward mitigating the effects of
climate change.

Encouraging Conscious Media: We must find innovative ways to use the
new electronic media as the mirror of our positive evolutionary story,
investing in their capacity to reach across differences of generation,
culture, religion, wealth, and gender to build a working consensus
about our collective future.

Engaging in Social and Political Transformation: More sustainable ways
of living will require the support of a more conscious democracy and
vibrant civil society from which more enlightened leaders will emerge.
All individuals should be encouraged to use their gifts to create
participatory, responsible and compassionate models of governance.

Working for Integrity in Commerce: Conscious businesses that are aware
of the scope, depth, and long-range impacts of their actions are key
to achieving sustainability. Business must become an ethical steward
of the Earth's ecology and consciously establish an economic basis for
a future of equitably shared abundance.

Promoting Health and Healing: The science of mind-body-spirit health
has demonstrated the profound connection between the health of a whole
person and the health of the system in which he or she lives. Whole
systems healing, respecting both traditional knowledge and modern
sciences, must be supported in physical, social, and spiritual domains.

Building Global Community: The new story is about all of us who share
this planet. Together, we can create a culture of peace that
eliminates the need for armed conflict, respecting and appreciating
the glorious diversity of our human family.

YOUR PARTICIPATION IS VITAL

Our group has done its best to articulate possibilities for the
evolution of consciousness at this crucial moment in time. Please
reflect on this document, feel what resonates in your being and calls
forth a response on your part. We invite you to discuss it with
others, continuing this global conversation by adding to it the wisdom
that is uniquely your own.

Together, let us co-create a new narrative of conscious evolution that
is a call to individual and collective action, birthing the most
significant transformation of consciousness in history. Join in the
Call to Conscious 
Evolution by signing the pledge now.

FOUNDING SIGNATURIES

Chopra Center, Carlsbad, California, July 26, 2008
Michael Beckwith, Joan Borysenko, Gregg Braden, Rinaldo Brutoco,
Thomas Callanan, Deepak Chopra, Mallika Chopra, Dale Colton, Gordon Dveirin, Duane Elgin, Leslie Elkus, Barbara Fields, Debbie Ford, Ashok Gangadean, Kathleen Gardarian, Tom Gegax, Charles Gibbs, Kathy Hearn,
Jean Houston, Barbara Marx Hubbard, Bruce Lipton, Judy Martin, Rod McGrew, Steve McIntosh, Lynne McTaggart, Deborah Moldow, James O'Dea, Carter Phipps, Wendy Craig-Purcell, Carolyn Rangel, Rustum Roy, Peter Russell, Gerard Senehi, Emily Squires, Brian Swimme, Diane Williams, Marianne Williamson, Tom Zender.





**************
A Good Credit Score is 700 or Above. See yours in just 2 easy steps! (http://pr.atwola.com/promoclk/100126575x1219957551x1201325337/aol?redir=http:%2F%2Fwww.freecreditreport.com%2Fpm%2Fdefault.aspx%3Fsc%3D668072%26hmpgID%3D62%26bcd%3DfebemailfooterNO62)
 

A Good Credit Score is 700 or Above. See yours in just 2 easy steps!

Laurence Dejunnemann, participante à la quatrième journée de l'Université Intégrale

Je suis actuellement coordinatrice des chantiers d'excellence à la Marque
Peugeot.
Je quitte l'entreprise ce mois ci pour me mettre à mon compte et
accompagner les entreprises dans la création
et la mise en place de démarches propspectives et innovantes dans un
environnement en mutation.
Je travaille également pour Action contre la Faim un jour par semaine :
j'accompagne l'animation de la démarche qualité au sein de l'association.

Vincent David - Relations d'Utilité Publique, participant à la quatrième journée de l'Université Intégrale

Vincent David a créé en avril 2006 Relations d'utilité publique, activité indépendante de relations publiques et de lobbying au service des organisations d’utilité sociale et environnementale agissant dans le domaine de la solidarité internationale, de la protection de l’environnement, de la consommation responsable, de la santé publique et de la lutte contre l’exclusion.

Il a été auparavant responsable des relations extérieures de l’association de commerce équitable Max Havelaar France de 2002 à 2006 après avoir été chargé de la communication d’Alimenterre en 2001, événement sur la souveraineté alimentaire dans le monde créé par le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). Durant la présidence française de l'Union européenne, il avait en charge la communication et le lobbying des ONG françaises auprès de l’Union européenne au sein de Coordination SUD.

Diplômé d’un DEA de sciences politiques, d’une maîtrise d’information-communication, d’une licence de sociologie, et d’un DEUG de droit, il a publié un article intitulé “ L’opinion publique mondiale n’existe pas ! “ dans Le Journal de la Paix, n°471, 2001, Editions l'Harmattan ; et rédigé les définitions des termes “ONG“ et “Musiques du monde“ dans le Dictionnaire critique de la mondialisation du Groupe d’études et de recherches sur les mondialisations (GERM), 2002, Editions le Pré aux Clercs.

Co-auteur du livre « Les créatifs culturels en France » (Editions Yves Michel, 2007), il s’intéresse particulièrement à la communication politique, à la sociologie des médias, aux relations entre décideurs et contre-pouvoirs, aux enjeux du développement durable et aux liens entre spiritualité et modernité.

jeudi 5 mars 2009

Jean-Eric Aubert , intervenant le 10 Mars 2009

Senior expert in international organisations, specialist of innovation
policies and knowledge economies, Jean-Eric Aubert has advised
governments in some 50 countries of all development level throuhout a
35 year career.

Lead Specialist at the World Bank Institute (2000-2008), he led the «
Knowledge for Development Program (knowledge economy studies and
policy advice for developing countries), He managed also the World
Bank office in Marseille providing training, expertise, and capacity
building activities on urban development in the Mediteranean.

Prior to joining the World Bank, Jean-Eric Aubert worked at the
Organization for Economic Co-operation and Development (Directorate
for Science, Technology and Industry), leading notably S&T country
reviews and flagship publications.

He has also acted as consultant for a number of international
organizations including the European Commission and UN bodies (UNIDO,
UNESCO, UNCTAD, UNU).

Jean-Eric Aubert, a French national, has a Post-Graduate diploma in
Economics and a Ph.D. in Applied Mathematics from Paris universities.
He has been responsible as author or editor of more than 40
publications and published a number of articles in science and
technology policy, social sciences and cultural issues.

Objet : le monde en 2019 et en vidéo selon microsoft !!!

>
> Objet : le monde en 2019 et en vidéo selon microsoft !!!
>
> When Microsoft decides to imagine the future, it never fails to
> impress. Not only do you have some of the smartest people
> envisioning what's possible, but they also invest so much into
> communicating these ideas through sights and sounds which the
> production value can be compared to most blockbuster sci-fi films.
> http://www.facebook.com/l.phpu=http://www.istartedsomething.com%2F20090228%2Fmicrosoft-office-labs-vision-2019-video%2F
>

mardi 3 mars 2009

TECHNOLOGIES DE L'ESPRIT


 

ARS INDUSTRIALIS ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE DES TECHNOLOGIES DE L'ESPRIT


 

Motifs de constitution de l'association ARS INDUSTRIALIS : http://www.arsindustrialis.org/economie-du-d%C3%A9sir-et-d%C3%A9sir-en-%C3%A9conomie-2

1. Notre époque est menacée, dans le monde entier, par le fait que la " vie de l'esprit ", pour parler avec des mots de Hannah Arendt, a été entièrement soumise aux impératifs de l'économie de marché et aux impératifs de retours sur investissement des entreprises qui promeuvent les technologies de ce que l'on appelle les industries culturelles, les industries de programmes, les médias, les télécommunications, et enfin les technologies du savoir, ou technologies cognitives. Tous ces secteurs, étant donnée l'expansion de la numérisation, tendent à s'intégrer, ce que l'on a décrit voici une dizaine d'année comme la convergence de l'audiovisuel, des télécommunications et de l'informatique. Nous appelons cet ensemble le secteur des technologies de l'esprit (malgré la surcharge métaphysique et théologique qui pèse sur ce mot, " esprit ", que nous entendons aussi au sens anglais de mind). Et si le processus d'intégration en quoi consiste la convergence a jusqu'à présent essentiellement et brutalement aggravé les possibilités de contrôle du marché sur la vie de l'esprit, nous soutenons que les technologies de l'esprit peuvent et doivent devenir un nouvel âge de l'esprit, un renouveau de l'esprit, une nouvelle " vie de l'esprit ". Nous pensons que ce renouveau et cette renaissance de l'esprit doivent constituer le motif de ce que nous appelons une politique industrielle de l'esprit.
2. Or, une telle politique industrielle doit aussi être une écologie industrielle de l'esprit. La soumission des technologies de l'esprit aux seuls critères du marché les maintient dans une fonction de technologies de contrôle, au service de " sociétés de contrôle " (nous empruntons cette expression à William Burroughs, à qui Gilles Deleuze l'emprunta lui-même). Cette fonction, qui a pour but de systématiser le développement des applications et des usages des moyens de calcul, de communication et d'information au seul service d'une massification des comportements de production et de consommation dans le sens des intérêts financiers investis à très court terme et très forts rendements dans les entreprises industrielles, bloque l'accès à ces technologies pour toute autre finalité. Et en particulier, elle interdit et obstrue systématiquement le développement des pratiques sociales nouvelles et inédites que non seulement elles permettent, mais qu'elles appellent et par lesquelles seulement, là est notre thèse, ces technologies pourront devenir la base d'une nouvelle époque de la civilisation et permettront d'éviter le chaos dont chacun sent bien qu'il constitue désormais une menace imminente.
3. Ces technologies de " l'âme " ou " de la conscience ", auxquelles sont en train de s'ajuster des technologies du corps et du vivant, visent aujourd'hui à contrôler et à façonner hégémoniquement les modes d'existence individuels et collectifs, et ce, à tous les âges de la vie. Or, ce contrôle des existences, qui est un contrôle et une manipulation des désirs des individus et des groupes, conduit à détruire les possibilités mêmes, pour ces individus et pour ces groupes, d'exister : exister, cela ne peut être qu'exister comme singularité. Et plus précisément, ce contrôle détruit le désir des individus et des groupes - ce que depuis Freud on appelle leur énergie libidinale. Le capitalisme, au XXè siècle, a fait de la libido sa principale énergie : l'énergie qui, canalisée sur les objets de la consommation, permet d'absorber les excédents de la production industrielle, en suscitant, par des moyens de captation de la libido, des désirs entièrement façonnés selon les besoins de la rentabilité des investissements[F1]   . Or, aujourd'hui, cette captation de la libido a fini par la détruire, et ce fait majeur constitue une immense menace pour la civilisation industrielle : elle conduit inévitablement, à terme, à une crise économique mondiale sans précédent.
4. Cette menace contre le désir est une menace contre l'humanité toute entière : la ruine du désir est aussi celle des possibilités de sublimation et de la constitution d'un surmoi, et elle produit conséquemment, au-delà des perturbations économiques induites par le modèle qui oppose production et consommation, des désordres géopolitiques, politiques, sociaux et psychiques extrêmement alarmants. Ces dysfonctionnements, qui deviennent pour l'humanité de véritables fléaux, constituent les manifestations récentes de problèmes que doit résoudre ce qu'il convient donc d'appréhender comme une écologie industrielle de l'esprit et du désir.
5. Le désir est constitué par des pratiques symboliques, que soutiennent des techniques ou des technologies symboliques. Les objets du désir sont intrinsèquement singuliers, et en tant que tels, ils intensifient la singularité du désirant. Or, la fabrication industrielle du désir, qui est rendue possible par les technologies d'information et de communication, consiste à catégoriser les singularités, c'est à dire à rendre calculable ce qui, étant incomparable (le singulier est par essence ce qui ne se compare à rien), est irréductiblement incalculable. Pour autant, les singularités ne sont pas du tout ce qui échappe à la technique ou au calcul, mais ce qui se constitue au contraire par la pratique des techniques, technologies et calculs, en vue d'intensifier ce qui n'est pas réductible au calculable. C'est ce que rendent par exemple immédiatement sensible toutes les formes d'art, comme le poème, dont Claudel écrit : " Il faut qu'il y ait dans le poëme un nombre tel qu'il empêche de compter. " Reste que les technologies d'information et de communication sont précisément les technologies spirituelles, et cela signifie tout aussi bien qu'elles relèvent de la question des techniques de la mémoire dont Michel Foucault analysa le sens comme techniques de " l'écriture de soi ". Il reprit pour les qualifier le terme grec d'hypomnémata, qui fut la grande question de la philosophie dès Platon : celui-ci définit déjà l'écriture comme hypomnésis, c'est à dire comme mémoire technique. En tant que mnémo-technologies, les technologies industrielles de l'esprit sont de nouvelles formes d'hypomnémata. Et comme les hypomnémata de l'âge antique, en particulier dans les écoles stoïciennes et épicuriennes et dans le christianisme primitif, dans la Rome où la skholè grecque devient la pratique romaine de l'otium, les technologies industrielles de l'esprit appellent de nouvelles pratiques, c'est à dire, au bout du compte, de nouvelles organisations sociales. Car la relation des hommes à ces technologies ne peut en aucun cas continuer de se limiter aux usages prescrits par les modes d'emploi et les campagnes de marketing, qui ne tendent qu'à garantir les retours sur investissements les plus rapides possibles, pour des actionnaires qui veulent, comme on dit, des " taux à deux chiffres " - et, si possible jamais inférieurs à 15%.
6. Une telle politique est en effet suicidaire : ce capitalisme est autodestructeur. En affirmant la possibilité d'une politique industrielle de l'esprit, notre association s'assigne tout aussi bien pour but de lutter contre cette tendance autodestructrice du capitalisme, en contribuant à l'invention de pratiques des technologies de l'esprit qui reconstituent des objets de désir et des expériences de la singularité. Nous pensons que le développement de telles pratiques est une condition fondamentale pour un avenir pacifique et mondial de la société industrielle.
7. La question d'économie politique que pose l'avenir industriel est donc la relance du désir - et non simplement la relance de la consommation, comme s'y obstinent frénétiquement les mesures technocratiques et artificielles mises en œuvre dans les pays industriels, et en particulier l'Europe, qui ne cessent d'aggraver le mal qu'elles prétendent réduire. Les industries de l'esprit, qui existent donc déjà, mais qui sont mal orientées et détruisent la société au lieu d'en constituer une nouvelle époque, produisent toutes sortes de technologies d'échanges symboliques toujours accrus, et qui ne vont cesser de se développer dans les décennies à venir - dès à présent, avec les réseaux à haut débit et les liaisons wifi, par exemple, et demain, avec les nanotechnologies. Or, ces appareils et services ne sauraient continuer à croître contre la cohésion sociale et l'intérêt général. Et c'est dans la mesure où la question de l'intérêt général est en effet inscrite dans celle du symbolique que la définition d'une politique industrielle de l'esprit nécessite aussi l'invention d'une nouvelle forme de puissance publique, associant des compétences de toutes natures et de tous horizons, acteurs économiques et institutions publiques, instituts de recherche et associations, économistes, artistes, scientifiques, philosophes, investisseurs, partenaires sociaux, collectivités locales et territoriales, etc.
8. ARS INDUSTRIALIS est située à Paris, en France, mais se définit avant tout comme européenne. Et elle veillera dès ses premiers pas à trouver des interlocuteurs, des partenaires et des adhérents dans les pays d'Europe, et à organiser ses activités hors de France aussi souvent que ce sera possible. Pour autant, c'est une association internationale, et non seulement européenne, qui entend développer des échanges internationaux bien au-delà du continent européen. Elle entend porter sa réflexion au niveau mondial, pour ce qui concerne tous les points évoqués précédemment, et, par voie de conséquence, dans les domaines de l'enseignement, de la recherche, de la science, de l'art, des médias, de l'organisation des services publics de l'audiovisuel, des industries culturelles et des industries de programmes privées, et des politiques d'aménagement du territoire.
9. Outre ses partenaires et adhérents d'Europe et des autres continents, ARS INDUSTRIALIS visera à développer dans les villes de France un réseau de lieux d'activités, d'adhérents et de correspondants.
10. ARS INDUSTRIALIS animera ces différents réseaux en utilisant tous les moyens contemporains de communication disponibles, et recherchera pour cela le soutien d'organisme set de collectivités publics et privés. * Sur la base de ces préalables, ARS INDUSTRIALIS, association internationale pour une politique industrielle de l'esprit, se fixera pour but . d'animer une réflexion collective, internationale et transdisciplinaire, par des moyens tels que des rencontres, des séminaires, des colloques, . de diffuser les résultats de ces travaux par des publications, un site Internet, la rédaction de motions, . de réaliser des études et de faire des propositions, et, chaque fois que ce sera possible, de les mettre en œuvre, par des actions ou par des expérimentations, . de défendre les intérêts de ses membres contre tout préjudice résultant d'une atteinte à l'intérêt collectif qu'elle s'est donné pour objet de défendre. Dans l'immédiat, ARS INDUSTRIALIS organisera des rencontres à Paris en particulier sur les thèmes de . la politique européenne passée et à venir dans le domaine des industries de l'esprit, . l'initiative prise par Google dans le domaine des bibliothèques numériques et les politiques françaises et européenne en la matière, . la question de la recherche scientifique dans le cadre d'une politique industrielle de l'esprit, . les enjeux du sommet mondial de la société de l'information organisé par l'ONU à Tunis en novembre 2005, . les rôles du marketing et de la publicité dans la société industrielle d'hier, d'aujourd'hui et de demain, . l'art et la société industrielle d'hier, d'aujourd'hui et de demain, . la question des langues en Europe, et, au-delà, de la différence idiomatique entendue au sens large, . les désordres psychologiques et les questions de santé publique du point de vue d'une écologie industrielle de l'esprit, . les questions de propriété industrielle, . les points de vue existants aux USA, en Amérique Latine, en Chine, au Japon, notamment, quant à la question d'une politique industrielle de l'esprit et d'une nouvelle puissance publique, en particulier d'une nouvelle puissance publique internationale en ces matières.
Georges Collins, philosophe et critique d'art Marc Crépon, philosophe Catherine Perret, philosophe et critique d'art Bernard Stiegler, philosophe Caroline Stiegler, juriste.
 


Mon chemin est désormais parmi vous.

Cher(e)s ami(e)s,

Mon chemin est désormais parmi vous.

Parmi toutes les personnes de bonne volonté qui veulent s'inscrire dans une émergence de sagesse collective, d'évolution de la conscience, sur une nouvelle terre ou nous nous retrouvons soumis à rudes épreuves et ou les constats alarmants nous appellent à repenser le monde dans sa globalité, dans une vision humaniste et planétaire telle que le décrit Ervin Lazlo et d'autres, philosophes, écrivains, sages, sociologues, scientifiques, journalistes, artistes, intellectuels et nous tous, les êtres humains qui ne souhaitons pas rester passifs et moroses, devant ce qu'a pu caractériser dernièrement Jacques Robin, dans un de ces derniers ouvrages : "l'Urgence de la métamorphose".

Les constats gravissimes et l'état des lieux de la situation sont effectivement nombreux et pour éviter ces reformulations, je voudrais simplement faire preuve de ce que je pourrais appeler un désir de "réenchantement du monde" comme le décrit si bien, entre autre, Patrick Viveret ou Jean marie Pelt et cela pour m'inscrire dans une plus grande lucidité, compréhension, où, désespoir, peurs et angoisses ne viennent pas ou peu déséquilibrer mes pensées que je voudrais garder "éveillées" à la compléxité du réel.

La lecture d'un livre d'Edgar Morin, "Amour Sagesse et Poésie" m'a dernièrement apportée du baume au coeur lorsque depuis de nombreuses années j'avais déjà ressenti la force, la puissance et le pouvoir de la Poésie.

Peut-être ne suis-je pas, finalement, qu'un simple militant syndical et politique, cherchant avec curiosité dans le milieu associatif ce qui engendrera de nouvelles idéologies face à la grave crise des valeurs humaines et politiques, mais aussi un "militant poétique" en quête de sens et du caractère sacré de l'existence, dans les plaisirs et les joies que les arts et la culture nous apportent - véritable oxygène et bouffées nécessaires devant la catastrophe sociale - cherchant également à comprendre comment nous vivons, m'inspirant à la lecture d'un livre de Jean Staune, dans une transversalité : "Notre existence a-t-elle un sens ?"

Le monde est tel que nous le pensons, le voyons, le vivons, mais s'agit-il bien de la réalité ou d'une vision engendrée par notre état d'esprit mis à mal ?

Si notre état d'esprit, notre désir d'intégralité et de vision holistique, notre magnanimité, nous rapprochent de ce que nous voulons comme nouvelle terre, de ce que nous voulons laisser à nos enfants, ce que de chaque action créative et pensée positive de "petit colibri" que nous sommes, nous acheminent dans nos chemins de convergence, dans un "espace sacré des possibilités essentielles", alors oui, un autre monde est possible, passant par notre transformation personnelle indispensable vers ce désir de transformation sociale.

"Nous sommes tous rois, artistes, poètes, musiciens ! Il n'est que de nous ouvrir comme des lotus pour découvrir ce qui était en nous ..."

Amitiés,

Jean marie Noguès







dimanche 1 mars 2009

LIVRES POUR PREPARER LE SEMINAIRE DU 10 MARS

Comme convenu, voici mes propositions de livre :

- Pour Edgar MORIN

1/ - Edgar MORIN : Mon Chemin - Entretiens avec Djénane Kareh
Tager - chez Fayard , je l'ai acheté par l'intermédiaire du club de
Nouvelles Clés - septembre 2008

Dans " Mon chemin" c'est l'homme qui parle, sans dissimuler ses
émotions ni ses passions.Il nous dit sa propre expérience de la vie,
de l"amour, de la poésie, de la vieillesse, de la mort. Ce parcours
fut continu, accompli dans la curiosité jamais assouvie, un
questionnement permanent, un lien inséparable entre la vie et
l'ouevre, une lente gestation de la pensée complexe, mais il fut
discontinu dans les recommencements et les renaissances qui ont scandé
sa vie tous les dix ans .

Edgar MORIN est né à Paris en 1921, d'une famille de nationalité
italienne, d'ascendance judéo-espagnole.Son adolescence est marquée
par la montée en puissance du nazisme, les procès staliniens de
Moscou, la marche somnanbulique vers la guerre. A 20 ans, sous
l'Occupation, il entre à la fois au parti communiste et dans la
résistance gaulliste.Après la guerre, c'est une vie qui se poursuit
dans la résistance au stalinisme, à la guerre d'Algérie, à toutes les
barbaries.

2/ - Journées thèmatiques conçues et animées par Edgar MORIN -
Le défi du XXI ° siècle : Relier les connaissances au Seuil - Octobre
1999 -

Ce livre rassemble les travaux des " journées thématiques " organisées
en mars 1998 sou l'égide du ministre de l'Education , Claude Allègre -
Il s'agit de montrer qu'il était possible de répondre aux grands défis
que la connaissance devra affronter de plus en plus au cours du
troisième millénaire.

- le défi de la globaité, que pose
l'inadéquation aggravée entre un savoir fragmenté et compartimenté
entre les différentes disciplines d'une part, et des réalités
multidimensionnelles , globales, transnationales d'autre part.

- le défi de l'accroissement
ininterrompu des savoirs qui rend sans cesse plus difficile
l'organisation des connaissances autour des problèmes essentiels.

Par ces journées thématiques, on voulait tenter d'intégrer les
disciplines dans des cadres de pensées qui correspondent aux grands
problèmes que se pose l'esprtit : le monde, la terre, la vie,
l'humanité; de donner une égale importance à la culture des humanités
et à la culture scientifique en les faisant communiquer; de régénérer
les vertus cognitives et existentielles de la littérature, de la
poésie, des arts.

Venus de toutes les disciplines et associant leurs compétences les
participants ont apporté la preuve qu'on pouvait ressusciter une
culture et l'enseigner


3/ - Edgar MORIN - La Méthode - 3. La Connaissance de la
Connaissance - au Seuil - octobre 1994

Ce livrede la Connaissance de la Connaissance examine les conditions,
possibilités et limites de la connaissance humaine, conçue dans sa
nature à la fois cérébrale, spirituelle et culturelle . Il aborde les
paradoxes clés : qu'est ce qu'un cerveau qui peut produire un esprit
qui le conçoit ? Qu'est ce qu'un esprit qui peut concevoir un cerveau
qui le produit? Qu'est-ce une qu'une connaissance qui ne saurait
émerger,qu'une connaissance qui, non seulement sans un cerveau et un
esprit, mais aussi sans un language et une culture ? Qu'est-ce une
connaissance qui, bien qu'étant construction et traduction, aspire à
refléter la nature des choses ?

4/ - Edgar MORIN et Anne Brigitte Kern - TERRE - PATRIE au
Seuil - mai 1993

Nous sommes au cinquième siècle de l'ére planétaire. Il y a
déferlement mondial des forces aveugles et barbares, mais il y a aussi
mondialisation de la demande de vivre mieux. Les symptômes de mort et
de naissance se confondent.Cette situation agonique ne vint pas
seulement de l'addition aux conflits traditionnels de crises
nouvelles. C'est un tout qui se nourrit des ingénients conflictuels,
crisiques,problèmatiques et qui porte en lui même le problème des
problèmes : l'impuissance de l'humanité à devenir humanité.

Il est proposé ici une réforme de pensée qui nous permette de
concevoir toutes les choses dans leur contexte et dans le tout
planétaire, une définition de nos finalités terrestres. Il n'y a plus
de salut garanti mais on peut énoncer un évangile de la perdition.

Nous voici sur la miniscule pellicule de vie entourant la minuscule
planète perdue dans le gigantisme univers .Cette planète est pourtant
un monde, le nôtre. Nous découvrons les secrets de notre arbre
généalogique et de notre carte d'identité terrienne, qui nous font
reconnaitre notre matrie terrestre au moment où les sociétés épares
sur le globe sont devenues interdépendantes et où se joue
collectivement le destin de l'humanité.

La prise de conscience de la communauté de destin terrestre doit être
l'événement clé de la fin du millénaire. Nous sommes solidaires dans
et de cette planète . C'est notre Terre-Patrie.

Amitiés à tous

André

Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à "quitter votre région"...


Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à "quitter votre région"...

a crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ? C'est le pronostic quelque peu affolant que dressent les experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février.

Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale", les experts prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles. "Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible."

Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.

La crise serait ainsi à même de susciter de violentes révoltes populaires dont l'intensité serait aggravée par une libre circulation des armes à feu. L'Amérique latine, mais aussi les Etats-Unis sont les zones les plus à risques. "Il y a 200 millions d'armes à feu en circulation aux Etats-Unis, et la violence sociale s'est déjà manifestée via les gangs", rappelle Franck Biancheri, à la tête de l'association. Les experts du LEAP décèlent d'ailleurs déjà des fuites de populations des Etats-Unis vers l'Europe, "où la dangerosité physique directe restera marginale", selon eux.

 

FAIRE DES RÉSERVES

 

Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une "crise systémique mondiale", initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux Etats-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une "très Grande Dépression" aux Etats-Unis.

Doit-on en conclure que la crise mondiale peut se transformer en guerre mondiale ? "Les pronostics de LEAP sont extrêmes, mais la violence sociale pointe", admet Laurence Boone, économiste chez Barclays.

Reste un espoir, une "dernière chance" selon le LEAP, qui résiderait dans la capacité du G20, qui se réunira le 2 avril à Londres, à arrêter un plan d'action "convaincant et audacieux". Dans ce cas, le monde ne serait toutefois pas tiré d'affaire, puisque les experts ne manquent de rappeler que se profile aussi une sévère crise climatique...

Claire Gatinois