lundi 18 avril 2011

Fwd: Ouverture demain de la 4ème Rencontre Nationale des Directeurs de l’Innovation


Objet : Ouverture demain de la 4ème Rencontre Nationale des Directeurs de l'Innovation


 
La 4ème Rencontre Nationale des Directeurs de l'Innovation se tient à partir de demain 19 avril, pour deux jours au Centre International de Conférences du groupe La Poste, au 44, boulevard de Vaugirard.
 
Elle rassemblera plus de 300 professionnels de l'Innovation de tous les secteurs d'activité économique.
 
Le thème de l'année porte sur la croissance par la maîtrise des écosystèmes d'innovation centrés sur les entreprises, avec une trentaine d'intervenants d'une dizaine de pays.
 
Vous trouverez la présentation du dernier état du programme sur www.rencontre-innovation.com
 
Attention : le lieu de la conférence n'est accessible qu'aux personnes préalablement et nominalement inscrites à l'évènement : Aucune inscription ne pourra être réalisée sur place.
 
A demain donc pour une rencontre qui devrait être passionnante.
 
Marc Giget
Président du Club de Paris
des Directeurs de l'Innovation
 
 
 
 

dimanche 17 avril 2011

Fwd: Le vertige du réel avec Ervin Laszlo - 25 mai - Paris - Inrees



http://www.inrees.com/Conferences/Le-vertige-du-reel-Lazslo/

Le vertige du réel avec Ervin Laszlo

Conférence du célèbre philosophe Ervin Laszlo à l'INREES !


Mercredi 25 Mai 2011 de 19h50 à 22h30

Prix public : 12€
Prix membres INREES : 9€

Réservez dès maintenant !
460 places restantes sur 500 disponibles

Réserver vos places
Lieu :
Centre Malesherbes

Grand amphithéâtre
108 boulevard Malesherbes
Paris 75017
Plan d'accès sur Google Map »

La soirée en deux mots


Quelle est la nature profonde de la réalité ? Quelle relation avons nous avec elle ? Comment savons-nous d'ailleurs ce qu'est la réalité ? Voici des questions philosophiques qui imprègnent aujourd'hui le cœur de nos existences.

Face aux bouleversements scientifiques qui s'enchainent depuis près d'un siècle, nos certitudes n'ont jamais été aussi fragiles. A l'heure où nos modèles culturels, scientifiques et philosophiques sont en profonde mutation, l'INREES vous invite à une réflexion autour du réel avec le philosophe Ervin Laszlo.

En savoir plus sur la conférence


Quelle est la nature profonde de la réalité ? Depuis plus d'un siècle cette question philosophique touche la science de plein fouet. En effet, l'apparition de la physique quantique impose de revoir les fondements même de notre vision du monde. Pourtant, malgré ces mutations en cours, notre idée de la réalité reste bâtie sur le même schéma qu'il y a deux siècles, un modèle mécanique. Car, plus qu'un simple outil de découverte, ce modèle mécanique constitue ce qu'il est convenu d'appeler notre paradigme.

Un paradigme, pour reprendre les mots de David Bohm, ce « n'est pas simplement une théorie scientifique particulière mais tout une méthode de travail, de réflexion, de communication et de perception intellectuelle. » Un paradigme, c'est la base de notre vision du monde. Mais voilà, depuis près d'un siècle, nous sommes donc entrés dans un changement de paradigme. Le processus est long. Il peut prendre encore quelques décennies. Changer de paradigme signifie que nos théories scientifiques sont en train d'évoluer en profondeur, cela implique également que nos perceptions, notre vision des choses, notre façon d'en parler, et sans doute jusqu'à nos comportements en tant qu'êtres humains, vont en être affectés.

L'essence du changement de paradigme qui s'opère aujourd'hui dans notre monde porte sur notre capacité à intégrer le fait que le monde matériel, celui de l'espace, du temps et de la matière, ne constitue pas la réalité fondamentale !

Alors, comment la science fonctionne-t-elle lorsque s'accumulent des « anomalies » — ces faits observés qui pourtant sont « impossibles » selon les modèles scientifiques encore en vigueur ? Sur quoi portent précisément les changements conceptuels que nous allons observer ? A travers le monde, des chercheurs, mais également des penseurs, des philosophes explorent ces questions, et proposent des hypothèses. Parmi eux, le Docteur en philosophie d'origine hongroise Ervin Laszlo a développé une théorie intégrale du tout dans laquelle il développe l'idée d'un univers informé ; un monde dont tous les constituants seraient reliés, connectés. Ervin Laszlo a baptisé ce champ d'information « champ Akashique », reprenant un terme sanskrit désignant, dans la philosophie hindoue, le plus fondamental des cinq éléments.

Biographie des invités

Philosophe
Ervin Laszlo est le fondateur et Président du Club de Budapest. Récipiendaire de quatre doctorats honorifiques ainsi que de nombreux prix et distinctions, dont le prix de la Fondation Goi pour la paix (prix de la Paix, au Japon) et le prix Mandir de la paix 2005, Ervin Laszlo est également fondateur du groupe de recherche sur l'évolution générale. Il a été deux fois nominé pour le prix Nobel de la paix. Il est par ailleurs l'auteur ou le rédacteur de plus de quatre-vingts ouvrages, traduits dans plus de 33 langues. L'un des plus remarqué est Science et Champ Akashique, publié par Ariane en 2005. Il réside actuellement en Toscane. En savoir plus »



Fwd: Cipac/Fédération : Réunion de mobilisation sur le programme Culture de l'Union européenne



 

Appel à mobilisation autour du futur programme Culture de l'Union européenne
 :

Le vendredi 22 avril 2011
de 14h00 à 17h00

à la Maison de l'Europe de Paris
35-37 rue des Francs-Bourgeois 75004 Paris

 

« Le programme Culture : pour une ambition politique et culturelle européenne »


Dans un moment de profondes mutations mondiales, l'Union européenne et ses Etats Membres négocient aujourd'hui les priorités politiques, stratégiques et budgétaires européennes pour les dix années à venir.

 
Le travail autour du programme Culture est d'ores et déjà engagé, par la Commission européenne comme par la société civile. Les premiers retours des négociations indiquent une profonde remise en cause de ce programme. Ainsi, les débats semblent très fortement centrés sur le soutien aux industries culturelles, mettant en arrière plan la nécessité de renforcer la coopération culturelle et artistique.
 
Des démarches sont actuellement en cours, à l'image de la campagne européenne « We are more » initiée par Culture Action Europe, du Manitexto de Ljubjana, de l'appel pris en charge par l'ONDA en faveur du soutien aux arts et la culture, ou encore de la déclaration d'Avignon signées par des personnalités politiques françaises et européennes. 

Pour mieux faire entendre notre voix, il nous semble essentiel de coordonner et de fédérer ces initiatives. En effet, il est déterminant de pouvoir mobiliser de manière large les acteurs artistiques et culturels français et européens autour :


• d'une vision politique européenne ambitieuse


• d'une vision de l'art et de la culture comme constitutive de ce projet de société


• et d'un renforcement du programme comme un des leviers d'action publique devant contribuer aux transformations à venir des sociétés et territoires européens.


 

Pour s'inscrire : merci de contacter Relais Culture Europe par mail
 à mobilisationculture@relais-culture-europe.org
 ou par téléphone au 01 53 40 95 10

 

Vous attendant en grand nombre,
 

 

Culture Action Europe et particulièrement ses membres français :
 

L'Association des Centres Culturels de Rencontre (ACCR),

L'AMI – Centre de développement pour les musiques actuelles,

L'Association Française des Orchestres (AFO),

La Fédération Interrégionale du Livre et la Lecture (FILL),

Musique et santé,

L'Onda - Office National de Diffusion Artistique,

Le Relais Culture Europe,

Le SYNDEAC
 
Ainsi que :

 
Le Forum Européen des Politiques Architecturales (FEPA),

Le Cipac, Fédération des professionnels de l'art contemporain,

Les Rencontres.

En savoir plus : http://www.relais-culture-europe.org/

 

© 2010 Cipac
32, rue Yves Toudic, 75010 Paris, France
tél:01.44.79.10.85 fax:01.44.79.10.86

cipac@cipac.net


Fwd: [EXCLUSIF] DE L’ENVOYEE SPECIALE DE SCIENCES ET AVENIR A FUKUSHIMA : Les fantômes de la zone rouge - Infos - Sciences et Avenir -SFEN VdL




[EXCLUSIF] DE L'ENVOYEE SPECIALE DE SCIENCES ET AVENIR A FUKUSHIMA : Les fantômes de la zone rouge

Quatre villages toujours habités de la zone de confinement, commencent d'être évacués à cause d'une trop grande radioactivité. Pendant ce temps, à Minamisoma, à 25km de la centrale de Fukushima, où s'est rendue notre envoyée spéciale, la vie reprend son cours tout doucement. Certains habitants, qui avaient fui mi-mars, reviennent. Alors que dans la zone d'exclusion (dite « zone rouge »), abandonnée en urgence, l'opération de recherche des cadavres a commencé. Reportage.

  • Le taux de radioactivité mesuré le 8 avril 2011 par un membre de Greenpeace à Namie à environ 40 km de Fukushima  (c) Afp Le taux de radioactivité mesuré le 8 avril 2011 par un membre de Greenpeace à Namie à environ 40 km de Fukushima (c) Afp

    Mercredi 13 avril. C'est mon deuxième séjour dans la « zone de confinement » autour de la centrale nucléaire de Fukushima. Nous arrivons de nuit à Minamisoma. Un hôtel bas de gamme est ouvert. Une chance inespérée dans cette ville située à 25 kilomètres environ de la centrale accidentée. La situation n'a pas beaucoup changé depuis mon dernier passage ici, il y a une dizaine de jours.

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    Toujours cette impression de calme plat... Sur les 70 000 habitants, il n'en resterait que 20 000 selon les chiffres du maire (1). Mais étrangement, il y a davantage de circulation. Mieux, des commerces ont rouvert. On tombe parfois sur un café, un restaurant, une station-service, voire un magasin de vêtements. Chose impensable il y a encore quelques jours. Alors qu'on parle de « deuxième Tchernobyl », les habitants reviennent petit à petit chez eux, à deux pas de ces réacteurs qui effraient le monde entier depuis la catastrophe du 11 mars, ce tremblement de terre suivi d'un tsunami dévastateur puis, dans les jours suivants, de l'explosion des unités nucléaires.

    L'exil ne tient qu'un temps. « Comme tout le monde, je suis partie le 15 mars quand la centrale s'est emballée, raconte Mari, une vendeuse de 28 ans. Mais c'était compliqué de vivre chez ma sœur avec un enfant de deux ans ! J'étais à court d'argent et je ne pouvais pas travailler car personne ne pouvait garder mon fils. » Sa mère est venue la chercher et Mari travaille maintenant avec eux dans la rare supérette encore ouverte de Minamisoma.

    Tant bien que mal, la vie s'organise dans cette ville étalée du Nord-Est du Japon. La rentrée scolaire, qui aurait dû avoir lieu début avril, a été annulée et les hôpitaux sont fermés. Au milieu des stores baissés, je trouve un bar providentiel où un couple me sert un bon café à l'ancienne qu'ils « passent » eux-mêmes depuis une bouilloire en cuivre. Ici, on préfère regarder les matchs de baseball que les journaux télévisés anxiogènes.  Et ça fait du bien !  Cette cité où les habitants sont tenus de vivre calfeutrés chez eux autant que possible reste fantomatique. Les balançoires sont vides et les ados ne jouent plus au foot. Les passants sont des ombres munies d'un simple masque de papier.

    Dans la rue, des haut-parleurs diffusent les dernières nouvelles sur la radioactivité. « L'eau est potable, vous n'avez pas besoin d'acheter d'eau minérale », lance la voix nasillarde. Chacun scrute minutieusement les taux de radioactivité des communes avoisinantes publiés quotidiennement dans le journal. Et tous se rendent régulièrement dans un centre médical où des volontaires protégés par des combinaisons intégrales mesurent leur radioactivité. « Grâce à ces tests, on repère les personnes qui ont reçu des doses importantes de radioactivité, m'explique le responsable du centre. Ca permet surtout de rassurer la population. »

    Je poursuis ma route jusqu'à la « zone rouge », le périmètre d'évacuation des 20 kilomètres instauré autour de la centrale de Fukushima peu après le séisme. Des milliers de personnes ont dû quitter leur maison dans l'urgence absolue, certains sans même prendre de valise. Ici aussi, la situation a quelque peu évolué. Alors que les contrôles étaient inexistants il y a dix jours – on entrait alors facilement dans ce périmètre interdit –, un bus de policiers venus de Tokyo est posté à l'entrée sur la route principale. Les agents contrôlent chaque voiture et demandent à chacun l'objet de sa visite dans la zone rouge. Mais leur rôle est essentiellement dissuasif : la plupart des voitures obtiennent le droit de passer. « Une centaine de personnes rentrent ici chaque jour », estime un policier qui précise qu'il est interdit de sortir des objets de la zone rouge. Pour certains, revenir sur place est vital. Shinichiro vient ainsi nourrir ses chevaux dès qu'il le peut. Il a quitté sa ferme pendant deux semaines après l'évacuation, et cinq de ses chevaux n'y ont pas survécu. Ils gisent encore au milieu des écuries. D'autres viennent voir dans quel état se trouve leur maison, frappée par le séisme ou le tsunami.

    Une opération de recherche des victimes du tsunami a commencé dans la « zone rouge », jusque là inexplorée par les secouristes. Le matin, se rassemblent une vingtaine de volontaires, suite aux appels lancés par la mairie de Minamisoma. La plupart travaillaient dans des entreprises de construction et savent donc manier des pelleteuses, l'outil indispensable pour cette mission macabre. Ils sont bientôt rejoints par 300 policiers munis de pelles et de bâtons. Tous portent des combinaisons intégrales et des masques. Beaucoup sont équipés d'un dosimètre pour mesurer leur niveau de radioactivité et de lunettes couvrantes. Le temps est radieux mais le vent souffle fort. Les hommes s'engagent par groupe et en ligne dans les marécages. Un chef de ligne muni d'un haut-parleur dirige les opérations. La tâche semble impossible, mais l'équipe parvient à extraire des corps chaque jour...

    Lundi 11 avril, le porte-parole du gouvernement a annoncé qu'il allait étendre la zone d'exclusion à quatre nouveaux villages qui concentrent une très forte radioactivité. Une parcelle de Minamisoma sera en outre concernée. « Il n'y a pas beaucoup d'habitants là-bas, mais l'idée est d'empêcher les gens d'entrer dans cette zone radioactive », explique le maire de la ville. A Iitate, commune de 6200 habitants située à une quarantaine de kilomètres de la centrale, on se prépare calmement à cette nouvelle évacuation. Ce matin, une quarantaine de femmes enceintes et de jeunes enfants ont été transportés par un bus affrété par la préfecture. Les autres se préparent à partir par leurs propres moyens. « On reçoit des appels mais les gens ne paniquent pas », assure un employé de la mairie. Il pense qu'il est irréaliste d'espérer évacuer la ville en un mois comme l'annonce le gouvernement. « Les personnes âgées mettront plus de temps à partir. De même pour les fermiers et les entrepreneurs, estime-t-il. Et il faudra peut-être des années avant qu'ils puissent revenir »…

    Marie Linton (envoyée spéciale à Fukushima)
    Sciences et Avenir.fr

    13/04/2011





    samedi 16 avril 2011

    Marx Reloaded




    Marx Reloaded

    Les turbulences économiques et financières qui secouent la planète depuis trois ans n'en finissent pas de relancer la controverse entre contestataires de tout poil et adeptes du capitalisme. À Berlin, là où le Mur est tombé, entraînant dans sa chute tout le bloc communiste, un spectacle vient plutôt apporter de l'eau au moulin des premiers. Il a pour thème Marx et fait un tabac ! L'inventeur de la lutte des classes écouterait sans doute avec intérêt l'intellectuel Peter Sloterdijk souligner la pertinence de certains aspects de sa pensée, tandis que le penseur slovène Slavoj Zizek la réactualise. La pièce met aussi en scène un banquier allemand qui fait son mea culpa, un tenant du libéralisme qui critique les ingérences de l'État, une philosophe britannique en pleine analyse du Manifeste du Parti communiste, un théoricien des médias qui encense la thèse de Marx sur le "fétichisme de la marchandise"...

    Fwd: Club de BUDAPEST - Infos - Le Monde - Radioactivité, j'écris ton nom


    Objet : Club de BUDAPEST - Infos - Le Monde - Radioactivité, j'écris ton nom


    http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/04/15/radioactivite-j-ecris-ton-nom_1508243_3244.html

    Radioactivité, j'écris ton nom

    LEMONDE | 15.04.11 | 14h01  •  Mis à jour le 15.04.11 | 14h01

    Depuis le séisme survenu le 11 mars au Japon, et la catastrophe nucléaire qui s'ensuivit à Fukushima, becquerels, grays et sieverts sont devenus familiers. Sait-on pour autant ce que mesurent précisément ces unités de mesure des rayonnements ? Comment elles sont nées ? Quels physiciens leur ont donné leur nom ? Répondre à ces questions revient, en fait, à parcourir toute l'histoire de la radioactivité. L'une des rares disciplines scientifiques dont on peut exactement dater et situer l'origine.

    Le 8 novembre 1895, à Würzburg (Allemagne), alors qu'il étudie le courant électrique dans un tube de Crookes - une sorte d'ancêtre des tubes des téléviseurs -, Wilhelm Röntgen fait une découverte incroyable : un élément inconnu rend luminescent un écran de platino-cyanure de baryum placé à un mètre de distance. Wilhem Röntgen en déduit que son appareil émet des rayons invisibles et très pénétrants, qu'il nomme "rayons X" tant leur nature reste mystérieuse.

    Röntgen constate également que ces rayons impressionnent les plaques photographiques, et que l'on peut ainsi visualiser les os à l'intérieur du corps. La radiographie de la main de sa femme (connue comme "La main de Bertha") fait le tour de l'Europe, et sa découverte est publiée auprès de la société physico-chimique de Würzburg le 28 décembre 1895. Le même jour, le premier film des frères Lumière est projeté à Paris... Si bien que le profane mélangera longtemps le cinématographe et les films aux rayons X !

    Cette découverte allait quelques mois plus tard en entraîner une autre, à laquelle le hasard participa une fois de plus. Tentant de prolonger les travaux de Röntgen en utilisant la lumière solaire, le physicien français Henri Becquerel dépose sur des plaques photographiques des sels d'uranium. Mais la pluie tombe sur Paris, et le physicien range ses plaques dans un tiroir.

    Lorsqu'il les ressort quelques jours plus tard, il s'aperçoit qu'elles ont été impressionnées durant leur séjour à l'obscurité. Avec plus d'intensité encore que celles qu'il exposait habituellement au soleil ! C'est donc que le minerai émet naturellement, sans cause extérieure, des rayons "uraniques". Mais d'où provient l'énergie nécessaire à leur émission ? Ce sera le sujet de thèse de Marie Curie.

    En 1897, la jeune Polonaise a 30 ans. Elle est mariée depuis deux ans avec Pierre Curie, et leur première fille, Irène, vient tout juste de naître. La suite figure dans tous les livres d'histoire des sciences. Pierre bricole un électromètre permettant de mesurer des quantités infimes d'énergie, et le jeune couple, dans un laboratoire de fortune, travaille d'arrache-pied pour purifier les éléments radioactifs qui feront leur célébrité.

    En 1898, ils annoncent avoir isolé de la pechblende - un minerai riche en uranium - deux nouveaux éléments, beaucoup plus radioactifs que l'uranium : le polonium et le radium. Le 10 décembre 1903, les Curie et Henri Becquerel reçoivent le prix Nobel de physique pour la découverte de la radioactivité et l'étude de ses rayonnements.

    A cette date, on ne parle pas encore, ou si peu, des effets biologiques des radiations. "Ce que mesurent Pierre et Marie Curie, c'est l'activité radioactive proprement dite, c'est-à-dire le courant que produisent dans l'air les particules émises", précise Nicolas Foray, radiobiologiste à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Pour quantifier cette activité, les chercheurs ont dans un premier temps recours à deux types d'unités : le röntgen (R), peu utilisé, qui mesure la quantité d'ionisation dans l'air causée par la décroissance radioactive des noyaux atomiques ; et le curie (Ci), qui donne le nombre de particules émises par seconde.

    "En 1910, lorsque le Congrès international de radiologie demande à Marie Curie de proposer une unité de radioactivité, cela fait quatre ans que son mari est mort, renversé dans la rue Dauphine par une voiture à chevaux. En son honneur, elle suggère que cette unité soit le curie, et qu'à un Ci corresponde le nombre de particules émises par seconde par un gramme de radium", détaille M. Foray.

    L'année suivante, Marie Curie prépare une masse de 21,99 mg de chlorure de radium très pur, qu'elle dépose au Bureau international des poids et mesures (BIPM). Ce premier "étalon" de la radioactivité révèle alors ce que craignaient nombre de physiciens : le nombre de particules émises par un Ci - 37 milliards - est gigantesque ! L'emploi de cette unité devenant avec le temps de plus en plus incommode, elle sera officiellement remplacée, en 1975, par le becquerel (Bq), qui équivaut à une particule émise par seconde : 1 Ci vaut donc 37 gigaBq, et 1 Bq vaut 27 picoCi. Des conversions acrobatiques qui ne facilitent pas l'abandon du curie, employé encore en radiothérapie.

    Car les rayonnements ionisants - les manipulateurs de rayons X, à leurs dépens, s'en sont vite aperçus - ont des effets biologiques, et non des moindres... Pierre Curie l'avait vérifié dès 1906 : s'étant appliqué sciemment un tube de radium sur l'avant-bras, il constata les dégâts (rougeurs, brûlures, érythème, nécrose) et publia ses observations. En 1925 se tient à Londres le premier Congrès international de radiologie, qui reconnaît la nécessité d'évaluer et de limiter l'exposition aux radiations.

    Mais comment quantifier le nombre de particules reçues par l'organisme ? Autrement dit, comment mesurer la "dose absorbée" ? Il fallait pour cela connaître la propriété physique des particules émises par les différents éléments radioactifs. Savoir à quelle vitesse elles étaient émises. Comprendre ce qu'elles devenaient dans le corps, si toutefois elles l'atteignaient... Vaste programme ! Car la désintégration d'un atome de césium ou d'iode, on le sait maintenant, ne libère pas la même énergie ; les rayonnements émis sont de nature très différente ; et tous ne touchent pas l'organisme de la même manière.

    Ce chapitre, auquel Einstein contribue de façon majeure en défrichant le mécanisme de l'effet photoélectrique, s'écrit dans les années 1920-1930. Etape par étape, il permet de déterminer, quelles que soient la nature et l'énergie de la particule incidente, comment celle-ci pénètre et se transforme dans la matière vivante. En 1934, les premières limites de dose sont instituées.

    La dose absorbée est tout d'abord exprimée en joule par kilo (J/kg), puis en gray (Gy) - 1 Gy équivalant à l'absorption de 1 J/kg de matière. Le Britannique Louis Harold Gray, figure essentielle de la radiobiologie, est en effet l'un des premiers physiciens à s'être préoccupé des effets biologiques des rayonnements. Et, surtout, il a découvert à la fin des années 1930 que les résultats ne sont pas du tout les mêmes selon que l'on traite des malades atteints de cancer avec des rayons X ou des électrons (comme on le faisait jusqu'alors en radiothérapie) ou avec des neutrons : à même dose physique (même nombre de grays), les neutrons sont 5 à 10 fois plus efficaces pour tuer les cellules tumorales que les rayons X.

    "Vous avez un parapluie et il pleut. Pour une même quantité d'eau reçue, une grosse averse vous mouillera probablement plus qu'un petit crachin, illustre M. Foray. C'est la même chose pour les rayonnements : selon le type de particules, les effets secondaires dans l'organisme et les dégâts occasionnés sur l'ADN ne seront pas les mêmes." La dose physique n'étant pas suffisante pour prédire l'effet biologique, Gray élabore la notion d'efficacité biologique relative. Un nouveau pan de la recherche en radiobiologie commence.

    Avec lui apparaît une nouvelle unité de mesure : le sievert (Sv), du nom du physicien suédois Rolf Sievert, célèbre pour ses travaux sur les effets biologiques des radiations et pour son implication dans les commissions qui sont à la base des règles de radioprotection actuelles.

    Par rapport au gray, le sievert tient compte de deux facteurs de pondération. Le premier, qui traduit l'effet relatif du rayonnement considéré par rapport à un rayonnement de référence (celui des rayons X), permet d'apprécier son impact biologique sur un organe ou un tissu lors d'une exposition uniforme. Mais cette dose dite "équivalente", qui s'exprime en sieverts, ne permet pas de comparer les risques à long terme dus à des expositions localisées, car tous les organes n'ont pas la même sensibilité aux rayonnements.

    C'est pourquoi a été introduit un deuxième facteur de pondération, traduisant la sensibilité relative de l'organe considéré. Prescrits par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), ces deux facteurs de correction permettent, lorsque l'exposition n'est pas reçue de façon uniforme, de calculer une dose qui se rapporte "au corps entier".

    Cette dose, dite "efficace" (ou "effective"), présente l'avantage "non seulement de "traduire" toute irradiation, quelles que soient sa nature et sa localisation, par une seule et même grandeur, mais aussi, par addition, d'exprimer par un seul chiffre les risques cumulatifs dus à des expositions successives", précise l'Agence de sureté nucléaire (ASN). La valeur de la dose efficace étant généralement très petite, elle est le plus souvent exprimée en millisieverts (mSv).

    Voilà, dans les grandes lignes, comment se sont élaborées les unités de mesure actuelles de la radioactivité... Sont-elles suffisantes ? Nicolas Foray ne le pense pas. "Lorsqu'on évoque les effets biologiques des rayonnements, on considère qu'un gray reçu par quelqu'un qui est radio-résistant et par quelqu'un qui est radio-sensible, cela donnera le même effet ; or il y a des gens qui meurent de la radiothérapie, encore aujourd'hui ! Tout le monde n'est pas égal face aux radiations, mais cette variable n'est toujours pas prise en compte !", s'indigne ce radiobiologiste. L'identification, puis la prise en compte, de ce facteur individuel, qui s'appuiera notamment sur les données de la génétique, constituera selon lui l'un des enjeux majeurs de la radiobiologie de demain. "Lorsqu'on parle d'une augmentation de cancers radio-induits au-dessus d'un seuil de 100 mSv, on ne tient pas compte de ce facteur individuel, ajoute-t-il. Alors même que son existence est prouvée depuis exactement un siècle !" Et de raconter la peu banale aventure à laquelle participa, en 1911, le radiologue français Louis Bouchacourt, qui vit arriver dans son service un couple de jeunes gens voulant se faire épiler... par rayons X.

    Bouchacourt hésita, puis accepta. Pour se faire "une opinion personnelle sur cette question si discutée de l'idiosyncrasie en radiothérapie", précise-t-il dans le compte-rendu qu'il présenta, le 31 juillet 1911, devant l'Association française pour l'avancement des sciences. Le titre de cette note - "Sur la différence de sensibilité aux rayons de Röntgen de la peau des différents sujets" - dit assez la conclusion qu'il tira de cette double observation. Un siècle plus tard, le débat sur les effets individuels des faibles doses radioactives n'en reste pas moins à mener. Et l'unité de mesure correspondante à inventer.

    Catherine Vincent Illustration Sergio Aquindo

    Becquerel, gray, sievert... petit lexique sur les rayonnements ionisants


    Activité Cette grandeur, exprimée en becquerels (Bq), représente le nombre de désintégrations par seconde au sein d'une matière radioactive, qui se traduit par l'émission de radiations. Au Japon, la limite autorisée d'iode 131 dans l'eau des nourrissons est de 100 Bq/kg.

    Dose absorbée C'est la quantité d'énergie communiquée à la matière par unité de masse, exprimée en gray (Gy). Cette grandeur ne prend pas en compte l'effet biologique, qui est différent selon les types de rayonnements ionisants. Les particules alpha et bêta ont un pouvoir de pénétration très faible dans l'air - la peau peut stopper des noyaux d'hélium, une feuille d'aluminium des électrons - mais elles peuvent avoir un impact au contact des cellules en cas d'ingestion ou d'inhalation.

    Dose équivalente C'est la grandeur utilisée pour tenir compte de la différence d'effet biologique des divers rayonnements, évoquée ci-dessus. Elle est exprimée en sievert (Sv). Cette grandeur est obtenue en multipliant la dose absorbée par un facteur de pondération WR.

    Dose efficace Elle prend en compte, en plus de la dangerosité relative du rayonnement, la sensibilité de chaque tissu ou organe irradié, exprimée par un facteur de pondération WT spécifique à chacun d'eux. La dose efficace est obtenue en additionnant les contributions de chaque organe. On parle aussi de dose "corps entier". L'unité de dose efficace est là encore le sievert, ce qui peut induire de la confusion. A Fukushima, les agents soumis à des radiations, lorsque de l'eau contaminée a débordé dans leurs bottines, ont été exposés localement à une forte activité, mais la dose efficace n'était finalement pas trop élevée, dans la mesure où seuls quelques cm2 de peau avaient été exposés. D'un point de vue médical, la situation aurait été tout autre en cas d'inhalation ou d'ingestion de cette eau.

    Débit de dose Il est très important pour un travailleur ou un sauveteur de connaître le débit de dose exprimé par exemple en millisievert par heure, indiqué par un dosimètre électronique portatif. A Fukushima, un débit de dose de 400 mSv/h a été enregistré à un moment donné. En France, la limite réglementaire d'exposition pour les travailleurs sous rayonnement ionisant (industrie nucléaire, radiologie médicale...), hors radioactivité naturelle et médicale, est fixée à 20 mSv/an, et peut être portée à 100 mSv/an en cas d'urgence. Pour le public, cette limite est de 1 millième de sievert par an (1 millisievert par an, 1 mSv/an).


    Article paru dans l'édition du 16.04.11




    vendredi 15 avril 2011

    Fwd: Séminaire spécial à Tamera


    Invitation

    Séminaire spécial en français à Tamera, Portugal:

    Fondements du modèle „Biotope de guérison"

    du 21.6.2011 au 26.6.2011 

    Cette année, pour la première fois, nous allons tenir un séminaire pour les francophones intéressés par les fondements du modèle „Biotope de guérison" de Tameraen construction et développement depuis une bonne quinzaine d'années.

    Les thèmes abordés au cours du séminaire:

    - Le plan des biotopes de guérison
    - L'idée du „modèle", pourquoi la situation mondiale demande des modèles concrets

    - Le cromlech de Tamera et la vision de l'utopie préhistorique
    - Communauté et spiritualité
    - Amour et sexualité libre dans le cadre du modèle
    - Le paysage aquatique et la permaculture dans le modèle
    - Le champ d'expérimentation/ la technologie solaire
    - Le travail politique et le réseau global


    Coordination:         Patrick Rudolph et une équipe de Tamera
    Coût:                      € 300,- séminaire de 6 jours, hébergement et restauration inclus
    Alimentation:         3 repas végétaliens par jour 
    Logement:             dans une tente communautaire ou un dortoir communautaire

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    Fwd: documentaires intéressants à voir pr préparer notre UI pol et éco intégrales



    Début du message réexpédié :

    De : Bénédicte FUMEY <bfumey@gmail.com>


    Chers tous,
     
    Je viens de terminer ce documentaire sur arte que je vous recommande vivement « marx reloaded »
    Il est exactement dans le cœur de notre sujet « eco et politique intégrale » ; très bonnes idées débattues de tout bord pour dénoncer les failles du capitalisme mais aussi les erreurs de la mise en pratique du communisme, ainsi que les fondamentaux réels du marxisme
    Une 3eme voie est aussi débattue à la fin comme alternative souhaitable et nécessaire
    Documentaire visible encore qq jours sur arte +7

    Marx Reloaded arte  downlaod OK (52')

    Les turbulences économiques et financières qui secouent la planète depuis trois ans n'en finissent pas de relancer la controverse entre contestataires de tout poil et adeptes du capitalisme. À Berlin, là où le Mur est tombé, entraînant dans sa chute tout le bloc communiste, un spectacle vient plutôt apporter de l'eau au moulin des premiers. Il a pour thème Marx et fait un tabac ! L'inventeur de la lutte des classes écouterait sans doute avec intérêt l'intellectuel Peter Sloterdijk souligner la pertinence de certains aspects de sa pensée, tandis que le penseur slovène Slavoj Zizek la réactualise. La pièce met aussi en scène un banquier allemand qui fait son mea culpa, un tenant du libéralisme qui critique les ingérences de l'État, une philosophe britannique en pleine analyse du Manifeste du Parti communiste, un théoricien des médias qui encense la thèse de Marx sur le "fétichisme de la marchandise"...

     
     
    Nb : j'en profite pr qui cela intéresse aussi de vous signaler celui-ci
    Je l'ai aussi regardé : pas mal, amusant de voir un artiste mettre en » musique » la cacophonie de wall street … à vous de découvrir
    Idem, la critique du capitalisme y est faite sous un genre nouveau.
     

    Le compositeur italien Fabio Cifariello Ciardi s'est branché sur le système informatique de la première bourse mondiale électronique, le Nasdaq, et en a tiré une étonnante installation numérique. Son oeuvre met l'auditeur en prise directe avec la dynamique de la bourse. Un clic, et le Nasdaq chante, tandis que Ciardi décrypte cette mélopée boursière...

     
     
    Bonne journée               
     
     


    mardi 12 avril 2011

    Fwd: L’équation climat-énergie après Fukushima - Infos - terra-economica.info - SFEN VdL




     
    Chronique - La catastrophe nucléaire de Fukushima repose la question de la place du nucléaire dans les politiques énergétiques du monde entier. Elle va sérieusement compliquer la résolution de l'équation climat-énergie, qui ressemblait déjà à la quadrature du cercle. Elle pourrait cependant contribuer à un sursaut nécessaire aujourd'hui à une humanité qui fonce tous feux éteints vers l'abîme. A la condition qu'elle soit intégrée dans une vision globale de notre rapport au monde.
      La nécessaire refonte de l'organisation énergétique européenne et française

    Nous ne savons pas encore l'ampleur de la catastrophe de Fukushima, qui semble d'ores et déjà plus grave que celle de Three Miles Island. Mais le simple fait que ces installations se situent dans un pays de très haute niveau de technicité et qui avait une conscience claire et documentée du risque sismique (en rappelant que ce tremblement de terre n'est pas le big one) décrédibilise durablement le secteur dans son ensemble.

    Cette perte de crédibilité va rendre inaudible un argument de bon sens : cet accident est lié à la sismicité de la zone et les réacteurs de Fukushima étaient anciens. Mais alors, soit les autorités le savaient et ont laissé faire, soit elles n'en avaient pas une claire conscience. Dans les deux cas qui nous dit qu'un risque de même ampleur (pas nécessairement lié à un séisme) ne nous est pas occulté sciemment ou inconsciemment ? Ce doute va d'autant plus s'installer que la transparence de l'industrie nucléaire est, à tort ou à raison, loin d'être considérée comme sa première qualité. La science et la technique ayant déjà été fort mises à mal par la vache folle, l'apparent excès de précaution dans la crise du H1N1, le débat avec les climato-sceptiques…, la parole de l'expert est de plus en plus contestée. Il y a fort à parier que la perte de crédibilité va être telle que les arguments rationnels ne porteront pas.

    Très concrètement, la question de la gouvernance du nucléaire est également posée avec acuité. Quel dispositif peut donner confiance ? Un exploitant privé ne peut-il pas être toujours soupçonné de sous-investir en sécurité et maintenance, comme Tepco l'a semble-t-il fait ? L'autorité de sûreté a-t-elle toujours assez de poids pour contraindre à des arrêts et éventuellement des investissements lourds quand nécessaire ? Comment organiser les liens entre les opérateurs et le gouvernement en période de difficultés ? Dès lors la question centrale de la libéralisation du marché de l'énergie tous azimuts en Europe va être reposée. C'est d'ailleurs une bonne chose, tant l'idéologie néo-libérale qui domine dans les politiques énergétiques [1] est à l'origine d'un « monstre » (l'organisation énergétique en France ) qu'il est nécessaire et urgent de remettre en cause.

    Le ralentissement du nucléaire

    La première conséquence concrète de Fukushima devrait être l'arrêt des programmes « low-cost et sécurité non maximale [2] ». Et, espérons-le, l'arrêt des tranches existantes insuffisamment sécurisées. Mais il n'est pas impossible qu'on assiste à un gel du nucléaire – au sens d'arrêt des projets de nouvelles centrales - la seule question étant de savoir dans quelles régions du monde il n'aura pas lieu.

    Ce gel va se faire pour des raisons d'acceptabilité sociale liée à cette perte de crédit, mais aussi pour des raisons de rentabilité financière et de coûts. Les conséquences économiques de l'accident de Fukushima ne seront pas faciles à évaluer dans un contexte aussi complexe : les impacts cumulés du tsunami, du tremblement de terre et de cet accident vont avoir un effet sur le PIB japonais ; l'économie japonaise est probablement amenée à souffrir pendant des mois. Difficiles à évaluer, elles n'en sont pas moins considérables. Les assureurs, les réassureurs et certainement l'Etat japonais vont avoir une très grosse facture à régler.

    Qui va prendre la décision dans les comités d'engagement des banques et au sein des gouvernements de lancer une nouvelle centrale, du fait de cette évidence d'un risque potentiel élevé au plan humain et économique ?

    Comment enfin ne pas faire augmenter la facture des nouveaux réacteurs (et plus généralement de toutes les opérations du cycle) pour augmenter encore les assurances de sécurité ? Dès lors, la compétitivité du nucléaire va baisser fortement. Pile au moment où les yeux sont rivés vers la baisse du prix du gaz aux USA, du fait de gisements de gaz non conventionnels (GNC) et même si l'ampleur des réserves de GNC est un objet de controverse et si ce nouvel eldorado n'est encore que très hypothétique.

    Pour les parcs installés, notamment en France, le cœur du débat - et il est probable que ce sera l'un des enjeux de la présidentielle - va porter sur l'alternative « démantèlement ou prolongement [3] ». L'option du renouvellement intégral du parc qui dominait jusque-là va certainement être réexaminée, même si les enjeux sont considérables : 1 tranche de 900 MW fournit l'électricité à 550 000 logements chauffés à l'électricité ou 2 100 000 logements chauffés autrement. Et remplacer, toutes choses égales par ailleurs, une centrale nucléaire par des éoliennes (à compléter aujourd'hui par des CCG (centrales à cycle combiné gaz) pour faire face aux creux de vent) c'est investir 5 milliards d'euros [4].

    Ouvrir les yeux

    Même si le problème ne se pose évidemment pas de la même manière dans tous les pays (la part du nucléaire varie de 0 à environ 75% - en France - dans la production électrique), il est plus que probable que Fukushima va conduire à la réduction de la part relative du nucléaire dans le mix énergétique mondial (qui représente environ 14% de la production électrique mondiale ).

    Nous allons donc nous trouver devant un choix radical.

    1 - Poursuivre sur notre lancée, et remplacer le nucléaire manquant au rendez-vous par du charbon et du gaz (conventionnel ou non), qui sont aujourd'hui encore les sources de production électrique les moins coûteuses. La conséquence de cette option est claire : c'est l'aggravation de la dérive climatique car cette substitution conduit à plus d'émissions de CO2.

    Si l'on remplaçait la production nucléaire actuelle par un mix gaz/charbon, on augmenterait, toutes choses égales par ailleurs, les émissions de CO2 de une à deux GTCO2 (milliards de tonnes de CO2 [5]). Comme nous envisageons bravement de continuer à faire croître notre production électrique, le faire par le recours aux fossiles dans un scénario « tendanciel » c'est augmenter la facture climatique d'un montant de l'ordre de 10 GT CO2 ; alors qu'il s'agit de viser sa réduction de plus de la moitié à cet horizon (passer de 50 GTCO2 qui est le montant actuel des émissions à 20 environ en 2050)….

    2 - Nous ressaisir et nous mobiliser pour changer de route et remplacer le nucléaire manquant au rendez-vous par une réduction accrue de notre consommation d'énergie (qu'il faut de toutes façons réduire, avec ou sans la réduction du nucléaire envisagée) et par du renouvelable.

    Il est d'abord impératif de réduire notre consommation d'énergie (et bien sûr pas que pour l'électricité). D'abord par la sobriété. Au-delà d'un certain niveau (nécessaire pour les besoins de base et un minimum de confort) l'accès à la puissance, de la consommation d'énergie du gaspillage (conscient ou pas) ne font pas le bonheur. Nous le savons. En revanche ils font de l'activité économique et de l'emploi. Ils mobilisent les équipes marketing qui nous abreuvent de publicité et stimulent nos désirs en permanence. Nous allons devoir nous désintoxiquer et ce ne sera pas facile.

    Nous allons devoir également investir lourdement : l'isolation des logements coûte en ordre de grandeur 30 000 euros pour 100 m2. La rénovation accélérée de 30 millions de logements est un investissement considérable, à réaliser rapidement [6]. Et sa rentabilité pour le ménage n'est pas évidente, au prix actuel de l' énergie. Il va falloir améliorer notre efficacité énergétique dans tous les secteurs.

    De nombreux espoirs sont fondés sur les renouvelables, qui font l'objet d'investissements et d'aides publiques importants. Pour l'électricité, leur contribution mondiale est aujourd'hui de l'ordre de 3% hors hydraulique qui en représente environ 15%. L'éolien et le solaire (photovoltaïque ou thermodynamique à concentration) ont produit 250 TWH (soit 1,5% de la production mondiale) mais ont cru très fortement (30% par an dans les 10 dernières années). Toute la question est donc celle du rythme de la croissance future. Sur 20 ans un taux de 10% par an fait passer les 250 à 1 700 TWH ; à 20 % on atteint en 2030 près de 10 000 TWH. Les autres renouvelables (grand hydraulique dans les pays émergents, biomasse si cela ne se fait pas au détriment de la forêt ou de l'alimentation) peuvent croître aussi plus ou moins vite.

    La vitesse de pénétration effective des renouvelables dépend de nombreux facteurs : la poursuite des efforts publics de soutiens aux filières, la date d'arrivée de la « parité réseau » [7] pour le solaire, la disponibilité des matériaux nécessaires en quantité suffisante et à un prix acceptable, une capacité de production de ses énergies dans des pays à faible intensité carbone de l'énergie [8], la résolution des problèmes posés par la variabilité ou l'intermittence de ces énergies [9], l'acceptation par le public des nuisances ressenties (en France par exemple les éoliennes passent assez mal [10]) et, bien sûr, la vitesse de la mise en place d'un coût au carbone suffisant. [11]

    Un appel au sursaut

    Le sursaut est un immense défi. Son enjeu est vital. Il s'agit de cesser d'entretenir ce monde de crises et de violences dont l'intensité est « programmée » pour créer un monde plus humain.

    Ce ne sera pas facile.

    Nous allons devoir accepter une contrainte que nous refusons [12] : payer notre énergie de plus en plus cher. A la fois pour nous inciter à réduire notre consommation et éviter l'effet rebond [13], à la fois parce que le passage à un nouveau mode de production / consommation plus sobre et moins carboné nécessite de mettre un prix au carbone, et parce qu'il va falloir investir considérablement (dans les nouvelles énergies, et dans les dispositifs de réduction d'énergie).

    Elle va aussi nous obliger à consacrer une part plus importante de nos revenus à l'investissement et une moindre à la consommation. Impossible bien sûr sans une politique sociale adaptée, mais même dans cette hypothèse, pas du tout facile.

    Elle va aussi nous contraindre à accélérer la mutation de notre économie vers des activités moins consommatrices de ressources et d'énergie. Ce qui ne se fera pas sans résistances et sans remises en cause fortes : des emplois vont disparaître dans les secteurs « consuméristes » dans la production et la distribution d'énergie fossile, les emplois à créer sont dans la réparation, le recyclage, la maintenance, le bâtiment, l'agriculture… secteurs dont il n'est pas certain qu'ils attirent spontanément les jeunes !

    Souhaitons que la puissance des chocs provoqués par Fukushima et par la crise au Moyen-Orient soit suffisante pour nous ouvrir les yeux et nous faire accepter ce défi sans précédent, voire pour nous en donner envie !

    - Pour poursuivre le débat, rendez-vous sur notre-energie.org, une initiative citoyenne lancée par Terra eco

    [1] Il va falloir d'ailleurs remettre en cause cette idéologie et les dispositifs qu'elle a secrétés également dans le domaine des transports… et bien sûr dans le domaine monétaire !

    [2] L'appel d'offres d'une centrale nucléaire à Abu dhabi avait été perdu par l'industrie nucléaire contre l'entreprise sud-coréenne Kepco proposant une solution moins sécurisée et moins chère.

    [3] Les centrales sont prolongées par tranche de 10 ans jusqu'à 40 ans. En 2018, Fessenheim, la plus ancienne, aura 30 ans ; la décision de la prolonger ou non jusqu'en 2028 sera prise prochainement (la visite décennale ayant eu lieu). Mais la mise en place de substituts aux centrales nucléaires et/ou de plans lourds de réduction de la demande d'énergie prend plusieurs années.

    [4] Il faut en effet pour remplacer une tranche de 900 MW, environ 1 800 éoliennes de 2,5 MW et 2 CCG de 400 MW pour faire face à l'intermittence

    [5] La production mondiale d'électricité est de 20 000 TWH et elle émet 12 GTCO2 (milliards de tonne de CO2) ; soit environ 600 grammes de CO2 par kwh. Le nucléaire c'est environ 2 800 TWH, qui émettent environ 56 MTCO2 (millions de tonnes de CO2), soit 20 grammes par kwh. Passer à la technologie la moins émettrice (le cycle combiné gaz) ce serait passer à environ 400 grammes par kwh, soit 1 GTCO2. Le charbon c'est le double.

    [6] Si l'on voulait rénover le parc en 30 ans il faudrait investir chaque année au moins 30 milliards sans compter les coûts de formation et de déploiement de la filière

    [7] Le solaire photovoltaïque est encore en France 5 fois plus couteux que le charbon ou le gaz (25 à 30 centimes le kwh contre 5 à 6). L'EPIA voit arriver la parité réseau en Europe entre maintenant (pour l'Italie) et 2030 pour les pays nordiques

    [8] Fabriquer des panneaux photovoltaïques avec de l'électricité faite au charbon, n'a aucun sens au plan climatique.

    [9] Les gestionnaires de réseau ont fait d'énormes progrès mais la question du stockage de l'électricité n'est pas encore résolue

    [10] Les nanotechnologies envisagées dans les filières au meilleur rendement font l'objet d'une grande méfiance de la part du public

    [11] Ce qui veut dire une taxe carbone, sous une forme ou sous une autre, dont le niveau doit s'élèver rapidement à 100 euros la tonne de CO2

    [12] Du débat à la taxe carbone, à la récente déclaration du ministre de l'énergie suite à la déclaration d'EDF sur le prix de l'électricité, tout montre que les gouvernements n'arrivent pas à faire accepter aux citoyens ce qui est pourtant une absolue nécessité.

    [13] L'effet rebond est bien connu et bien observé : une baisse de la consommation unitaire d'un bien ne s'accompagne pas de la baisse totale des consommations. Pour les maisons c'est le fait qu'une maison mieux isolée permet de se chauffer plus à budget énergétique constant. C'est le fait que les économies d'énergie faites grâce à un appareil libèrent un pouvoir d'achat qui permet d'acheter un autre appareil




    Fwd: Berlin planche concrètement sur une sortie accélérée du nucléaire - Infos - GNY / AFP -SFEN VdL





    Berlin planche concrètement sur une sortie accélérée du nucléaire

    BERLIN — L'Allemagne veut accélérer la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables, notamment en favorisant la planification de parcs éoliens et la construction de lignes à haute tension, selon un document obtenu lundi par l'AFP.

    Ce document, élaboré conjointement par les ministères de l'Environnement et de l'Economie, expose un "plan en six points pour un tournant de la politique énergétique".

    Après le tremblement de terre qui a touché le Japon et la catastrophe de Fukushima, "la question de l'utilisation future de l'énergie nucléaire est ré-évaluée", selon ce texte, qui confirme ce que beaucoup soupçonnent déjà en Allemagne. "Nous allons sortir plus rapidement de l'énergie nucléaire" que prévu, écrivent les auteurs du document.

    Les réacteurs allemands, qui produisent environ un tiers de l'électricité du pays, devaient initialement fermer d'ici 2020 mais le gouvernement d'Angela Merkel leur avait accordé à l'automne dernier un sursis de 12 ans.

    Berlin change son fusil d'épaule et veut maintenant "passer rapidement à l'âge des énergies renouvelables", selon le plan des deux ministères.

    A cette fin, tout sera mis en oeuvre pour soutenir les énergies propres, en particulier l'éolien, par exemple en "écartant les obstacles administratifs à de nouveaux parc éoliens", en facilitant les processus d'approbation de remplacement des vieilles éoliennes (repowering), par un soutien financier plus intensif des projets d'éolien en mer dans les premières années, ou encore au moyen d'une loi facilitant la construction de nouvelles lignes électriques.

    La banque publique KfW doit aussi lancer dès le printemps un programme de crédits accordés aux projets en mer, doté de 5 milliards d'euros.

    Berlin veut également augmenter les incitations aux économies d'énergie, et doter par exemple un fonds du climat et de l'énergie, déjà créé, d'un milliard d'euros supplémentaire en 2012, selon le texte. Certains avantages fiscaux pour les gros consommateurs d'énergie, industriels par exemple, doivent être conditionnés à l'atteinte d'objectifs d'efficacité énergétique.

    Ce document doit être présenté vendredi aux chefs de gouvernement des Etats régionaux allemands. D'ici début juin, Berlin veut convenir d'une ligne de conduite sur le nucléaire, qui doit être adoptée en conseil des ministres le 7 ou le 15 juin.

    Entre temps, fin mai, un comité d'éthique comprenant des représentants de la vie civile, des Eglises, des scientifiques, doit rendre un avis sur la question. Il a été mis en place par le gouvernement après que la chancelière Angela Merkel a annoncé le 15 mars la fermeture abrupte des sept réacteurs les plus anciens du pays.

    Cette fermeture a été décidée pour trois mois mais ces réacteurs pourraient bien ne jamais reprendre du service, dans un pays dont 60% des citoyens se disent favorables à une sortie "le plus rapidement possible" de cette technologie, selon un sondage récent. Et où la confédération des groupes énergétiques allemands (BDEW) soutient désormais un abandon de l'énergie nucléaire d'ici 2020.




    Investir dans un monde plus juste et écologique - Vendredi 15 avril 2011 de 14h à 18h

    Pour prolonger la réflexion du numéro 40 de LaRevueDurable sur le thème « Investir dans un monde plus juste et plus beau », le député Yves Cochet, LaRevueDurable et Les Amis de la Terre vous invitent à une après-midi d'informations, de discussions et de propositions sur la finance et l'écologie.

    Avec la participation d'Yves Cochet (Europe Ecologie - Les Verts), Yann Louvel (BankTrack et Les Amis de la Terre), Thomas Coutrot (Attac), Pascal Canfin (Europe Ecologie - Les Verts) et des représentants de la société financière La Nef et des associations Miramap, Terre de liens et Energie partagée.

    Vendredi 15 avril 2011, de 14h à 18h, salle Victor Hugo, Immeuble Jacques Chaban Delmas, 101 rue de l'Université, Paris, VIIe.
    Métro : Invalides ou Assemblée nationale.

    Programme complet

    Attention : L'entrée est libre et gratuite mais une inscription est obligatoire auprès de :
    sylvia.generoso(AT)larevuedurable.com


    Témoignage d'une française qui vit au Japon


     
     
     

    Témoignage d'une française qui vit au Japon

    «La vie ces jours-ci a Sendai  est plutôt surréaliste... Mais j'ai la chance d'être entourée d'amis qui m'aident énormément. J'ai d'ailleurs pris refuge chez eux puisque ma bicoque délabrée est maintenant totalement digne de ce nom. Nous partageons tout : eau, aliments, ainsi qu'un chauffage d'appoint au fuel.
    La nuit, nous dormons tous dans une seule pièce,  nous dinons "aux chandelles", nous partageons nos histoires. C'est très beau, très chaleureux. Le jour, nous essayons de nettoyer la boue et les débris de nos maisons. Les gens font la queue pour s'approvisionner dès qu'un point d'eau est ouvert, ou ils restent dans leur voiture, à regarder les infos sur leur GPS. Quand l'eau est rétablie chez un particulier, il met une pancarte devant chez lui pour que les autres puissent en profiter.
    Ce qui est époustouflant, c'est qu'il n'y a ni bousculade, ni pillage ici, même si les gens laissent leur porte d'entrée grande ouverte, comme il est recommandé de le faire lors d'un séisme.
    Partout l'on entend: "Oh, c'est comme dans le bon vieux temps, quand tout le monde s'entraidait! "
    Les tremblements de terre continuent: La nuit dernière, nous en avons eu tous les quarts d'heure.
    Le hurlement des sirènes était incessant, ainsi que le vrombissement des hélicoptères au dessus de nous. Hier soir, l'eau a été rétablie pendant quelques heures, et aujourd'hui pendant la moitié de la journée. Nous avons aussi eu droit à un peu de courant cet après-midi.
    Mais pas encore de gaz. Les améliorations dépendent des quartiers. Certains ont de l'eau, mais pas d'électricité et d'autres le contraire. Personne ne s'est lavé depuis des jours. Nous sommes crasseux, mais c'est de peu d'importance.
    J'aime ce sentiment nouveau, cette disparition, desquamation du superflu, de tout ce qui n'est pas essentiel. Vivre pleinement  intuitivement, instinctivement, chaleureusement et survivre, non pas en tant qu'individu, mais en tant que communauté entière...
    Des univers différents se côtoient étrangement :
    Ici, des demeures dévastées, mais là, une maison intacte avec ses futons et sa lessive au soleil!
    Ici, des gens font interminablement la queue pour de l'eau et des provisions, alors que d'autres promènent leur chien.
    Puis aussi quelques touches de grande beauté : d'abord, la nuit silencieuse. Pas de bruit de voiture. Personne dans les rues. Mais un ciel étincelant d'étoiles.  D'habitude je n'en distingue qu'une ou deux...
    Les montagnes autour de Sendai se détachent en ombre chinoise, magnifiques dans l'air frais de la nuit. Les Japonais sont eux-mêmes magnifiques : chaque jour, je passe chez moi, comme en ce moment même où je profite du rétablissement de l'électricité pour vous envoyer ce courriel, et chaque jour, je trouve de nouvelles provisions et de l'eau sur le seuil ! Qui les a déposées ? Je n'en ai pas la moindre idée !
    Des hommes âgés en chapeau vert passent de maison en maison pour vérifier que chacun va bien. 
    Tout le monde vous demande si vous avez besoin d'aide. Nulle part je ne vois de signe de peur. De résignation, oui. Mais ni peur ni panique! On nous annonce cependant des répliques sismiques, voire même d'autres séismes majeurs dans les prochains mois. En effet, le sol tremble, roule, gronde. J'ai la chance d'habiter un quartier de Sendai qui est en hauteur, un peu plus solide,et jusqu'à présent nous avons été relativement épargnés.
    Hier soir, autre bienfait : le mari d'une amie m'apporte de la campagne des provisions et de l'eau.
    Je viens de comprendre à travers cette expérience, qu'une étape cosmique est en train d'être franchie partout dans le monde. Et mon coeur s'ouvre de plus en plus.
    Mon frère m'a demandé si je me sentais petite et insignifiante par rapport à ce qui vient d'arriver.
    Eh bien non ! Au lieu de cela, je sens que je fais partie de quelque chose de bien plus grand que moi. Cette "re-naissance" mondiale est dure, et pourtant magnifique ! »