mardi 18 janvier 2011

Fwd: Initier ensemble les mutations intelligentes



Planète du 3e Millénaire
Initier ensemble les mutations intelligentes

http://www.planetedutroisiememillenaire.com/index.htm

vous invite à son premier forum

« Dessine moi une planète ! »
Les entreprises créatrices du futur

Jeudi 10 février 2011 – 8H30-18H30
Institut des Métiers de COFELY - NANTERRE

The Integral UK Symposium


http://integral-uk-symposium.wholelifewholeworld.com/


Welcome to The Integral UK Symposium and Movement

Welcome to The Integral UK Symposium and Movement.  In this endeavour, we invite you to join with us in seeking to develop an integral culture and integral understanding in The UK, and, if you wish to be more deeply involved, join with us in establishing an Integral UK Symposium to help drive the UK Integral movement forward.

The Beginnings Behind and Reasons For An Integral Symposium in The UK

To help you get a better feel for what Integral Theory and Practice can do both for you, and for The UK, we are making this website audio rich with content, discussion and explanation.
In this first audio discussion, Gary Hawke explains his reasoning for creating an Integral UK Symposium, and his thoughts around that.

Open Money et Intelligence Collective - mardi 18 janvier 2011

http://www.meetup.com/WiserTuesdays-laRuche/calendar/15749447/

Mardi de 4D, 18 janvier 2011

Mardi de 4D, 18 janvier 2011

Coup d'envoi pour le prochain Sommet de la Terre qui aura lieu à Rio en 2012

Avec

Aurélie Trouvé, Co-présidente d'Attac France

Bettina Laville, Avocat, Associée Landwell & Associés, Paris/ Fondatrice et Présidente d'honneur du Comité 21

Denis Baupin, Adjoint au maire de Paris, chargé du développement durable, de l'environnement et du plan climat

Pierre Radanne, Président de 4D

Animation : Vaia Tuuhia, Association 4D

Résumé

Le prochain Sommet de la Terre aura lieu en 2012, à Rio de Janeiro, au Brésil. Echéance lointaine et proche en même temps. Des calendriers nationaux déjà bien remplis mais qui devront incontestablement interroger au-delà de l’hexagone. Des enjeux internationaux dont la substance doit être pensée à la plus petite échelle. Etape importante dans les agendas des états, la conférence Rio+20 représente aussi pour chacun d’entre nous un rendez-vous à prendre.

En 1992, la Déclaration de Rio avait donné le coup d'envoi à un programme ambitieux mais mis à mal depuis. La société civile a insufflé l’esprit de Rio il y a 20 ans. Elle demeure active et porte des projets de société. A Rio il s’agira de tester notre capacité collective à construire une vision du monde, de constituer un pas de plus vers une nouvelle voie de développement, vers la création d’un nouvel imaginaire collectif, vers plus de solidarité et d’équité.Les rythmes démographiques, les ressources limitées, le système d’échanges globalisé imposent leurs propres limites et peuvent être les catalyseurs de la transition. Cependant pour être acceptée, celle-ci doit être signe de progrès. Le développement durable représente cette volonté où se conjuguent trois objectifs : celui du développement économique, de l’amélioration des conditions sociales pour tous les peuples et la pérennité des conditions de vie sur terre. Nous sommes aujourd’hui confrontés à de grands bouleversements. Cette prise de conscience est encore partielle, et à ces défis globaux une réponse locale est nécessaire ; elle est souvent le premier pas vers une adhésion plus grande.

La sortie des crises vers une vision positive du monde est encore plus nécessaire dans le contexte de crises économiques, financières, écologiques et sociales. La Conférence Rio+20, inscrite dans une tradition des conférences onusienne de transparence, demeure l’arène internationale la plus favorable pour répondre à hauteur des enjeux de l’humanité. La conférence a deux thèmes officiels : (1) l’économie verte dans le cadre de l’éradication de la pauvreté et du développement durable et (2) le cadre institutionnel du développement durable. Il est évident qu’il faut aller plus loin que le cadre institutionnel et notamment dépasser le blocage posé par une bulle verte.

Ainsi, comment affirmer un nouveau projet de développement pour tous ? Dans quelle mesure le développement durable est-elle une voix pertinente de sortie de la crise ? Quel rôle pour la société civile dans le cadre de sommets internationaux ?

Presque 20 ans après cette marque historique du Sommet de la Terre, le contexte géopolitique a beaucoup changé. Que peut-on attendre de Rio+20 ? Comment affirmer un nouveau projet de développement pour tous ? Quel rôle pour la société civile à Rio ? Après Rio lorsqu’il s’agira de suivre les engagements ?

Informations complémentaires

Pour toute information complémentaire n’hésitez pas à consulter le site Internet de l’association : http://www.association4d.org

ou à nous joindre par mail info[a]association4d.org

ou par téléphone : 01.44.64.74.94.

Venez débattre des enjeux de la Conférence Rio+20, le 18 janvier 2011 !

Date et lieu

Mardi 18 janvier 2011

17h30 à la Salle des Mariages de la Mairie du 10ème arrondissement

72, rue du Fbg. Saint-Martin, 75 010 Paris. M° Gare de l’Est

Inscription

Entrée libre et gratuite Merci de confirmer par mail: adebouci[a]association4d.org

lundi 17 janvier 2011

Deleuze et la musique 18-19 janvier 2011

Analyser la musique avec Gilles Deleuze

Mardi 18 janvier 11
09h30

INHA, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
Coordination : Jean-Paul Olive

Cette journée interroge l'implication de la pensée de Deleuze dans le domaine de l'analyse musicale. Il s'agit d'éprouver les concepts face aux éléments techniques du tissu musical : partir de la musique pour retrouver le philosophe.

. 9h30 : Accueil

. 10h : Petites différences et sens des processus musicaux
François Decarsin

. 10h45 : Production compositionnelle : concepts à l'oeuvre dans Ritornelo
Sylvio Ferraz

. 11h30 : La constitution du musical ; temps et substrat dans les concepts analytiques
Jean-Marc Chouvel

. 14h30 : Deleuze et les opéras de Berg : commentaires d'une intuition
Jean-Paul Olive

. 15h15 : Flux, énergie, coupure
Makis Solomos

. 16h15 : Deleuze, Guattari, Aperghis : chemins multiples, évolutions aparallèles
Evan Rothstein

. 17h : L'esprit des dunes de Tristan Murail
Carole Gubernikoff

. 18h : Concepts et matières musicales
Table ronde

Ponctuations musicales
Georges Aperghis, François Rossé, Luciano Berio
Nadine Gabard, Jean-Yves Ravoux, Isabelle Radigon, voix (Cie Éclats)

Institut national de l'histoire des arts (INHA)
Salle Vasari
2 rue Vivienne
75002 Paris
Métro 3, Bourse – 1 ou 7, Palais Royal

Sens et sensibles : d'une logique à l'autre

Mercredi 19 janvier 11
09h30

INHA, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
Coordination : Antonia Soulez

Cette journée ouvre le spectre de différents accès à l’écriture conceptuelle du philosophe, suscitée par la musique et son rapport au temps. Partant de quelques philosophies pour lesquelles la musique agit sur le philosophe, nous entendons exhumer les logiques selon lesquelles cette action se « schématise » dans le devenir-jeu de la philosophie.

. 9h30 : Accueil

. 10h : De l´immanence musicale chez Deleuze et Wittgenstein
Jean-Pierre Caron

. 10h45 : Quel diagramme pour la musique ?
Noëlle Batt

. 11h30 : Musiques de l’oubli : Daniel Charles en dialogue avec Gilles Deleuze
Carmen Pardo

. 14h30 : Rendre sonore les forces inaudibles du temps : Deleuze à l'écoute de Pierre Boulez
Vladimir Safatle

. 15h15 : Autre notation, autre pensée
Patrice Loraux

. 16h15 : Construction des concepts, chez Deleuze et Wittgenstein
Antonia Soulez

. 17h30 : Table ronde

Ponctuations musicales
John Cage
Nadine Gabard, mezzo soprano (Cie Éclats)

Institut national de l’histoire des arts (INHA)
Salle Vasari
2 rue Vivienne
75002 Paris
Métro 3, Bourse – 1 ou 7, Palais Royal

vendredi 14 janvier 2011

Repenser le développement : la société civile s’engage, 20-22 janvier 2011

Forum des associations 01-2011, « Repenser le développement : la société civile s’engage »


Le Forum des associations « Repenser le développement : la société civile s’engage » se tiendra du 20 au 22 janvier 2011 à la Cité internationale universitaire de Paris.

L’objectif de ce Forum est de rassembler le plus largement possible les acteurs associatifs qui œuvrent à des titres divers à co-construire un autre modèle de développement et de société. L’une des voies privilégiées de cette démarche passe par un décloisonnement entre le milieu scientifique et les autres acteurs de la société civile, afin notamment d’interroger toutes les formes de production de la connaissance pour l’action.

Trois journées de réflexion, de débat et d’échanges dans une ambiance conviviale… Le Forum des associations allie au format du colloque un espace d’animation dans lequel les participants pourront présenter de diverses manières leurs projets, leurs positions et leurs objectifs.

Pour participer à un évènement fédérateur de la société civile portant sur des thématiques clefs, rendez-vous au Forum des associations.


Fwd: Asie - Occident, vers l'émergence d'une nouvelle conscience fractale ?


Objet : Asie - Occident, vers l'émergence d'une nouvelle conscience fractale ?

Asie - Occident, vers l'émergence d'une nouvelle conscience fractale ?


Conférence Bruno Marion à Auroville, Inde

Posted: 13 Jan 2011 05:33 PM PST

Venez assister à la conférence :

Comment être acteur du changement dans un monde en chaos ?

Le mardi 18 janvier à Townhall, Auroville, Inde à 17 heures
Entrée gratuite
(en anglais, traduit en français)

jeudi 13 janvier 2011

Fwd: : "La mondialisation a fait disparaître le social. On l'a remplacé par l'humanitaire"

Alain Touraine, sociologue : "La mondialisation a fait disparaître le social. On l'a remplacé par l'humanitaire"
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LE MONDE BOUGE
 - Qui arrêtera la finance, cette machine folle qui détruit nos sociétés occidentales ? Pour le philosophe, il appartient à chacun de se révolter pour sauver la démocratie.

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Photo : H.Triay
SUR LE MEME THEME

Depuis près d'un demi-siècle, il est un des penseurs majeurs des mouvements sociaux. Deux ans avant Mai 68 (La Conscience ouvrière), il analysait les capacités d'action de ce qu'on pouvait encore appeler la classe ouvrière. Puis il s'est penché sur le mouvement antinucléaire, la démocratisation en Amérique latine, la Pologne communiste avec Solidarnosc... Aujourd'hui, écrit Alain Touraine, la mondialisation et l'empire de la finance ont détruit la société occidentale. D'où le « silence des victimes » devant le « gangstérisme financier ». Peut-on espérer l'émergence de nouvelles forces pour lui résister ?

 

Quel peut être l'apport d'un sociologue à l'analyse d'une crise largement étudiée par les économistes ?

Ils l'ont étudiée, mais ils ne l'avaient pas prévue, à deux ou trois exceptions près ! Avant 2007, de grands personnages de la pensée libérale américaine, comme le Prix Nobel Robert Lucas, évoquaient même la crise de 1929 pour dire : « Une telle crise n'est plus pensable ! » Certes, en injectant dès 2008 deux mille milliards de dollars dans la machine, les gouvernements ont empêché que cette crise ne devienne mondiale, elle est restée occidentale. Mais ces sommes gigantesques n'ont permis que la reconstitution rapide des profits des banques. Prenons la France : nous étions descendus à 7 % de chômeurs, nous sommes à 10 %. Pour le sociologue que je suis, il y a plus grave, c'est le taux de pauvreté, car on peut avoir du travail et être pauvre. Or tous les pays occidentaux ont entre 15 % et 25 % de pauvres.

"C'est pour la City, qui a ruiné leur pays, 
que les Anglais se serrent la ceinture."

Certains disent pourtant qu'on est en train de sortir de la crise, Wall Street est euphorique...

C'est se moquer du monde ! Les déficits publics et les dettes des pays occidentaux font que les générations à venir vivront moins bien. L'Angleterre a un déficit budgétaire de 11 %, les Etats-Unis sont le pays le plus endetté du monde. Partout, la crise est profonde, durable. Et qu'a-t-on fait depuis trois ans ? Rien ! Le seul secteur qui se soit redressé, c'est le secteur financier. Tous les patrons des fonds spéculatifs continuent de gagner entre un et deux milliards de dollars chaque année.

Pourtant, les peuples ne se révoltent pas contre la finance. Vous parlez du « silence des victimes »...

Non seulement ils ne se révoltent pas, mais ils en redemandent parfois. La population anglaise a voté pour les conservateurs, dont la seule préoccupation est de reconstruire la City, la machine à fric. Et c'est pour la City, qui a ruiné leur pays, que les Anglais se serrent la ceinture.

Comment expliquez-vous ce vote ?

L'Angleterre, qui n'a plus d'autre industrie que la finance, a ce fantasme qu'elle peut retrouver la richesse par la finance. Aujourd'hui, dans les pays occidentaux, si vous voulez gagner de l'argent, ne soyez pas ingénieur ni entrepreneur, soyez financier ou juriste. Les pays européens ont voulu la désindustrialisation : le travail ouvrier, c'est fini, ce sont de vieilles conneries ! Et on fait quoi ? Du jeu spéculatif. J'investis dans de bons logiciels, je fais des équations très simples. Grâce aux moyens de communication modernes, je connais en temps réel le prix du blé ou du café ici et là. Eh bien je fais, en temps réel, des transferts de blé ou de café purement fictifs.

"On assiste à la fin d'une période de domination 
occidentale qui aura duré deux cent cinquante ans."

La finance n'est-elle pas l'artifice de l'Occident pour masquer son déclin, sa perte de compétitivité dans la mondialisation ?

La finance coule l'Occident ! Si vous ne produisez pas et que vous vous endettez, ça ne dure pas éternellement. On assiste à la fin d'une période de domination occidentale qui aura duré deux cent cinquante ans. L'Occident avait construit son modèle sur la conquête de l'extérieur, grâce à une formidable concentration des ressources, et au prix de tensions, de conflits, de contradictions. Cela a été la domination coloniale, les conditions de travail et de misère décrites par Engels, Dickens, Zola, mais aussi le mouvement ouvrier sous toutes ses formes, qui a renversé le pouvoir industriel absolu. On est ainsi, après la guerre, parvenu à notre âge d'or, les Trente Glorieuses : un meilleur partage de la richesse et la construction des systèmes de protection sociale. Or, aujourd'hui, nous n'avons plus de modèle social. L'Europe est entièrement à droite - hormis Zapatero, dont chacun sait qu'en cas d'élections il tomberait. Les syndicats, la sécurité sociale, les services publics, tout ça est remplacé par l'argent, le simple argent...

Pourquoi les peuples européens votent-ils à droite ?

Les classes moyennes, qui n'ont cessé de perdre du terrain, sont tentées de dire : c'est la faute aux charges sociales. Si on aidait moins les classes populaires, on s'en tirerait mieux. Leur déclassement les conduit plutôt à droite car nous vivons dans un monde où le sens normatif des conduites a disparu. Les conduites ont un objectif purement instrumental : la spéculation dans l'ordre économique comme la pornographie dans l'ordre privé se définissent par l'absence d'objectifs, en termes de normes, de valeurs, de contenu culturel.

L'Occident est donc mal en point ?

Nous sommes devant un choix : ou l'on vit dans un monde de consommation au sens le plus fort du terme, de non-production, et ça dure ce que ça dure, car nous ne sommes plus en mesure d'exploiter le reste du monde, et l'Afrique et l'Amérique latine ont une alternative, la Chine. Ou bien on invente un nouveau type de société, ce qui est très compliqué. Les instruments d'intervention - syndicats, tribunaux, gouvernements...- ont tous été forgés dans un cadre national. L'économie mondialisée a rompu les amarres : personne, aucun gouvernement, aucune institution, ne peut agir sur elle. Et l'on voit bien que la politique des entreprises consiste à se protéger des tempêtes en exposant les travailleurs en première ligne...

"Que peut-on construire pour résister à ce tsunami financier ? 
Sur quelles forces non sociales peut-on compter ? 
J'en vois deux : l'écologie et l'individu."

Vous parlez de « société post-sociale » ?

Oui, la mondialisation a fait disparaître le social. Le social, c'est quoi ? Une manière d'utiliser des ressources matérielles pour en faire des formes d'organisation - écoles, hôpitaux, etc. Ces institutions détruites, on les remplace par de la compassion ou de l'humanitaire, qui ne sont pas à la hauteur des problèmes posés. Puisque l'économie est au-dessus de la société, libérée de toute contrainte sociale, qui peut s'opposer au triomphe de l'argent ? Ce ne peut être une force sociale. Les sociaux-démocrates sont liquidés partout. Même la Suède n'est plus sociale-démocrate depuis six ans, l'extrême droite fait partie de la majorité gouvernementale. On voit de grands mouvements xénophobes en Norvège, en Hollande, en Belgique flamande, en Autriche... Que peut-on construire pour résister à ce tsunami financier ? Sur quelles forces non sociales peut-on compter ? J'en vois deux : tout d'abord ce phénomène extraordinaire de l'écologie. Nous avons vécu avec l'idée des philosophes Descartes et Bacon qu'il fallait dominer la nature. Maintenant, nous disent les écologistes, il faut gérer les rapports nature et culture, et donc imposer des limites à l'économie. Ces limites ne sont pas sociales, elles sont vitales.

Pourquoi l'écologie est-elle une force non sociale ?

Parce que c'est une question de vie ou de mort, donc de nature : vous produisez du carbone, vous faites monter la température, vous faites fondre les glaciers... et le Bangladesh se retrouve sous l'eau. Cette question vitale entraîne d'ailleurs sur le plan idéologique un retour à des pensées religieuses, des pensées de l'univers : le bouddhisme, c'est faire le vide du social en soi, de façon à n'être que soi dans sa relation à l'univers. Cette vision « universaliste » avance, pour le meilleur et pour le pire.

"Le monde des lois s'écroule, 
mais le monde des droits se renforce".

Quelle est la deuxième force non sociale sur laquelle on peut compter ?

L'individu ! L'individu peut certes privilégier la recherche de l'argent, du plaisir, du jeu, mais aussi la recherche des droits. Hannah Arendt disait que l'espèce humaine est celle « qui a le droit d'avoir des droits ». Le monde des lois s'écroule, mais le monde des droits se renforce. De plus en plus, nous considérons qu'un être humain a des droits, que nous associons au mot de « dignité ». Les gens disent : « Je veux qu'on respecte ma dignité. » L'autre mot employé partout, c'est le mot « humiliation ». « Je ne veux pas être humilié, je ne veux pas qu'on me jette dehors. » On assiste donc à cette formidable montée de forces non plus sociales mais morales.

Comment ce monde d'idées, de morale, de culture, peut-il se traduire politiquement ?

La question essentielle, qui demande de l'imagination, c'est : comment recréer de l'esprit démocratique ? L'homme qui nous aide le plus, c'est l'économiste indien Amartya Sen. Pour lui, il ne faut plus partir d'en haut, mais évaluer la capacité concrète qu'a chaque individu d'atteindre certains objectifs : l'éducation, la santé, la mobilité sociale... Ce qui définit un mouvement démocratique, c'est sa capacité à « fabriquer de l'acteur », à faire que les gens soient actifs. A fabriquer de la citoyenneté.

Cette démocratie « par le bas » peut-elle advenir partout ?

Il est tentant de dire que l'Amérique, libérale et individualiste, est bien préparée à faire vivre ces grands principes des droits de l'individu... Mais il est primordial que ce renouveau démocratique apparaisse partout. Ne retombons pas dans l'erreur de beaucoup d'Européens qui a consisté à dire : « Nous sommes l'universel, vous êtes le particulier. » Au dernier Comité central du parti communiste chinois, le numéro deux a dit : notre modèle ne doit plus être proprement chinois, il faut le faire reposer sur des valeurs universelles.

Lorsque vous opposez à la mondialisation ce que vous appelez « le sujet porteur de droits », vous semblez dire que l'indignation, la révolte, est d'abord une décision individuelle avant d'être collective ?

Absolument. Et s'il y a une idée occidentale, c'est bien celle-là ! Max Weber parlait, au début du XXe siècle, de l'éthique de la conviction. L'homme de Tian'anmen allongé devant un tank, qui restera un des grands symboles de ce siècle passé, c'est la conscience nue face à la force nue. Ce n'est pas un groupe, il est là, lui tout seul, même s'il s'inscrit dans une action collective.

"C'est cela l'universalisme : si vous reconnaissez 
les droits du plus faible, vous reconnaissez les droits de tous."

Vous dites que pour reconstruire un ensemble social, il faut une conscience de l'adversaire, une conscience de soi et une bonne perception de l'enjeu. La perception de l'« enjeu », n'est-ce pas le plus compliqué ?

Je ne crois pas. Pour le monde dominant, l'enjeu, c'est la consommation individuelle. Les opposants à ce monde doivent eux aussi faire appel à l'individu, mais pas à l'individu des biens : à l'individu des droits. L'enjeu est bien de créer une société d'individus. D'ailleurs, de quoi discutent les sociologues aujourd'hui pour l'essentiel ? De la façon dont on peut combiner la diversité culturelle avec le maintien des principes universels, dont on peut vivre ensemble égaux et différents. C'est ce droit d'être singulier qui est démoli par la consommation de masse d'un côté, le communautarisme de l'autre.

Comment transformer un principe universel - le sujet et ses droits - en forme d'organisation sociale ?

Il faut que soit toujours, partout, pris le parti du plus faible... Difficile d'être contre, non ? Jésus-Christ en a parlé abondamment. C'est cela l'universalisme : si vous reconnaissez les droits du plus faible, vous reconnaissez les droits de tous. Cela s'inscrit dans la grande tradition européenne - de la Déclaration des droits de l'homme au mouvement ouvrier -, mais aussi dans la lutte de Gandhi contre les castes...

Iriez-vous jusqu'à dire qu'il y a une faillite morale des démocraties ?

La pensée venue du mouvement ouvrier, syndical, éducatif, coopératif, municipal, a certes ébranlé les sociétés industrielles et connu des résultats formidables. Mais tout cela est mort avec l'URSS - jamais je n'oublierai que le stalinisme a détruit le mouvement ouvrier - et les mutations de la main-d'oeuvre. Maintenant, pouvez-vous me citer un mot d'importance prononcé par le parti socialiste français depuis trente ans ? Le seul acte de la gauche française, même si c'est une grande chose, a été l'abolition de la peine de mort. C'est pour des causes morales que les Français considèrent que Robert Badinter est, avec Simone Veil, une des deux grandes personnalités françaises.

Le changement ne peut venir que de personnalités exemplaires ?

Cela a toujours été comme ça. Un « militant », c'est une personnalité exemplaire. J'en ai connu, dans la première partie de ma vie, quand je travaillais en milieu ouvrier, de ces militants qui étaient peut-être des staliniens à couper au couteau, mais de grandes personnalités, avec le sentiment de l'exemplarité, de l'engagement au service de tous.

"On risque d'avoir affaire des mouvements 
de repli sans autre orientation possible que la violence. 
Et ça serait en France du tout cuit pour Nicolas Sarkozy."

Mais des militants sans structure sociale peuvent-ils créer un mouvement collectif ?

Le mouvement italien Popolo Viola est parti d'Internet : un jeune sociologue, avec quelques amis, a réussi à mettre dans la rue un million de personnes, alors que la gauche italienne n'était pas fichue d'en mettre vingt fois moins ! Les petites communautés utopiques, exemplaires, plus culturelles que sociales, pas animées par la défense d'intérêts spécifiques, ont un rôle important à jouer. Vous ne pouvez plus dire : je parle au nom de Dieu, de l'Histoire, du Progrès, de la Nation, de la Science. La seule chose que vous puissiez dire, c'est : je parle au nom de la survie de la Terre et je parle au nom de la défense des droits humains universels.

Craignez-vous que de la relative apathie actuelle puisse sortir de la violence ?

Absolument. La crise économique n'a pas fini d'aggraver la crise sociale. On risque d'avoir affaire à des mouvements qui sont le contraire de mouvements sociaux, des mouvements de repli sans autre orientation possible que la violence. Et ça serait en France du tout cuit pour Nicolas Sarkozy. Rappelez-vous la fin de 68 et le triomphe écrasant du gaullisme aux élections gagnées sur la peur. Le seul argument aujourd'hui qui puisse faire gagner le président actuel, c'est la peur d'un désordre que la gauche serait incapable de contrôler...


 

A lire
Après la crise, d'Alain Touraine, aux éd. du Seuil, 200 p., 18 €.



Fwd: Club de Budapest - Infos - - sciences.blogs.liberation.fr -L'origine de l'Univers : un livre d'Etienne Klein


Objet : Club de Budapest - Infos - - sciences.blogs.liberation.fr -L'origine de l'Univers : un livre d'Etienne Klein




http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/01/lorigine-de-lunivers-lavis-detienne-klein.html

L'origine de l'Univers : un livre d'Etienne Klein

Etienne Klein  Etienne Klein vient de publier «Discours sur l'origine de l'Univers». Livre de physicien et de philosophie, où il traite de la notion d'origine de l'Univers, mais aussi de l'énergie et de la matière noires, les deux concepts énigmatiques de la physique actuelle.

Tout en respectant scrupuleusement la science, il présente de manière claire et accessible les enjeux intellectuels des pointes avancées de la physique théorique et de la cosmologie. Le lecteur y glanera aussi quelques savoureuses anagrammes. En voici deux exemples : «Albert Einstein» peut se lire «Rien n'est établi» et «L'accélérateur de particules» donne «Eclipsera l'éclat du Créateur».

Pourquoi la question des origines, et donc celle de l'origine de tout l'Univers, suscite-t-elle autant d'intérêt ?

Cela vient du fait que l'origine absolue –  le passage du néant à l'être, s'il a eu lieu  – est le point de rencontre de deux mouvements opposés de la pensée. D'une part, on estime que si l'on connaissait l'origine de l'Univers, on connaîtrait aussi l'intégralité de son histoire et peut-être même le sens de nos existences. Mais, d'autre part, on est porté à croire que c'est en comprenant mieux l'histoire de l'univers que nous pourrions en saisir l'origine.

L'origine incarne donc à la fois la solution et le problème, la clé de tout et le mystère le plus absolu : elle Livre Klein couv représente la réponse à toutes nos interrogations en même temps qu'elle constitue le problème qu'on ne pourra résoudre que lorsqu'on aura résolu tous les autres… Ce double statut de la question de l'origine provoque un appétit intellectuel autant qu'existentiel. Intellectuel car elle est un défi pour la pensée. Existentiel parce qu'on pense que la connaissance de l'origine nous permettrait de comprendre pourquoi et pour quoi nous sommes là. D'où une certaine compétition entre science et religion autour de ces questions, d'autant plus que parler de l'origine de l'univers ou prétendre qu'on la connaît, c'est exercer un certain pouvoir sur les esprits. Mais si vous tendez bien l'oreille, vous constaterez que si tout le monde parle de l'origine de l'univers, personne ne la dit jamais…

Qu'est-ce qui fait l'actualité de cette interrogation ?

Sur l'origine de l'univers proprement dite, il n'y a pas d'actualité scientifique particulière. L'actualité est plutôt d'ordre culturel : de nombreux physiciens ont compris qu'ils devaient davantage ­réfléchir à la façon de traduire leurs connaissances en langage courant. Souvent, nous parlons plus loin que nous ne savons. Cela crée toutes sortes de malentendus. Par exemple, on évoque les modèles de big-bang comme s'ils avaient directement accès à l'instant zéro, présenté comme l'instant marquant le surgissement simultané de l'espace, du temps et de la matière. Dans le langage courant, l'expression «big-bang» en est ainsi venue à désigner la création du monde, le «fiat lux» originel, de sorte qu'on se demande ce qui a bien pu se passer avant. Or cette assimilation entre big-bang et instant zéro est abusive. Les équations de notre physique cessent en effet d'être valides bien avant d'atteindre la fameuse «singularité initiale».

Des télescopes et accélérateurs de particules exhibent ce mot «origines» dans leurs programmes. Science ou dérapage publicitaire  ?

Les origines cela signifie s'éloigner de plus en plus dans le passé, étudier les conditions de plus en plus extrêmes de densité d'énergie et de température qui étaient celles de l'univers primordial, observer ce qui s'y passe, voir d'où proviennent les objets qui le constituent. Il s'agit en somme de prolonger Infographie Planck et Big bang l'exploration du passé. Ces recherches ont déjà produit des résultats fabuleux. Les cosmologistes peuvent aujourd'hui raconter, avec un degré de précision étonnant, l'évolution physique et chimique de notre Univers depuis 13,7 milliards d'années.(Voir graphique ci-contre, cliquer pour agrandir)

Ce nombre, et les milliers de pages de cette saga turbulente, constituent une conquête admirable de l'esprit humain. Elle a été rendue possible par des exploits technologiques (je songe aux télescopes terrestres et spatiaux, aux accélérateurs de particules) et par un travail collaboratif de milliers de physiciens, d'astrophysiciens, d'ingénieurs, de techniciens depuis un demi-siècle. Il ne faut surtout pas relativiser la portée intellectuelle de cet effort, et encore moins bouder son caractère fascinant. Songez qu'on sait reconstituer la genèse (dans les étoiles) et l'histoire (longue de 5 milliards d'années) des atomes de potassium qui se trouvent dans votre squelette… Mais, petit paradoxe, quand un physicien parle de l'origine de telle ou telle chose, il raconte en fait l'histoire d'un achèvement : il explique comment ce qui précédait a pu engendrer ce qui est survenu… Tout commencement est donc la fin d'un processus. C'est pourquoi l'origine de l'Univers lui-même nous échappe : par définition, elle n'est précédée par rien. Nous ne devrions donc pas laisser penser que la question de l'origine de l'Univers est désormais installée à l'intérieur des frontières mêmes de la science. On trouve suffisamment de publicités mensongères ailleurs.

Dans ce programme visant à remonter le passé, où en êtes vous arrivés ?

D'un point de vue expérimental, si l'on veut voir les phénomènes qui se déroulaient dans l'Univers primordial, il faut provoquer des collisions de particules grâce à des accélérateurs de haute énergie. On crée ainsi, pendant une durée très brève, des conditions physiques extrêmes, en l'occurrence une très haute température, et aussi une très grande densité d'énergie provenant de l'énergie des particules incidentes qui soudain se ­concentre en une toute petite zone de l'espace. Les phénomènes qui se Cern_3 déroulent alors sous nos yeux sont exactement ceux qui se sont déjà produits, mais à l'abri des regards, dans le passé de l'Univers. Plus l'énergie des collisions est élevée, plus on remonte loin dans le passé. Au Large Hadron Collider du Cern, le collisionneur de particules le plus puissant jamais ­construit, l'énergie de chaque particule est à peu près celle d'un moustique en vol, ce qui donne une densité d'énergie bien plus grande que celle qu'on trouve dans la matière ordinaire. Mais on est encore loin du compte : dans l'Univers tout à fait primordial, des particules pouvaient avoir l'énergie d'un TGV fonçant à 300 km/h… Si l'on regarde maintenant l'aspect théorique des choses, nos équations, lorsqu'elles tentent d'aller très loin dans le passé, finissent par buter sur ce qu'on appelle le «mur de Planck». (photo, centre de controle du LHC au Cern, CERN)

Et de quoi est fait ce mur ?

Ce terme ne désigne pas un mur physique, mais un mur cognitif. Il correspond à un moment particulier de l'histoire de l'Univers, une phase par laquelle il est passé et qui se caractérise par le fait que les théories physiques actuelles sont impuissantes à décrire ce qui s'est passé en son amont. Le mur de Planck Planck, auquel sont notamment associées une énergie ( 10 puissance 19 GeV, autant de milliards d'électronvolts) et une durée ( 10 puissance -43 seconde), représente ce qui nous barre aujourd'hui l'accès à l'origine de l'Univers, si origine il a eu. Il incarne en effet la limite de validité ou d'opérativité des concepts de la physique que nous utilisons : ceux-ci conviennent pour décrire ce qui s'est passé après lui, pas ce qui a eu lieu avant lui. Ainsi, nos représentations habituelles de l'espace et du temps perdent toute pertinence en amont du mur de Planck. (Photo, le physicien Max Planck).

Comment escalader ce mur ? Et qu'y a-t-il ­derrière ?

Pour escalader ce mur, il faut construire une théorie qui soit capable de marier la physique quantique, qui décrit la matière à petite échelle, et la relativité générale d'Einstein, qui décrit l'Univers à grande échelle. Les théoriciens qui travaillent sur ce sujet osent toutes les hypothèses : l'espace-temps posséderait plus de quatre dimensions ; à toute petite échelle, il serait discontinu plutôt que lisse ; ou encore il serait théoriquement dérivable ou déductible de quelque chose qui n'est pas un espace-temps… Ces différentes pistes ne sont encore que des conjectures, mais –  point remarquable  – toutes ont la propriété de faire passer un sale quart d'heure à l'instant zéro : pour elles, plus de singularité initiale ! Tout se passe en somme comme si le mariage de la physique quantique et de la relativité générale devait aboutir à l'abolition de la création de l'Univers…

Comment parler honnêtement de ces tentatives au grand public ?

En se donnant du temps et avec une rigueur d'autant plus grande qu'il s'agit de questions fondamentales facilement transmutables en gloubi-boulga métaphysique. Le langage des sciences (surtout des «dures») est une sorte de chinois. Or, comme disait Lacan, «tout le monde n'a pas le ­bonheur de parler chinois dans sa propre langue». Nous devons donc faire preuve de pédagogie, travailler sur le langage que nous utilisons, et surtout éviter l'esbroufe…

Franchement, l'être et le néant, c'est un truc pour philosophes, pas pour scientifiques ?

Sans doute, car pour les scientifiques, l'alternative est simple. Soit l'Univers a eu une origine que la science n'a pour le moment pas saisie : dans ce cas, il a été précédé par une absence totale d'être ; cela signifie qu'il a résulté d'une extraction hors du néant, extraction qui est indicible, car pour expliquer comment le néant a pu cesser d'être le néant, il faut lui attribuer des propriétés qui, par leur seule existence, le distinguent de lui-même… Soit l'Univers n'a pas eu d'origine : dans ce cas, il y a toujours eu de l'être, jamais de néant ; dès lors, à l'évidence, la question de l'origine de l'Univers ne se pose plus – elle n'était qu'un problème mal posé – mais elle se trouve remplacée par une autre question, la plus impénétrable de toutes, celle de l'être : pourquoi l'être plutôt que rien ?

- pour le côté "esbrouffe" dont parle Etienne Klein, voir la série de notes sur les frères Bogdanov (ou Bogdanoff). Ici, ici, ici et ici.

- Pour la matière noire, cette note récente.

- Pour l'énergie noire, voir cette note récente.