samedi 21 mai 2011

“ Crise mondiale: en route pour le monde d’après”


                                                                                     Conférence- débat  
                                                                           animée par Franck Biancheri
                                                     sur " Crise mondiale: en route pour le monde d'après"
 
                                                                                        Le mardi 21 juin 2011 à partir de  18h45/19h
                                                                  À l'IGS, 1 rue Jacques Bingen, 75017 Paris (métro Malesherbes ou Villiers)

                                                                                       Cette conférence est ouverte à vos ami(e)s et relations
                                           La  participation aux frais est de 10 euros par personne (gratuit pour les  conjoint(e)s  et les  membres de  soutien ou bienfaiteurs)

Réponse à retourner par courriel à jacques.flat@wanadoo.fr (avec règlement sur place) ou par  courrier à  Bossard Alumni, 48 av. Charles Floquet, 75007 Paris (accompagnée d'un  chèque le cas échéant).
 
                                                                                                               ----------------------------------------------------------------------------
La crise financière et économique que connaît la planète depuis deux ans marque la fin de l'ordre mondial établi après 1945. En 1989, le  «pilier soviétique » s'est effondré et nous assistons actuellement à la décomposition accélérée du « pilier occidental », avec les États-Unis au cœur du processus de désintégration.
 
Après deux décennies passées à vivre dans le mythe d'une « histoire finie » dans laquelle notre camp occidental se serait imposé universellement, il nous est presque impossible d'imaginer « un monde d'après » dans lequel les évolutions du jour ne seraient pas déterminées à Washington ou Wall Street, dans lequel l'Anglo-américain ne serait pas nécessairement synonyme de modernité et dans lequel le Dollar ne serait plus roi.
 
Comme dans l'Europe de l'Est d'avant 1989, ni nos médias, ni nos élites ne sont actuellement capables de nous aider à « imaginer l'inimaginable », trop occupés qu'ils sont à tenter de nous faire « oublier l'inoubliable », à savoir, les effets socio-économiques dévastateurs de la crise à travers toute la planète.
 
Comment combler ce manque d'anticipation de nos dirigeants et de nos élites en proposant une vision concrète de l'avenir de la France, de l'Europe et du monde à l'horizon 2020 ?
 
Quels conflits ce monde d'après la crise peut-il générer ? Comment se préparer aux bouleversements économiques et monétaires des toutes prochaines années ? Comment pourrons-nous et devrons-nous y faire face en tant que Français et Européens ? Comment vont interagir les puissances émergentes, Brésil, Inde, Russie et bien sûr Chine en tête ? Avec quelles difficultés ces pays vont-ils gérer leur ascension ? Comment nos enfants peuvent-ils se positionner pour préparer ce monde d'après, en tant que citoyens et en tant que professionnels ?
 
Voici quelques-unes des questions auxquelles Franck Biancheri tente d'apporter des réponses en offrant des pistes de réflexion et d'action pour l'individu comme pour le collectif.  Car cette crise n'est pas seulement la fin du « monde d'avant », c'est également, une formidable occasion de reconstruire un « monde d'après », à condition, toutefois, de ne pas se tromper sur les dangers, les défis et les opportunités qui nous attendent.
 
Franck Biancheri
 
Franck Biancheri, né en 1961, est le directeur des études du Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP), qui des Février 2006 avait correctement prévu la « crise systémique globale » et qui, depuis cette date, anticipe son évolution via le Global Europe Anticipation Bulletin (GEAB), dont les communiqués publics mensuels traduits dans plus de soixante-dix langues sont lus par plus de dix millions de lecteurs dans le monde. Il estpar ailleurs l'un des pères du programme Erasmus. Au cours des vingt dernières années, ses activités l'ont conduit à apporter son expertise à de nombreux gouvernements et institutions de l'Union européenne ainsi qu'aux Etats-Unis, dans le monde musulman, en Amérique latine et en Asie. Il est également le président de Newropeans.
 
                                                                            

Fwd: SFEN VdL - Le débat nucléaire en France : la SFEN réagit par ce document adressé aux médias


Bonjour,

 

L'accident de Fukushima a relancé le débat nucléaire en France.

Chacun est amené à donner son avis, et c'est légitime.

Certains mouvements, associations, partis politiques  multiplient les réunions appelant à la « sortie du nucléaire ».

Les  analyses présentées lors de ces manifestations tracent du nucléaire un portrait peu ou mal informé et souvent   caricatural.  Nous y réagissons dans le court document ci-dessous.

 

En versant ce document au débat, nous sommes à la disposition des journalistes pour toute précision, déclaration, interview, débat contradictoire...Dans tous les cas nous espérons que les informations et réflexions présentées ici retiendront leur attention.  

 

Avec nos cordiales salutations,

 

Francis Sorin

Directeur du Pôle Information de la SFEN – www.sfen.org

01 53 58 32 64 ;;  06 76 09 91 50

 

 

 

 

 

Le débat nucléaire en France :

quelques données et commentaires

 

Un point de vue de la Société Française d'Energie Nucléaire (SFEN)

 

20 mai 2011

 

L'accident de la centrale de Fukushima-Daiichi a relancé le débat sur le nucléaire et la politique énergétique. Certaines analyses développées à cette occasion nous paraissent infondées ou caricaturales, qu'elles concernent les avantages stratégiques et économiques du nucléaire, sa sûreté, son impact environnemental, la gestion de ses déchets etc…Nous présentons ici brièvement, en réponse,  quelques données et constats  chiffrés, assortis de commentaires,  dont la prise en compte nous paraît utile au bon déroulement d'un  débat pluraliste. .    

 

1- …Et d'abord, raisonner global : le nucléaire répond aux deux grands problèmes – énergétique et climatique – que le monde doit affronter.

 

*L'accident de Fukushima-Daiichi n'a pas fait disparaître comme par enchantement les raisons qui militent pour un développement renforcé du nucléaire sur le plan mondial.

De 6,5 milliards d'individus aujourd'hui, la population de la planète va passer à 9 milliards en 2050. Cela va entraîner une très forte hausse de la demande énergétique ; d'abord, bien sûr, pour accompagner la croissance démographique et aussi pour améliorer l'accès à l'énergie des populations les plus défavorisées.

 

 *Environ 4 milliards de personnes vivent aujourd'hui dans l'inconfort ou la précarité énergétique ; 1,5 milliard n'ont même pas encore accès à l'électricité ! Cela veut dire que même si nous ( = pays riches =1 milliard d'individus au total)  réussissons à diminuer fortement notre consommation d'énergie, le monde devra de toute façon en produire beaucoup plus dans les prochaines décennies –et notamment sous forme d'électricité.

 

*Or, notre principale source d'énergie, les combustibles fossiles (= pétrole, charbon, gaz,  85% de l'énergie mondiale) est en voie de raréfaction accélérée. Dans ces conditions, l'apport du nucléaire, capable de produire en continu des quantités massives d'électricité, se révèle précieux pour contribuer à satisfaire les besoins mondiaux. Il serait irresponsable d'y renoncer alors que nul ne peut dire ce que sera la situation énergétique de la planète dans 20, 30,50 ans. 

 

*Plus le nucléaire  sera développé (dans les pays ayant les capacités de le faire) moins la ponction sera forte sur les réserves de combustibles fossiles, lesquels sont indispensables au décollage économique des pays pauvres.  Au-delà de la garantie d'approvisionnement qu'il représente, le nucléaire apparaît comme un facteur de détente de la contrainte énergétique mondiale et comme un élément de régulation des prix  des matières premières énergétiques.

 

*Le nucléaire qui, contrairement aux combustibles fossiles, n'émet pas de CO2, répond par ailleurs au grand problème environnemental auquel l'humanité est confrontée : le réchauffement climatique.

 

2- L'efficacité du nucléaire contre le réchauffement climatique

 

*Sur plus  de 30 milliards de tonnes de CO2 que les activités humaines liées à l'énergie rejettent chaque année, il faudrait en « économiser » la moitié, soit environ 15 milliards, pour empêcher que le dérèglement du climat ne prenne des proportions dramatiques. S'il est raisonnablement développé dans les 20 années  à venir (doublement ou plus de ses capacités actuelles) le nucléaire pourrait en économiser de 5 à 6 milliards. Ce n'est pas toute la solution au problème  mais ce serait déjà un grand pas vers le souhaitable ! (Aujourd'hui, le nucléaire, se substituant aux  centrales à combustibles fossiles, permet d'éviter le rejet à l'atmosphère d'environ 2,3 milliards de tonnes de CO2 par an). 

 

*Malgré les actions engagées (suites du Protocole de Kyoto, taxe carbone...)  l'augmentation des rejets de CO2 atteint aujourd'hui des proportions alarmantes. Au lieu de diminuer vers les 15 milliards de tonnes souhaitables la tendance est  à l'augmentation vers les 40 milliards de tonnes de rejets annuels. Pour freiner voire inverser cette tendance, la contribution du nucléaire peut être déterminante. S'en priver, alors que le monde est sur la mauvaise pente de l'aggravation de l'effet de serre,  serait une erreur écologique majeure.

 

*Les scénarios de prospective énergétique des grands organismes internationaux (Agence Internationale de l'Energie, Conseil Mondial de l'Energie) le confirment : c'est dans l'hypothèse où le nucléaire est le plus fortement développé (parallèlement aux énergies renouvelables) que le réchauffement climatique est le mieux maîtrisé. Le nucléaire n'est pas toute la solution contre le réchauffement climatique mais sans lui la solution n'apparaît pas. 

 

 

3 - Le triptyque efficace :

sobriété énergétique + énergies renouvelables + nucléaire

 

*Les scénarios écartant le nucléaire du futur mix énergétique mondial tablent sur un très haut niveau de sobriété énergétique et un développement exponentiel des énergies renouvelables pour boucler le bilan planétaire. Au vu des réalités techniques, économiques et sociales du monde contemporain, ces hypothèses apparaissent tout à fait irréalistes et risquent de demeurer des vœux pieux.  L'avenir énergétique et climatique de la planète ne doit pas  reposer sur ce qui pourrait bien se révéler comme des paris illusoires

 

*Comme le montrent les études élaborées par les organismes internationaux, faire face au défi énergétique et préserver le climat c'est mettre en œuvre trois démarches complémentaires : économiser l'énergie, développer les renouvelables, développer le nucléaire. Si l'on écarte un des termes du triptyque, le système n'est plus à la hauteur des enjeux.

 

*C'est pourquoi il est absurde d'entretenir la guerre des énergies et d'opposer énergies renouvelables et nucléaire. Ce n'est pas en termes de substitution mais d'addition qu'il faut raisonner. Car vu la situation mondiale c'est seule l'addition renouvelables + nucléaire qui  peut permettre d'opérer à une échelle suffisante la seule substitution qui vaille : celle des énergies fossiles par les énergies non émettrices de CO2.

 

*Si nous voulons transmettre à nos enfants un monde à peu près vivable, le véritable défi est de sortir du « tout–fossile ». Agir efficacement en ce sens suppose que le nucléaire tienne toute sa place dans le bouquet énergétique de demain.

 

 

4 - Les réserves d'uranium : pour des siècles ou des millénaires...

 

*Les ressources mondiales en uranium sont suffisamment abondantes pour permettre un développement durable du nucléaire s'évaluant en siècles. Ceux qui annoncent un épuisement prochain des réserves d'uranium n'ont manifestement pas pris la peine de s'informer sur la question !

 

*Les ressources identifiées sont de 6,3 millions de tonnes ( in : Uranium 2009, ressources, production, demande, par l'OCDE- AEN et l'AIEA). Cela représente une durabilité de plus de 100 ans au rythme actuel de consommation du parc nucléaire mondial.

 

*Il faut ajouter à ce chiffre les ressources non encore identifiées mais dont les prospections  démontrent l'existence et dont la mise à jour ne fait guère de doute : elles sont évaluées à 10,3 millions de tonnes. Le total de ces deux catégories de ressources, soit 16,6 millions de tonnes d'uranium,  peut assurer une durée de fonctionnement du parc nucléaire mondial de l'ordre de 250 ans.

 

*Utilisées dans les réacteurs de 4ème génération - réacteurs surgénérateurs à neutrons rapides qui auront un rendement environ 60 fois plus élevé que les réacteurs actuels de 2ème et 3ème génération -  les ressources mondiales d'uranium aujourd'hui identifiées pourront alimenter le parc nucléaire mondial pendant des millénaires.

 

5 - Sûreté : le nucléaire a un meilleur bilan que les autres grandes sources de production d'électricité.

 

*Aucune des grandes sources électrogènes (charbon, pétrole, gaz, hydraulique, nucléaire) ne  peut se prévaloir du risque « ZERO ». Elles doivent donc être évaluées comparativement à travers une question fondamentale que toute communauté humaine est amenée à  se poser : pour parvenir au même objectif, en l'occurrence l'obtention d'électricité,  quelle est l'énergie la moins pénalisante pour la vie et l'intégrité physique des individus ? Le bilan mondial établi au bout de 50  ans d'exploitation de ces énergies montre sans équivoque qu'il s'agit du nucléaire.

 

*Ce constat est illustré, entre autres, par l'étude de l'Académie française de Médecine « Evaluer les risques pour la santé des choix énergétiques », Recommandation du 1 /7/2003) établissant que  de tous les grands moyens de production d'électricité c'est le nucléaire qui a « le plus faible impact sur la santé par kilowattheure produit ». Bien d'autres études corroborent cette conclusion (1). Elles tiennent compte, précisons-le, de l'accident de Tchernobyl (de l'ordre de 4000 morts estimés et de très nombreuses maladies induites). La prise en compte de  l'accident de Fukushima-Daiichi ne changera pas le résultat des comparaisons.  

 

*Sans entrer dans le détail des statistiques, on relève que les accidents dus à l'exploitation des énergies fossiles et à l'hydraulique coûtent chaque année entre 12 000 et 15 000 morts parmi les travailleurs et les personnes du public (hors maladies et hors  accidents de la circulation). Rien de tel avec le nucléaire dont les dommages s'établissent à un niveau très inférieur, avec un nombre d'accidents mortels limité à quelques personnes pour ce qui concerne les réacteurs de technologie occidentale – et avec des détriments sanitaires relativement limités touchant les mineurs d'uranium. -  Voir références en note (1)

 

*Cette moindre « dangerosité »  du nucléaire par rapport aux énergies traditionnelles tient à deux raisons essentielles :

-Le nucléaire manipule et transporte des matières, certes potentiellement dangereuses mais  de volumes infiniment plus réduits que les énergies fossiles : là où sont requises, par exemple, des millions de tonnes de charbon ou de pétrole, le nucléaire,  pour une production d'électricité égale,  n'a besoin que de quelques centaines  de kilos d'uranium. Cette énorme différence d'échelle réduit considérablement l'ampleur des opérations à effectuer et  permet une meilleure maîtrise des risques aux différentes étapes de la filière.

- Le risque nucléaire se manifeste quasi-exclusivement par l'exposition aux rayonnements (même s'il ne faut pas exclure des risques de réaction explosive susceptible de faire des victimes directes dans certains laboratoires ou usines  – mais ce cas de figure est  rarissime). L'organisation de la  protection contre cette radioactivité  est, dans la plupart des cas,  plus efficacement gérable et mieux maîtrisable que les dangers multiples inhérents aux énergies classiques. Ces dangers sont diversifiés, renvoyant principalement à quatre types d'accidents pouvant être particulièrement dommageables : coups de grisou, explosions, incendies, ruptures de barrages. Les dommages entraînés par ces énergies sont d'autant plus lourds que les quantités de matières extraites, manipulées et transportées sont énormes et impliquent un très grand nombre de personnes et une très grande multiplicité d'opérations.  

 

*Compte tenu de ces réalités techniques, et sans méconnaitre les risques liés au nucléaire – la SFEN n'a jamais écarté la possibilité d'accidents graves intervenant sur les installations – on ne peut que juger outrancières et malvenues  les proclamations désignant le nucléaire comme une énergie à part, présentant un risque « inassumable », un péril « inacceptable et incalculable » par rapport aux   dangers que font courir les  autres énergies. Certes un grave accident nucléaire peut contraindre à l'évacuation de milliers de personnes de zones radioactivement polluées. Mais ces cas sont extrêmement rares et...il ne faut pas perdre de vue le bilan final en termes de santé et de sécurité des individus. 

 

*En fait, l'électronucléaire a fait moins de morts en cinquante années d'exploitation que les autres grandes sources électrogènes n'en font en une seule année, au vu des moyennes statistiques. A la lumière de ce constat, on peut dire que le développement mondial du nucléaire, se substituant partiellement, durant les cinquante années écoulées, aux énergies fossiles, a constitué un réel progrès pour la sécurité et la santé des individus.

 

6 - On sait quoi faire des déchets nucléaires...

 

*L'idée selon laquelle « on ne sait pas quoi faire » des déchets radioactifs est complètement fausse. En France tous les types de déchets sont gérés selon des méthodes et des procédures précisément définies tenant compte de leurs caractéristiques particulières. Les deux tiers des déchets proviennent du programme électronucléaire. Le tiers restant provient du secteur médical, de la recherche, de l'industrie, de la Défense nationale.

 

*Que les déchets soient stockés définitivement ou entreposés provisoirement, le principe technique qui commande à leur gestion est le même : il consiste à les confiner sous forme stable dans des structures étanches. Gérés de longue date, en France, selon ces techniques, les déchets nucléaires n'entrainent aucune nuisance significative pour les personnes ou pour l'environnement.

 

*Plus de 90% des déchets ( moyenne, faible, très faible activité à vie courte) suivent des filières aboutissant à des stockages définitifs dans trois centre dédiés : La Manche, Soulaines, Morvilliers. Pour les déchets à vie longue, deux centres  sont prévus : stockage en sub-surface pour les déchets de faible activité ; stockage en couche géologique profonde pour les déchets de moyenne et haute activité (stockage réversible). Selon la loi, ce stockage devrait entrer en service en 2025.

 

*Les déchets de haute activité (= les cendres de combustion de l'uranium) ont un volume très réduit : moins de 3000 m3 à l'heure actuelle (totalité produite depuis les débuts du programme nucléaire français) soit un pavillon de deux étages. Mis sous forme de blocs vitrifiés  dans des conteneurs en acier, ils sont appelés à être stockés dans des « alvéoles » ou casemates aménagées à l'intérieur d'une couche géologique stable et imperméable à 400 ou 500 mètres de profondeur. Un consensus international existe pour établir que ce stockage géologique permettra d'isoler les déchets de la biosphère le temps que leur radioactivité ait diminué à un niveau négligeable. Tous les scénarios, y compris les hypothèses les plus pessimistes montrent qu'un tel stockage offre la garantie très solide que ces déchets n'occasionneront à nos descendants aucune nuisance inacceptable.

 

7 - Indépendance nationale et importation d'uranium.

 

*Pas de gaz, pas de pétrole, pas de charbon. C'est pour pallier ce manque de ressources énergétiques sur son territoire  que la France a décidé, dans les années 1970, de recourir au nucléaire pour produire son électricité. Grâce à cette énergie, le pays est devenu capable de produire son courant électrique par ses propres moyens sans dépendre des contraintes extérieures.

*Dans un contexte mondial marqué par la raréfaction et le renchérissement des combustibles fossiles, le nucléaire constitue ainsi pour la France un atout stratégique majeur. Il la met à l'abri des « chocs de prix », des turbulences, des crises, des embargos pouvant affecter les marchés internationaux de l'énergie et lui assure l'indépendance  dans ce secteur essentiel qui est celui de la production d'électricité.

 

*On entend parfois contester cette idée d'indépendance au motif que l'uranium alimentant nos centrales nucléaires est importé. En fait, par l'intermédiaire d'Areva,  la France a acquis des droits de propriété sur de très importantes réserves d'uranium en Amérique, en Afrique, en Asie. Areva est aujourd'hui le premier producteur mondial d'uranium, gérant et opérant sur ces trois continents  un portefeuille de réserves acquises de l'ordre de 225 000 tonnes, ce qui représente trente cinq années  de consommation du parc électronucléaire national dans sa configuration actuelle. Il faut ajouter à ce capital librement disponible les stocks d'uranium constitués sur notre territoire, équivalant à trois  années de consommation. Et il faut  évoquer  les importantes réserves d'uranium appauvri et de plutonium récupérées lors des opérations d'enrichissement et de retraitement. Il s'agit là d'un gisement d'énergie considérable susceptible de pourvoir bien au-delà de ce siècle aux besoins en électricité du pays (2).

 

*Cette situation assure à la France une complète maitrise de la ressource uranium et de l'approvisionnement en combustible de ses centrales nucléaires. Et cela en toute autonomie et sur le très long terme. On peut donc légitimement parler d'indépendance de la France  - garantie par le nucléaire – dans le domaine de la production d'électricité.

 

8 - Une bonne affaire économique pour la France.

 

*Outre cette indépendance, le nucléaire s'est révélé être une très bonne affaire économique pour la France. Et d'abord lorsque l'on parle économie, un premier élément essentiel est à considérer qui est d'une portée majeure (et qui est passé trop souvent sous silence) : le nucléaire permet à la France de faire des économies considérables sur ses dépenses  extérieures. Si la France ne disposait pas d'un programme nucléaire et si elle devait en conséquence acheter à l'étranger le combustible – en l'occurrence le gaz – nécessaire à la production de 80% de son électricité, il lui en coûterait dans les conditions actuelles du marché entre 20 et 25 milliards d'Euros chaque année. Et l'on peut imaginer le montant encore plus astronomique de la facture dans le cas – fort probable -  d'un renchérissement du gaz dans le futur. C'est donc à une véritable ponction – annuellement récurrente- de sa richesse nationale que la France échappe grâce au nucléaire (3). C'est là le fait essentiel à considérer lorsque l'on veut évaluer les conséquences du nucléaire sur l'économie du pays (et il faut espérer que ceux qui font le procès de l'économie  nucléaire en France voudront bien introduire enfin ce paramètre capital dans leur raisonnement). Conséquence directe à souligner : sans le nucléaire, la balance commerciale de la France, qui connait depuis des années de lourds déficits, serait dans une situation difficilement supportable illustrant un appauvrissement du pays. 

 

*Au lieu de cela, la France est devenue  le premier exportateur mondial d'équipements et services nucléaires, pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 6 milliards d'euros en moyenne annuelle. Ces exportations sont un des postes bénéficiaires les plus importants de notre balance commerciale  et soutiennent, à l'intérieur de nos frontières, plusieurs milliers d'emplois.

 

*Pour le consommateur d'électricité en France, le nucléaire se révèle également une  bonne affaire ! Le coût de production très compétitif du kWh nucléaire ( inférieur de 5% à 25% à celui des kWh charbon et gaz) permet de faire bénéficier les consommateurs d'une électricité particulièrement bon marché, avec des tarifs inférieurs d'environ 35% à ceux de la moyenne européenne. En 2009, par exemple, le prix du kWh facturé aux particuliers était de 11,4 centimes d'Euros en France contre 17,6 en Espagne, 22,3 en Allemagne, 24,6 au Danemark, 25,2 en Italie...(source Eurostat). Les mêmes écarts se retrouvent pour les tarifs aux entreprises.

 

*Soulignons que contrairement à ce que certains affirment, le coût du kWh intègre la totalité des opérations liées à la filière nucléaire. Et notamment, à l'amont une grande partie des dépenses de     Ret D (au titre du secteur civil) comptée pour environ 10% du coût de revient du kWh et à l'aval les provisions et frais liés au traitement des combustibles usés, au stockage des déchets et au démantèlement futur des installations, comptés pour environ 20% du coût du kWh(source OPECST).

 

*Le démantèlement des centrales et autres installations n'est pas laissé à la charge des générations futures, contrairement à une idée trop répandue. Des provisions sont constituées  chaque année par EDF, le CEA et AREVA pour faire face à ces charges futures. Cela veut dire qu'en réglant aujourd'hui notre facture d'électricité, nous payons le démantèlement futur des centrales, usines et autres installations nucléaires, ainsi que la gestion des déchets correspondants.  Nous ne laisserons ainsi aucune « ardoise » à nos successeurs. Les provisions constituées à ce jour par EDF se montent à 30 milliards d'euros, progressivement sécurisées (comme le demande la loi sur les déchets du 28 juin 2006)  sous forme d'actifs dédiés ayant atteint 15 milliards d'euros en 2010. Les sommes provisionnées par le CEA et AREVA se montent à près de 10 milliards d'euros. Ces provisions sont réévaluées d'année en année à un rythme jugé adapté par les pouvoirs publics et l'OPECST.  

 

*La compétitivité économique du nucléaire n'est pas le fruit de subventions déguisées puisées en catimini dans la poche du contribuable. Les aides de l'Etat à EDF ont été stoppées en 1982 et l'entreprise se finance hors de toute aide étatique en vendant son électricité. L'industrie nucléaire s'auto-finance depuis trente ans et rapporte à la collectivité publique et donc  aux contribuables (sous forme d'impôts sur les bénéfices et de taxes locales sur les équipements) bien plus qu'elle ne leur coûte.

*Sur fond de turbulences énergétiques et climatiques affectant les marchés des combustibles fossiles, il est vraisemblable que la compétitivité du nucléaire va se trouver sensiblement renforcée et dûment établie sur la scène mondiale, ce dont la France ne pourra que bénéficier.

 

9 - Sortir du nucléaire = un triple recul

 

Les scénarios de sortie du nucléaire sont fondés sur des hypothèses d'économies d'énergie et de développement des énergies renouvelables qui nous paraissent tout à fait irréalistes. Ils entraineraient inévitablement, pour les prochaines décennies, un recours plus ou moins massif au gaz, ce qui parait inacceptable à un moment où tout est mis en œuvre pour restreindre les émissions de CO2.

 

*Recul stratégique. En sortant du nucléaire la France perdrait l'indépendance que lui assure cette énergie et deviendrait tributaire du marché international du gaz, dominé et régulé par les trois premiers producteurs mondiaux que sont la Russie, l'Iran et le Qatar. Une telle situation de dépendance serait un défi au bon sens puisque notre pays devrait ainsi appuyer une large part de son approvisionnement en électricité sur une matière première en voie de raréfaction, dont les prix seront  de toute évidence orientés à la hausse et dont la disponibilité sera de moins en moins garantie, sur des marchés en turbulence !

 

*Recul économique.  Les Français devraient payer leur électricité beaucoup plus cher. Il faudrait régler chaque année une facture gazière de plusieurs milliards  d'Euros, cette ponction sur la richesse nationale s'assimilant par ailleurs à une véritable délocalisation de nos capacités économiques. Le pays perdrait le bénéfice de la compétitivité du nucléaire et devrait assurer son approvisionnement en kWh avec des énergies aux coûts nettement plus élevés . Dans le même temps, le pays se verrait privé des quelque 6 milliards d'Euros de recettes que lui rapportent chaque année ses exportations d'équipemments et d'électricité nucléaires.

 

*Recul environnemental. Enfin, après avoir réussi à mettre en place un parc électrique ne générant pratiquement aucun gaz à effet de serre, la France en viendrait à lui substituer un système déversant chaque année dans l'atmosphère des millions de tonnes de CO2, aggravant le réchauffement climatique !

 

On ne voit pas ce que la France aurait à gagner à sortir du nucléaire mais on voit fort bien tout ce qu'elle aurait à y perdre !

 

 

 

La SFEN,  Pôle Information,  mai 2011

5, rue des Morillons – 75015 Paris  - www.sfen.org

Contact presse : Francis Sorin – 01 53 58 32 64 ;  fsorin@sfen.fr 

 

 

 

(1) Le bilan de sûreté du nucléaire n'est pas contestable. Il ressort de toutes les études et enquêtes conduites depuis des années sur ces questions. Citons notamment, outre l'étude de l'Académie française de Médecine, déjà mentionnée : « Severe accidents in the energy sector », par l'Institut Paul Scherrer, Suisse, 1998 ; « Economics analysis of various options of electricity generation : taking into account health and environmental effects » par Nils Starfelt et Carl-Erik Wikdahl, 2010 ; ExternE, étude engagée depuis 1995 par la Commission européenne et régulièrement réactualisée, sur les détriments sanitaires et environnementaux comparés des différentes énergies. Mentionnons aussi les  études épidémiologiques – on en compte aujourd'hui plus de cent – réalisées dans de nombreux pays autour de 200 sites nucléaires et qui ne montrent pas, auprès des populations environnantes, de détriment sanitaire attribuable aux installations (centrales ou usines du cycle). En France, l'enquête de  ce type la plus récente a été menée autour du site du Tricastin ( publiée en 2010).  

 

(2) Précisons que pour ses fournitures d'uranium EDF ne s'adresse pas seulement à Areva mais également à d'autres groupes et pays producteurs, dans un souci de diversification de ses fournisseurs.   

 

(3) Quant à l'uranium importé pour faire fonctionner nos 58 réacteurs nucléaires, son coût doit osciller d'une année à l'autre   entre 600 et 900 millions d'Euros

 

 

 

 

 






jeudi 19 mai 2011

Fwd: Un référendum sur le nucléaire en France !- Infos - Le Monde - Point de vue - SFEN VdL

Point de vue

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/12/un-referendum-sur-le-nucleaire-en-france_1520942_3232.html

Un référendum sur le nucléaire en France !

LEMONDE | 12.05.11 | 15h44 • Mis à jour le 12.05.11 | 18h07

Au moment de célébrer le triste anniversaire des 25 ans de Tchernobyl, une autre catastrophe a jeté sa lumière froide sur les limites de notre maîtrise collective du feu nucléaire. En 1986, le contexte de guerre froide et les réassurances artificielles prodiguées à l'opinion publique avaient pu prétendre minimiser la portée de cet accident gravissime : les Soviétiques ne se préoccupent pas de sûreté nucléaire, leur système est désuet et non fiable, le nuage s'est dispersé avant d'atteindre le territoire français...

Aujourd'hui, le contexte a changé, les Japonais ont plutôt la réputation d'être fiables et le bêtisier de Tchernobyl n'a plus cours. Assurément, la catastrophe de Fukushima qui se poursuit crée une rupture que nous voulons pérenne dans notre relation au risque nucléaire. Elle impose de placer enfin la démocratie et la citoyenneté face à la technologie la plus dangereuse du monde.

De Tchernobyl à Fukushima, pourtant, il semble que nous n'ayons rien appris. Car le débat principal, le seul auquel les Français pourraient réellement participer, est escamoté, enfoui dans ce bavardage ininterrompu entre experts plus ou moins péremptoires. Comme l'avoue honnêtement le président de l'Autorité française de sûreté nucléaire, André-Pierre Lacoste (Le Monde du 31 mars), "personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais un accident grave en France". Donc le seul débat qui devrait avoir lieu dans ce pays, c'est celui de savoir si oui ou non les Français veulent assumer collectivement ce risque.

Les Français veulent-ils ou non, en connaissance de cause, entretenir sur le territoire national le risque d'une catastrophe nucléaire ? Et ce débat ne se réglera ni à coups d'expertises concurrentes ou vaguement contradictoires ni à coups de sondages plus ou moins fiables. C'est un débat fondamental pour une communauté citoyenne, celui de se mettre d'accord sur le niveau de risque que ses membres sont collectivement prêts à assumer.

Nous n'avançons pas masqués : nous défendons la sortie progressive du nucléaire, qui passe selon nous par la fermeture immédiate des centrales les plus obsolètes et situées en zones à risque, comme Fessenheim, l'arrêt du chantier EPR de Flamanville et le non-renouvellement des centrales sur la base de leur durée de vie actuelle. Mais cette sortie doit relever d'un choix démocratique.

Même un ministre de droite peut comprendre ça. Du moins s'il est allemand. C'est ainsi que le ministre de l'environnement, Norbert Röttgen, déclarait dans le magazine Spiegel du 23 avril : "Si à court terme le coût de l'énergie nucléaire semble bon marché, il est bien trop élevé en cas de catastrophe", pour conclure en disant que la "responsabilité devant le futur" impose de "repenser entièrement la sécurité" à l'aune des erreurs humaines et des forces incontrôlables de la nature. Un tel débat n'a jamais eu lieu en France.

L'atome est le plus durable des compromis politiques passés dans l'histoire de la France d'après guerre - plus encore que les acquis du Conseil national de la Résistance, la construction européenne ou le rôle de l'éducation nationale. Cette persistance à refuser le débat tient à des raisons historiques, technocratiques et politiques : dans le contexte de guerre froide entre deux blocs antagonistes, l'indépendance et la grandeur nationales passent par l'acquisition de l'arme nucléaire et la modernisation technocratique du pays, et l'impact en termes d'emploi garantissant le soutien des syndicats et de la gauche. Jusqu'à l'irruption de l'écologie dans le jeu politique, ce "consensus gaullo-communiste" n'avait jamais été remis en question par aucun mouvement politique constitué.

Aujourd'hui, il est temps que la société française s'empare de cette question. S'il est une leçon à retenir de Fukushima, c'est qu'on ne peut plus laisser prendre des décisions qui engagent à ce point la santé et la sécurité de tous sans un débat national aussi large et ouvert que possible. C'est pour cette raison que nous pensons qu'il faut formellement poser aux Français la question suivante : "Voulez-vous renouveler le parc nucléaire national par la prolongation ou la construction de centrales ?"

Si le "non" est majoritaire, la sortie progressive du nucléaire s'imposerait et libérerait la créativité pour un autre mix énergétique "zéro risque", nous permettant à la fois de sortir du risque nucléaire tout en luttant contre le risque climatique.

Un référendum, c'est la légitimité d'un débat citoyen qui permet de faire descendre la discussion dans les familles, les cafés, la rue - au lieu de laisser les experts ministériels et les lobbies dans un dialogue plus ou moins médiatisé. Un référendum, c'est aussi l'assurance d'une certaine continuité, évitant le risque d'une majorité versatile pour des politiques qui doivent être menées à long terme.

Enfin, c'est le seul moyen de mettre en question le "consensus atomique", qui nous a fait prendre tant de retard dans le développement des énergies renouvelables, les économies et l'efficacité énergétiques. Car un des enjeux majeurs du débat, c'est de ne pas laisser les Français seuls face à l'explosion de leurs factures d'électricité et face à la précarité énergétique. Il serait stupide aussi de sacrifier les centaines de milliers d'emplois que peut générer une révolution énergétique fondée sur le durable, le renouvelable et la sobriété.

Et puisque se profilent à l'horizon des échéances politiques majeures, disons-le clairement : un accord programmatique avec le PS ne saurait se résumer à un compromis sémantique sur la sortie du "tout" nucléaire ou de la "dépendance" au nucléaire. Ce référendum doit figurer en priorité dans tout accord final.

Il en va de notre responsabilité politique commune de proposer des scénarios crédibles d'alternative et de sortie du nucléaire aux Français. Renan disait que la nation, c'est un plébiscite quotidien dans lequel les citoyens expriment leur voeu de vivre ensemble. Sur des sujets autrement plus graves et dangereux que l'identité nationale, il serait bon pour une fois de donner voix à l'expression souveraine et directe des électeurs.


José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, députés européens ; Nicolas Hulot, président de la Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l'homme

José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, Nicolas Hulot  Article paru dans l'édition du 13.05.11


"J’ai vécu l’enfer de Fukushima"



Publié le 10 mai 2011 à 06h45
Mis à jour le 10 mai 2011 à 07h56

"J'ai vécu l'enfer de Fukushima"

Le Français Philippe Nibelle refuse de quitter sa terre d'adoption.

Cet enseignant de 60 ans, marié à une Japonaise, vit à Aizu          Wakamatsu, dans la préfecture de Fukushima, à 100 kilomètres de          la centrale nucléaire

Cet enseignant de 60 ans, marié à une Japonaise, vit à Aizu Wakamatsu, dans la préfecture de Fukushima, à 100 kilomètres de la centrale nucléaire France Soir

FRANCE-SOIR Où étiez-vous le 11 mars lors du tremblement de terre ?

PHILIPPE NIBELLE Chez moi, dans mon atelier. Cela fait seize ans que je vis au Japon, jamais je n'ai connu un tel tremblement de terre. Je suis traumatisé à vie. Tous les meubles à terre en un instant. Tout tanguait. Je me suis rué dehors. J'ai vu le macadam onduler comme un serpent. Voir la route qui se craquelle, les fissures qui s'ouvrent… c'est affolant. Il y avait une tempête de neige, on n'y voyait rien. Je suis rentré chez moi, je me suis recroquevillé. Je suis resté quatre heures prostré, les muscles tétanisés. Je n'ai pas honte de le dire, j'ai eu peur, j'ai pleuré. Quand ma femme est rentrée de son travail, j'étais muet. C'est elle qui m'a appris qu'il y avait eu un tsunami. Par chance, l'électricité n'a pas été coupée. On a allumé la télé et c'était encore plus affolant. J'ai vu une vidéo qui me hante encore. Elle montrait la vague qui se retirait en emportant des corps, des paquets de corps.

F.-S. A peine remis, vous apprenez qu'une explosion menace la centrale de Fukushima, à 100 km de chez vous…

P. N. J'ai pris la main de ma femme, Keiko, persuadé qu'on allait mourir. Le nucléaire, pour moi, c'était Hiroshima, Nagasaki. La vie était belle, et je me suis retrouvé face à la mort. Et puis l'explosion a eu lieu, et on était encore vivants. Cela m'a redonné de l'espoir ! Je ne connais rien au nucléaire, j'avais une trouille infinie, j'ai cherché des infos sur Internet.

F.-S. Et vous êtes devenu « le Français de Fukushima », correspondant pour de nombreux médias…

P. N. Partager mon quotidien et mes angoisses avec des millions de gens, en français, rendait le fardeau moins lourd. Mon deuxième exutoire a été l'écriture de ce livre. Cela m'a obligé à chercher des informations, à sortir voir des gens. Sinon, je n'avais qu'une envie, me terrer, ou partir.

F.-S. Faisiez-vous confiance aux autorités japonaises ?

P. N. On entendait : « On vous protège. » Mais les sites allemands ou anglais étaient alarmistes. Les Américains évacuaient leurs ressortissants dans un périmètre de 80 km, pas les Japonais. Comment déplacer 20.000 personnes, les loger, leur donner du travail ? Je suis devenu un peu paranoïaque. J'ai pensé qu'on ne nous disait pas la vérité. Ma femme, qui est japonaise, accepte ce que dit son gouvernement. J'ai mis trois semaines à lui faire comprendre qu'il faudrait peut-être, un jour, évacuer. L'ambassade de France nous a envoyé des pilules d'iode de potassium pour protéger la thyroïde. Cela nous donne 24 heures de répit en cas d'explosion pour tenter de nous éloigner.

F.-S. Un soir, de retour du travail, elle vous donne un billet d'avion pour la France…

P. N. Il n'y avait qu'une place, pour moi ! Ce geste d'amour m'a beaucoup déstabilisé. Mon épouse pensait que c'était à cause d'elle que j'étais au Japon. Elle refusait de quitter sa famille, son travail, les patients de la maison de retraite où elle est diététicienne. J'ai pensé à ma fille Chloé. J'ai contacté toute ma famille. Mais partir, c'était fuir. Et je ne voulais pas quitter Keiko.

F.-S. Comment vivez-vous, depuis ?

P. N. Il y a eu plus de 1.100 répliques depuis le 11 mars. Dès que la magnitude est supérieure à 4, vous recevez une alerte à la télé et sur votre mobile. La troisième semaine, il y en avait encore toutes les heures. Vous avez la trouille de prendre une douche, vous dormez à temps partiel, tout habillé, au cas où il faut cavaler dehors. En six semaines, j'ai perdu 7 kg. Aujourd'hui, je laisse une valise dans ma voiture, avec de l'eau, de la nourriture, un réchaud. Chaque matin, je regarde la dose de radioactivité annoncée par ma ville. Puis je constate, grâce à un appareil que m'a envoyé la Criirad (association indépendante d'information et de recherche sur la radioactivité, NDLR), le taux dans mon jardin. Puis je regarde la météo. Et comme je n'ai pas confiance, j'ai investi dans une girouette. Je guette le vent qui vient de la centrale nucléaire.

F.-S. Les autorités japonaises sous-estiment-elles le risque nucléaire ?

P. N. A mon sens, oui. Les habitants continuent à vivre, à travailler. Ils se moquent de moi avec mon gros masque sur le visage, au supermarché. J'ai surtout eu l'impression que Tepco, l'exploitant de la centrale, était dépassé. Il n'y a pas eu de recommandations officielles dans un rayon au-delà de 60 kilomètres autour de Fukushima. Pourtant, la radioactivité que j'ai mesurée chez moi est plus importante que ce que la ville indique. La Criirad a analysé un carré de mon gazon. Résultat : 0,6 mSv de radioactivité. Ils m'ont conseillé de ne pas marcher pieds nus sur ma pelouse pendant quelque temps…

F.-S. Frôler la mort vous a-t-il changé ?

P. N. Oui et non. Je ne veux pas faire d'examen de santé pour savoir si je suis irradié, car ma femme n'y aura pas droit. Je préfère qu'on soit tous les deux dans le même état. Je veux surtout m'impliquer avec la Criirad, car cela m'oblige à rester vigilant. Pour les miens, mais aussi pour les enfants de la région. Ces doses de radioactivité sont inquiétantes à long terme. J'ai distribué dix appareils Radex dans des écoles maternelles pour faire des mesures et envoyer les infos en France. Déjà plus personne ne parle de Fukushima.

F.-S. Jeudi, vous repartez au Japon. Dans quel état d'esprit ?

P. N. J'angoisse. La dernière fois que je suis venu à Paris, il y a deux ans, et que j'ai dit au revoir à ma fille, Chloé, je partais pour un pays normal et tranquille. Cette fois, je ne vais pas dans un paradis, plutôt vers l'enfer. La séparation sera rude. Tepco nous dit que ça va s'arranger, que d'ici neuf mois tout sera réglé. Mais si vendredi, il y a un tremblement de terre de magnitude 9, la centrale explosera. Aurais-je le temps de courir à ma voiture ?

Philippe Nibelle, Journal d'apocalypse, le Français de Fukushima, éd. Du Rocher.

Par Propos recueillis par Juliette DemeyPropos recueillis par Ju

C'est sur France Soir

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mercredi 18 mai 2011

Fwd: Eva Joly: «Je serai la candidate de la sortie du nucléaire»- Infos - GNY / liberation.fr - SFEN VdL


Objet : Eva Joly: «Je serai la candidate de la sortie du nucléaire»- Infos - GNY / liberation.fr - SFEN VdL

Eva Joly: «Je serai la candidate de la sortie du nucléaire»

10/05/2011 à 19h41 Par EVA JOLY députée européenne Europe Ecologie
http://www.liberation.fr/politiques/01012336611-eva-joly-je-serai-la-candida
te-de-la-sortie-du-nucleaire

«A un an de la présidentielle, la défaite de Nicolas Sarkozy est loin
d'être acquise. Une des conditions permettant de l'emporter est celle de la
clarté et du courage. Les écologistes et la gauche ne peuvent l'emporter sur
un malentendu ou pire sur une ambiguïté. Nous devons dire clairement quelle
politique sera menée. Sinon, comment entrainer l'adhésion populaire sans
laquelle rien n'est possible ? La victoire dépend moins de savantes
combinaisons entre appareils que de la dynamique politique et sociale portée
par une alliance nouvelle.
«C'est une vague citoyenne qui doit se lever pour porter dans le même
mouvement l'alternance gouvernementale et l'alternative politique.
J'essayerai donc de susciter la mobilisation des citoyens, à partir de
mesures précises que je présenterais aux français et que je livrerais au
débat commun des forces de transformation sociale.

«En premier lieu, je serai, dans la campagne qui vient, la candidate de la
sortie du nucléaire. Sans faillir et sans hésitation. Il ne s'agit pas d'une
posture politicienne, mais d'un impératif politique majeur. Chacun comprend
bien que la question énergétique sera un élément déterminant du quinquennat
à venir, placé sous une triple contrainte : la lutte contre le réchauffement
climatique, l'augmentation du coût de l'énergie, la prévention des risques
nucléaires.
«Face à ces problèmes, la réponse de la droite est connue : on continue sans
rien changer. Ainsi malgré son bilan désastreux en matière de lutte contre
le réchauffement climatique, l'actuel président aura toutes les audaces. Il
utilisera l'approximation et l'intimidation pour masquer la réalité des
enjeux.

«A l'inverse, de cette attitude démagogique, les écologistes feront en sorte
de traiter cette question avec la gravité e le sérieux qu'elle mérite. Pour
cette raison, nous ne nous contenterons pas de "prises de guerre" concédées
par le "grand frère socialiste" entre les deux tours, c'est-à-dire de la
fermeture de quelques réacteurs et de propositions à court terme. Un accord
mal justifié permettrait à la droite de pointer les contradictions pendant
la campagne électorale.
«Pire, en cas de victoire, un tel accord serait immanquablement source de
conflits à venir au sein de la future majorité. Je tiens donc très fermement
à mettre en garde contre un accord "politicien" sur le nucléaire, qui ne
serait pas adossé à une démonstration largement validée par les citoyens.
Que vaudrait un accord a minima arraché entre les deux tours de la
présidentielle sur un sujet qui engage l'avenir énergétique du pays ? Ce
qu'il nous faut faire, c'est rechercher un accord de fond avec une mise en
œuvre précise pour le quinquennat. Confrontons nos scénarios.

Etablissons nos solutions.
«La question de fond est de savoir quelle politique énergétique mènerait une
nouvelle majorité favorable à la sortie du nucléaire.
«Dans la première année du quinquennat, il faut un grand débat national de
prospective sur l'énergie. Pour prendre en compte les enjeux et déterminer
un cap. On y abordera la question de l'épuisement des combustibles fossiles,
l'augmentation du coût des l'énergies, la sortie du nucléaire. Ce débat aura
lieu au Parlement, et dans tout le pays, pour permettre la pédagogie du
changement qui seule favorise les grandes réformes.
«Il faut ensuite engager une nouvelle politique énergétique basée sur le
développement massif des énergies renouvelables, un programme résolu
d'économies d'énergie, une mutation forte en matière de transports. Ceci
nécessite une loi cadre, de nouvelles réglementations, le renforcement des
structures nationales et territoriales, et le déblocage de crédit
budgétaires, voire la réalisation d'un grand emprunt.
«C'est dans ce cadre que la sortie effective du nucléaire sera enclenchée.
Elle devra se faire dans la transparence, au Parlement ou par référendum.

«En premier lieu, il faut un calendrier de déclassement progressif des
réacteurs nucléaires en fonction d'un audit indépendant et contradictoire de
sureté et réhabiliter les réacteurs du parc actuel pour tenir compte des
nouvelles exigences post-Fukushima. il faudra stopper les chantiers des deux
réacteurs nucléaires de Flamanville et de Penly. Et également s'atteler
résolument à la question des déchets nucléaires.
«Le temps d'un quinquennat, nous devrons amorcer la sortie du nucléaire et
engager la transition énergétique. Disons le nettement : il ne s'agit pas de
sortir du "tout-nucléaire", expression imprécise et ambiguë, mais bien de
sortir du nucléaire. Et pour être à l'heure au rendez-vous de l'histoire, la
gauche et les écologistes ont l'obligation de présenter au pays un agenda
précis.

«La sortie du nucléaire est possible.

Elle ne se fera pas sans une politique ambitieuse qui conjugue crédibilité
économique, efficacité énergétique et transparence démocratique. Pour
réussir, la méthode de contractualisation entre futurs partenaires est
essentielle. Comme est indispensable l'existence d'un groupe écologiste fort
et autonome au Parlement. En effet, la politique est affaire de rapport de
forces. Les citoyens désireux de changement doivent donc nous renforcer,
nous porter, bref nous utiliser pour changer la donne.
«Il nous faut mener bataille ensemble pour convaincre ceux des nôtres qui
sont encore réticents. C'est-à-dire répondre aux interrogations légitimes
d'une population endoctrinée par des années de discours pro nucléaire et
affronter la droite conservatrice et ses solutions rétrogrades. Que chacun
en soit convaincu, le changement est en marche, inéluctable.
«En ces temps d'anniversaire du 10 mai 81, souvenons nous de l'une des
leçons de cette victoire : là où il existe une volonté, il existe un chemin.
La mobilisation avait arraché à François Mitterrand la décision d'abandonner
le projet d'implantation de centrale à Plogoff.

«La volonté des écologistes existe, portée par des années de lutte des
militants associatifs et politiques confondus, qui, pied à pied ont bataillé
depuis des années contre les lobbies et les conservatismes. J'incarnerai
cette volonté tout au long de ma campagne. Mais ma responsabilité est aussi
de faire en sorte que nous ne soyons pas seuls à partager cette volonté.
«Le présent texte est donc une adresse à tous ceux qui veulent forger le
changement par leur implication, qu'ils soient des militants antinucléaires
de toujours ou des convaincus plus récents.
«Il n'est jamais trop tard pour réaliser l'unité. L'appel vaut pour les
citoyens de toutes conditions et de toute obédiences. Il vaut également pour
les forces organisées, associatives, ou syndicales. Il s'adresse enfin aux
formations politiques qui se réclament de la transformation sociale, et en
premier lieu au parti socialiste qui occupe une place particulière puisqu'il
est aujourd'hui la première force électorale de l'opposition.






mardi 17 mai 2011

Fwd: Urban Living Lab - rejoignez les réseaux!


Madame, Monsieur, 

 

Nous vous remercions de l'intérêt porté à la démarche d'Urban Living Lab Versailles.Saint-Quentin-en-Yvelines en participant à son inauguration le 6 mai dernier.


Nous vous proposons dès à présent de rejoindre un ou plusieurs des groupes mis à votre disposition pour faciliter les échanges, en suivant les liens suivants :

Facebook  &  Linkedin

 

Les actualités du living lab, ainsi que les appels à idées/ à projets seront postés sur ces différentes plateformes, ainsi que sur le site www.urbanll.com.

L'idée est également de vous donner la parole via ces réseaux, vous pourrez donc y poster vos interrogations, suggestions, appels, etc.

N'hésitez pas à faire suivre ces liens autour de vous, nous avons notamment besoin d'usagers pour que l'écosystème d'innovation d'Urban Living Lab soit le plus complet possible.


Espérant vous voir nombreux pour participer aux échanges sur ces sites, nous restons à votre disposition pour toute question.

 

Bien cordialement,

 

Marie-Françoise GUYONNAUD
Déléguée Générale
Fondaterra


Eduquer à la joie et au bonheur... pour un renouveau de l'éducation


Soirée/Rencontre : 

Eduquer à la joie et au bonheur... pour un renouveau de l'éducation 

27 mai 2011 

de 19 à 21 heures  - Espace Mains d'Œuvres, Salle Star Trek

 

Eduquer aujourd'hui n'est pas synonyme de bien être, ni pour les élèves ni pour les enseignants, encore moins pour les parents. Et si on faisait du bonheur et de la joie de vivre, le véritable but de l'existence et donc de l'éducation? Pendant cette soirée nous allons débattre sur cette nouvelle vision et vous présenter l'initiative « Mouvement pour le renouveau de l'éducation » qui réunit des différents acteurs de la société civile avec des professionnels de l'éducation et de la formation, parmi lesquels :

o      Antonella Verdiani, chercheuse et consultante en sciences de l'éducation, formatrice, www.educationalajoie.com 

o    Bruno Giuliani, professeur de philosophie, facilitateur de Biodanza, créateur de l'Institut du Bonheur, www.brunogiuliani.com 

o   Carole Perle, coach, formatrice et conteuse, http://caroleperle.typepad.com 

  La soirée, conçue comme une rencontre - débat avec les participants, sera agrémentée  par des pauses musicales offertes par Etienne Avronsart, musicien et professeur d'arts appliqués.

     Participation : 5 euros 


Adresse :

Mains d'Œuvres, Salle Star Trek

1 rue Charles Garnier, 93400 Saint Ouen

Métro Porte de Clignancourt ou Garibaldi

www.mainsdoeuvres.org

 




Fwd: Energie solaire : un millier d’événements dans toute la France - Infos - batirama.com - SFEN VdL




Actualités > Energies renouvelables

http://www.batirama.com/article/l-info-actualites-energies-renouvelables/2368-energie-solaire-un-millier-d-evenements-dans-toute-la-france.html

 

Energie solaire : un millier d'événements dans toute la France

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Energie solaire : un millier d'événements dans toute la France

Visites d'installations, portes ouvertes d'entreprises spécialisées, conférences… les journées européennes du solaire organisées du 9 au 15 mai, proposent un millier de manifestations partout en France.



Campagne européenne d'intérêt général pour l'énergie solaire initiée en 2008, les Journées Européennes du Solaire ont pour but d'attirer l'attention du public sur les atouts de l'énergie solaire. En France, du 9 au 15 mai 2011, l'association Enerplan invite tous les professionnels du solaire, les associations, les Espaces Infos Energie, les centres de formation, les collectivités locales et les établissements scolaires à s'impliquer dans cette campagne européenne déclinée dans 17 pays, en organisant des événements locaux (portes ouvertes, visites d'installations, animations, jeux, débats, conférences…) afin de populariser et de faire connaître l'énergie solaire à leur entourage (famille, amis, voisins et collègues) ainsi qu'aux décideurs locaux.


Une solution évidente


Pour généraliser le recours à l'énergie solaire et préparer sa banalisation d'ici 2020, il faut compter sur la réglementation européenne et nationale, mais aussi sur l'engagement des collectivités locales. C'est à cette échelle que se joue l'accélération du développement du solaire en France. L'indépendance et le mix énergétiques sont plus que de simples concepts. C'est une question qui se fera chaque jour plus pressante pour l'Europe, la France et ses territoires, tandis que la lutte contre réchauffement climatique influence les décisions publiques. L'énergie solaire est une des réponses dans le mix des solutions. Produire localement l'énergie propre dont on a besoin en valorisant une ressource naturelle et sans risque, doit s'imposer comme une évidence.


Partenaires de choix


Avec ces Journées Européennes du Solaire, l'heure est à la mobilisation citoyenne pour développer cette technologie porteuse d'avenir et d'espoir pour la France et tous les pays de l'Union Européenne. En 2011, les Journées Européennes du Solaire sont soutenues par le Ministère de l'Ecologie, du développement durable, des transports et du logement, l'Ademe, Qualit'EnR, la Capeb et FFB GMPV. Elles sont également soutenues par Gaz de France Dolce Vita, Soleil en Tête, Enfinity, Viessmann et la Banque Populaire.


10 conseils régionaux partenaires


Parce que l'engagement des collectivités est décisif pour le développement du solaire en France, notamment dans les logements sociaux et bâtiments publics, les Journées Européennes du Solaire nouent des partenariats avec les Régions. Les Régions Alsace, Aquitaine, Languedoc Roussillon, Midi Pyrénées, Nord Pas de Calais, PACA, Pays de la Loire, Poitou Charentes, Réunion et Rhône Alpes s'impliquent dans la réussite des JES 2011.


Le soutien de la Commission Européenne


Suite au succès du projet « European Solar Day I» (2008/09), le nouveau projet « ESD II » (2011-2013) a été retenu par la Commission Européenne. Il rassemble 17 pays dès 2011 pour une campagne européenne de promotion du solaire et vise à en impliquer 21 à l'horizon 2013. Compte tenu du succès de la campagne en France, Enerplan y joue le rôle de « mentor » auprès des nouveaux pays participants.


En savoir plus : www.journees-du-solaire.fr


Source : batirama.com