jeudi 6 janvier 2011

Nouvelles Clés - Entretien : Raimon Panikkar - En chacun de nous se joue le destin de l’humanité


http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=2081

Raimon Panikkar

En chacun de nous se joue le destin de l'humanité


Un homme exceptionnel nous a quitté cette année à 92 ans. Professeur des plus prestigieuses universités à Harvard, à Mysore en Inde, à Girona en Espagne à laquelle il a légué toute sa fabuleuse bibliothèque, auteur de livres traduits dans le monde entier, parlant lui-même douze langues, la pensée de Raimon Panikkar se situe au confluent de l'orient et de l'occident et lui a permis d'être l'un des piliers du dialogue interreligieux. Marc de Smedt l'avait rencontré en 2008, chez lui à Tavertet en Catalogne, dans sa maison ermitage, vrai nid d'aigle surplombant un magnifique paysage. Une rencontre émouvante avec cet homme, vrai humaniste moderne qui disait : « Mon aspiration ne consiste pas tant à défendre ma vérité qu'à la vivre ».


CLES : Edgar Morin, dans son livre Vers l'abîme [1], vous cite en disant : « nous sommes plutôt à la fin de l'histoire au sens supposé par RaimonPanikkar, penseur indien et catalan, pour qui nous devons reconsidérer les huit mille dernières années de l'histoire humaine pour nous demander si c'est bien là le destin de l'humanité. Ne peut-il y avoir quelque chose au-delà de l'histoire et, s'il y a quelque chose, c'est un nouveau commencement qui signifie recommencement. » Et vous dites, dans vos derniers livres [2] que notre civilisation est en train d'arriver face à un mur ou un ravin vertigineux qui, pour être invisible, n'en est pas moins réel. Comment ressentez-vous donc cette « fin d'un monde » qui est en train de se passer ?
RaimonPanikkar : Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une crise de plus. Nous sommes entrés dans LA crise. Tout nous y conduit : le pillage et la destruction de la planète, le double fait que l'espace vital a cessé d'être sacré et risque ainsi de n'être plus la demeure de l'homme, et que le psychisme de l'espèce humaine ne va bientôt plus supporter le rythme effréné de notre train de vie. Quelque part nous pressentons que notre civilisation risque d'être sans avenir. Certains impatients voudraient lancer des révolutions pour créer un monde nouveau. Cela ne ferait qu'ajouter de la destruction à celle qui est déjà en cours. Ce qu'il faut, c'est une transformation. Et la transformation est surtout une affaire spirituelle.

Vous dites cela alors que le fanatisme religieux augmente ! Mais je sais que vous défendez la sagesse des spiritualités face au dogmatisme religieux...
Pourquoi tellement de gens ne croient-ils pas au concept d'un monde intérieur spirituel ? Car ils ne croient pas en eux-mêmes. Je vais parler maintenant comme un Indien (rire) : si l'on découvre la divinité en soi-même, c'est- à-dire la dignité personnelle univoque, on découvre la transcendance qui nous habite et nous dépasse. Mais si je ne crois pas en moi-même, je ne peux comprendre cela. Il nous faut nous transformer nous-mêmes pour transformer le monde. La transformation commence avec l'idée, déjà ancienne chez les Grecs et les hindous, que l'homme est un microcosme. Donc qu'en chacun de nous le destin de l'humanité se joue. Nous ne sommes pas seulement une monade plus ou moins séparée des autres. Tout est en relation avec tout : on ne peut pas isoler une chose du reste. Cela va évidemment à l'encontre de la science moderne qui veut toujours tout scinder et cataloguer : mais cet état d'esprit, en outrepassant son génie, nous a menés à la catastrophe. Il faut concevoir à présent une pensée holistique, qui relie tout à tout, chaque chose à chaque autre chose, car la réalité ne se laisse pas couper en morceaux. Mais pour avoir cette conception globale, il ne faut pas bêtement faire la somme de toutes les choses. Non, il faut créer une autre épistémologie, et pour réussir cela, on ne peut pas séparer la mystique de la raison. Ce divorce entre la connaissance et l'amour a commencé au XIIe siècle : or, connaissance sans amour, c'est calcul. Amour sans connaissance, c'est sentimentalisme. On ne peut pas bien connaître si on n'aime pas. On ne peut pas bien aimer sans connaître. Il faut à nouveau marier ces deux termes : c'est, me semble-t-il, l'une des espérances de notre temps.

Rares sont les raisons d'espérer aujourd'hui...
Le slogan du New Age : another world is possible, un autre monde est possible, peut certainement être discutable. Mais ce qui n'est pas discutable, c'est bien le fait que ce monde que nous avons créé va devenir impossible ! Revenons à ce que vous soulignez dans votre première question : l'histoire et sa finitude. L'histoire, c'est le mythe occidental par excellence : pour nous, quand une chose est historique, elle est réelle. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a bien longtemps, en Inde, le hasard nous avait réunis à trois personnes : un hindouiste croyant en Krishna, un pasteur chrétien presbytérien et moi, théologien catholico-bouddhiste. Le pasteur riait, sans vouloir être méchant ni blessant, du mythe de Krishna l'amoureux, de son goût pour les jolies gopis, il plaisantait là-dessus et le comparaît à l'expérience absolue de Jésus. Moi, je devenais un peu nerveux en croyant que notre ami hindou allait s'offusquer : mais pas du tout, il riait au contraire avec plaisir de tout cela en compagnie du pasteur. En parlant ensuite avec lui je compris son point de vue : il pensait que Jésus était un personnage historique comme Napoléon ou Socrate. Mais pour lui le Krishna de son cœur était présent en lui et cela n'avait aucune importance qu'il soit critiqué, qu'il soit un mythe, ou qu'il ait une historicité quelconque. Chez nous, en Occident, tous les systèmes, même le christianisme, sont fondés sur l'historicité. Si un prêtre n'est pas le successeur historique des apôtres, il n'est pas légitime. En Inde, cette façon de voir n'existe tout simplement pas. C'est en cela que nous devons cesser de considérer les autres cultures comme des folklores : chaque culture est une façon de vivre et de comprendre le monde. Le colonialisme nie cela avec la croyance que nos conceptions sont la vérité plus ou moins absolue. La science, pour importante qu'elle soit, ne représente pas tout. Un fait scientifique semble équivalent à un fait réel. Mais c'est enfermer le réel dans nos concepts ! La réalité n'a pas besoin du sceau de la science ou de l'histoire pour exister. Nous sommes donc aujourd'hui dans la fin du mythe de l'histoire.

Et vous croyez donc qu'une nouvelle spiritualité doit pouvoir émerger sur ces ruines ?
Oui, celle de la transformation intérieure, celle du Christ intérieur, du Bouddha intérieur, du Dieu quel qu'il soit, intérieur. Avant de vouloir changer le monde, il faut changer le monde en soi-même. Là est le grand défi que nous avons à assumer.

Mais comment apprendre, par exemple aux jeunes, à assumer cela ?
Il n'y a pas de comment. Quand on veut apprendre à nager il faut aller dans l'eau !

Toutefois, ne croyez-vous pas que des techniques, telles celles découvertes par l'Orient avec le yoga, le zen, le tai-chi... ou celles de la prière sous toutes ses formes, s'avèrent nécessaires pour se jeter à l'eau ?
Oui, bien sûr, il faut apprendre les gestes de la nage. Ces techniques, qui font partie du patrimoine spirituel de l'humanité, sont une grande chance : elles vont opérer un nettoyage psychique qui permettra d'apprendre et de vivre le silence à l'intérieur de nous-mêmes. Car sans ce silence redécouvert en nous, on ne pourra rien, on ne pourra pas agir de façon juste. Nous sommes dans un moment de manque vital, un moment stellaire de l'humanité, comme disait Stefan Zweig. Nous nous rendons compte que nous ne pouvons pas continuer comme cela. Que ce soit du point de vue écologique, économique, social ou spirituel, nous ne pouvons pas continuer comme nous le faisons. Si l'Inde et la Chine avaient autant de voitures par habitant que nous, en deux ans l'atmosphère du monde deviendrait irrespirable.

Mais vos réflexions, pour justes qu'elles soient, ne vont pas dans le sens du temps : ainsi en Inde, l'industriel Tata vient d'annoncer la conception d'une voiture, la Nano, à 1 700 euros, la moins chère du monde : en jeu, les 7 millions d'Indiens qui roulent, parfois à deux ou trois, sur leurs deux roues. Le marché indien de l'automobile devrait ainsi doubler d'ici 2010 ! Sans parler du marché chinois en plein essor lui aussi.
Raison de plus : il faut donc trouver, vite, les moyens de changer. Changer de mentalité d'abord.

Changer pour changer...
En effet, il n'y a même pas besoin de pourquoi. Pourquoi aime-t-on sa femme ? Parce qu'elle est belle, intelligente, riche... Et le jour où elle n'est plus belle, intelligente, riche, on ne l'aimerait plus ? Non, on l'aime parce qu'on l'aime. Comme le dit joliment AngelusSilesius : la rose n'a pas besoin de pourquoi. C'est la grâce et la gratuité qu'il faut retrouver pour retrouver la beauté du monde et de la vie. Le changement en nous doit être radical pour redécouvrir un sens perdu.

Je suis d'accord. Mais certains vont dire que vous êtes, que nous sommes, des idéalistes un peu coupés des réalités du monde.
Je dois aller samedi parler à une table ronde à Barcelone autour du dialogue des religions, plus de cinq cent personnes se sont inscrites pour y assister, m'annonce-t-on. Cela prouve que les choses avancent tant soit peu. Chaque religion vit en accord avec son propre mythe et chacune d'elles, sans exception, recèle le pire et le meilleur. Pour dépasser le fanatisme et la fermeture inhérents à tout système clos sur lui-même, il faut créer du dialogue : mais celui-ci doit être vécu comme une communion dans le sacré sans laquelle aucune communauté humaine ne saurait exister. Le dialogue a en effet un noyau mystique qui n'apparaît pas immédiatement à la surface des rapports humains, mais qui est présent à l'intérieur de ceux-ci. C'est pourquoi j'aime beaucoup cette phrase que m'a dite un jour un sage africain : nous comprenons ce que tu as dit et ce que tu n'as pas dit !

Vous vous définissez d'ailleurs à la fois comme chrétien, bouddhiste, hindou et laïc...
Et séculier. Je n'aime pas le terme laïc.

Séculier n'a plus beaucoup cours, c'est un vieux mot. Par contre, on parle beaucoup aujourd'hui du concept de spiritualité laïque.
Ah, c'est très bien. Comme nous sommes aussi des êtres relationnels, nous cherchons à formuler notre foi, qui n'a pas d'objet, avec le langage de notre temps et de notre culture. Mais l'essentiel est de s'ouvrir à notre silence intérieur et à autrui. Sans la mystique pure, les religions deviennent des idéologies. En empruntant une voie médiane entre l'ancien et le nouveau, le dialogue rend possible une transformation créatrice des traditions historiques et des comportements. Mais il faut faire attention : dans le dialogue, tout est en jeu, il peut y avoir échange, conversion des idées, mais aussi risque de confusion.

Quel conseil donneriez-vous aujourd'hui aux jeunes (et moins jeunes générations) ? De ne pas avoir peur ? De créer ? De lutter ?
D'être sincères avec eux-mêmes. Et de se libérer de l'emprise de la technologie : ce qui n'empêche d'ailleurs pas de s'en servir. Mais il ne faut pas être soumis à la technique et à une société qui veut nous forcer à consommer : l'essentiel est ailleurs. Et si l'on n'est pas libre en soi, on reste prisonnier d'un système. La dernière longue lettre de Platon se termine par ces mots : Este su, sois toi-même. J'ai fait une expérience extraordinaire quand j'étais professeur à Harvard il y a une trentaine d'années, que je vais vous révéler ici, je ne l'ai jamais racontée. Pour l'examen du doctorat, après l'épreuve écrite puis orale, était prévue une discussion avec chaque professeur. Et un jour, j'ai fait une expérience en disant à chaque élève : Quelle est la note que tu mérites, d'après toi ? Voici mon stylo, tu inscris la note et je signe. Surprise des étudiants. Mais ils l'ont fait. Et tous, à une seule exception près, ce sont jugés plus bas que ce que j'aurais donné comme note. Le seul à se surjuger avait évidemment un ego démesuré. Tous les autres ont été beaucoup plus sévères avec eux-mêmes que moi. C'est une belle histoire, non ? Leur futur dépendait aussi de cette note. Mais leur conscience les rendait humbles. Cela me donne foi en l'humanité. Lorsqu'on loue mon humilité, je réponds toujours : je suis trop intelligent pour être orgueilleux ! (rires). Il faut que chacun écoute sa conscience. Mais pour l'écouter, il faut savoir être en silence. Sois toi-même. Mais pas sous l'emprise d'un système. Retrouve-toi toi-même.

À lire aussi de Raimon Panikkar :

-  La Plénitude de l'homme, éditions Actes Sud, 2007. Éloge du simple, rééd. 2008 
-  L'Expérience de Dieu, 2002 
-  Entre Dieu et le cosmos, entretiens avec Gwendoline Jarczyck, éd. Albin Michel, 1998. 
-  La Trinité, une expérience humaine primordiale, éd. du Cerf, 2003. 
-  Le Dialogue interreligieux, éditions Aubier, 1985.
[1] Vers l'abîme, éditions de L'Herne
[2] Le Silence du Bouddha : une introduction à l'athéisme religieux, éditions Actes Sud, 2006. Dieu, Yahweh, Allah, Bouddha, l'inévitable dialogue, éd. Le Relié Poche, 2003, rééditions 2008.

mercredi 5 janvier 2011

Projet: Ekopartage - Ekopedia - Ekoprojets, des laboratoires d'évolution de notre société


http://fr.ekopedia.org/Projet:Ekopartage

Enjeux

Nous pensons que les Ekoprojets, pour être des laboratoires d'évolution de notre société, peuvent utiliser des outils, existants ou à inventer, dans le but d'enrichir leur diversité, leur efficacité, ...

[modifier]Historique

Recherchant des personnes avec qui partager une vision ou un engagement afin de fonder ou d'intégrer un groupe projet nous correspondant, nous avons recherché un outil pour les trouver. Ayant découvert qu'un tel outil, qui répondrait a une forte demande, n'existait pas, j'ai posé les bases du travail en cours, sous licence « Créativ Commons » avec des membres du réseau sur Ekopartage et toute personne qui décide de s'engager avec l'équipe Ekopartage.

[modifier]Constat

  • Le développement d'ékoprojets est freiné par les difficultées rencontrées par les groupes projets dans l'élaboration d'une cohérence et d'une intelligence collective.
  • La volonté de caractériser et de nommer les expériences (par exemple entre éco-lieu, écovillage, co-habitat, collectifs, communautés intentionnelle, …) freine la collaboration entre les acteurs.
  • De nombreux réseaux et bases de données existent qui référencent des annonces, donnent des conseils sans toutefois revêtir un cadre commun ni être interconnectées ou exhaustifs.
  • La base qui semble présenter aujourd'hui les réalisations et les projets sous la forme la plus pertinente est La page de recherche du site du FIC (Fellowship for Intentional Community)

[modifier]Le Projet

est d'élaborer un outil complet et de qualité, au service des porteur(se)s de projets et sous licence [Création Commune]. Les entrées de listes, succinctes, synthétiques et concrètes permettent l'élaboration collaborative du contenu. Ce centre de ressources opérationnels permet aux porteurs de projets de formuler le « profil de leurs envies », de faciliter la mise en relation entre les personnes partageant des aspirations similaires et d'aider l'établissement de plans d'actions réalistes et viables.

[modifier]Concept

Nous avons abordée la réflexion sur le montage d'ékoprojets par une approche systémique. L'étude d'un pannel d'expériences et la compilation de diverses tentatives de définition nous ont permis de définir les besoins. Nous avons irrigué notre travail par le concept de Triarticulation sociale.

[modifier]Objectif

L'objectif est que les porteurs de projets, expérimentés ou non, puissent s'enregistrer et disposer  :
  • d'un guidage séquentiel intuitif pour définir leur projet et structurer leur réflexion,
  • d'un centre ressource où obtenir des informations complémentaires et partager leur expériences,
  • de fonctions de recherche qui permettent de rencontrer des personnes aux envies similaires,
  • d'outil de communication qui permettent aux membres des groupes ainsi constituer d'échanger sur la concordance de leurs profils,
  • d'outil d'édition pour imprimer le profil du groupe sous une forme de charte,
  • d'une visualisation de l'équilibre des projets et de leur évolution,

[modifier]Les moyens

seront ceux d'une équipe, au départ bénévole, qui va compiler les outils existants, tels que les bases de données, les réseaux sociaux, les recherches par critères, les outils collaboratifs ou les licences Creative Commons, au service d'une démarche systémique éclairée par le concept de Triarticulation sociale. Une maquette, transmise sur demande motivée, permet de mieux comprendre le projet.

[modifier]L'équipe

se compose de celles et ceux qui désirent s'engager, en collaboration avec des centres de recherche, dans une première phase de six mois de validation et développement. Durant cette période, nous sommes accueilli(e)s au sein d'un ékolieu, participons à ses activités et à des stages d'agriculture et de construction. Quelles que soient vos compétences, contactez nous. Plus d'information sur la page Ékopédia de l'équipe ou sur le forum de l'équipe.

[modifier]Ce travail

est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons 88x31.png Il en est actuellement à l'évaluation des divers CMS existants ainsi que des modules adaptés aux fonctionnalités recherchées. Des tests sont en cours sur Joomla et Moodle.

[modifier]



Bien cordialement,

Michel SALOFF-COSTE






Le Figaro - Sciences : Google numérise des milliards de mots


http://www.lefigaro.fr/sciences/2010/12/16/01008-20101216ARTFIG00752-google-numerise-des-milliards-de-mots.php



Bien cordialement,

Michel SALOFF-COSTE






mardi 4 janvier 2011

Le Journal Intégral : Université Intégrale (2) Trois ans de réflexions novatrices


http://journal-integral.blogspot.com/2011/01/universite-integrale-2-trois-ans-de.html

Dans notre dernier billet nous présentions l'Université Intégrale ainsi que le contexte socio-culturel dans lequel s'inscrit une telle initiative novatrice. Dans celui-ci, nous voudrions présenter les divers thèmes traités durant les journées d'études qui se sont déroulées depuis la création de l'Université Intégrale, avec les liens qui permettent de se connecter aux vidéos correspondantes pour tous ceux qui aimeraient suivre ces activités sans toujours avoir le temps ou la possibilité de se déplacer.

Car l'Université Intégrale, c'est aussi une banque de données vidéos destinée à tous ceux qui désirent visionner sur la toile nombre de conférences qui ont eu lieu depuis le début de ses activités. C'est, enfin, un réseau de personnes intéressées par le développement d'une perspective intégrale et qui peuvent communiquer soit à travers un réseau social dédié, soit à travers Facebook.

Carine Dartiguepeyrou et Michel Saloff Coste ont réalisé avec l'aide de Michel Nguyen The un bilan rétrospectif des deux premières années de l'Université Intégrale. Ce document de deux pages en français a servi de base à un article rédigé par Michel Nguyen The en français pour leblog de l'Université Intégrale et en anglais pour la revue Integral Leadership Review qui s'est fait l'écho de ces activités.

Ces articles permettent de mesurer l'ampleur des sujets explorés en deux ans ainsi que le caractère novateur des thématiques abordés et de la pédagogie mise en œuvre. Au bilan rétrospectif de ces deux premières années, en 2008 et 2009, réalisé par les animateurs de l'Université Intégrale, nous avons nous-même ajouté pour être complet le programme des quatre journées ayant eu lieu en 2010. Ceci afin d'avoir une vision exhaustive des réflexions novatrices engagées au sein de l'Université Intégrale depuis trois ans.


28 Février 2008. Qu'est-ce que l'approche intégrale ?

"Lors de cette journée, nous avons explicité ce que nous entendons par l'approche intégrale. Pour cela nous avons fait référence et nous avons utilisé les trois grands types d'entrées utilisés dans tout travail encyclopédique. Nous avons premièrement attiré l'attention sur des concepts et desnotions qui nous paraissent structurer l'approche intégrale. Deuxièmement, nous avons nommé un certain nombre d'auteurs reconnus pour avoir apporté des éléments essentiels à l'approche intégrale. Troisièmement nous avons constitué une liste de lieux emblématiques où l'approche intégrale depuis un siècle s'est développée d'une manière singulière.

Pendant cette première journée nous avons affirmé notre volonté de construire l'Université Intégrale à Paris sur les bases d'une logique internationale, ouverte à tous les courants de l'approche systémique et intégrale dans leur diversité épistémologique."

Intervenants : Eric Allodi, Etienne Avronsart, Carine Dartiguepeyrou, Bruno Marion, Marion Peterson, Eric de Rochefort, Michel Saloff Coste, Brian Van Der Horst.


16 Octobre 2008. Comment intégrer la pensée intégrale ?

"Durant cette deuxième journée, nous avons focalisé notre attention sur la question centrale de la cohérence entre la pensée et l'action. La journée était construite autour de témoignages de personnalités singulières qui ont expliqué comment ils ont découvert l'approche intégrale, comment ils l'ont appliquée et comment ils l'ont développée à travers des actions et créations significatives."

Intervenants : Eric Allodi, Thierry Gaudin, Ervin Laszlo, Chris Peytier, Michel Saloff-Coste, Brian Van Der Horst, Robin Wood.


13 Janvier 2009. Comment repenser notre façon de penser ?

"La troisième journée a eu comme thème l'éducation. Quelles sont les caractéristiques d'un « Bon, Beau, Vrai » enseignement intégral ? Ouverture et compréhension des autres cultures par l'intérieur. Respect de la singularité de chacun et de son altérité. Education physique et mentale, mais aussi éducation du cœur et de l'esprit à travers le sport, la science, l'art, la philosophie et la spiritualité. Capacité critique à « méta analyser » la démarche analytique que l'on met en œuvre. "

Intervenants : Etienne Avronsart, Diane Baran, Robert Branche, Justine Caulliez, Delphine Charvolin, Henri Conze, Carine Dartiguepeyrou, Marc Fleuriet, Bénédicte Fumey, Marine Goodmorning, Alain Gourhant, Caroline Guidetti, Sophie Laleman, Martine Laval, Solen Penchèvre, Chris Peytier, Cécile Priou, Michel Saloff Coste, André Staropoli, Antonella Verdiani.


10 Mars 2009. Comment répondre de manière positive, durable et intégrale à la crise systémique contemporaine ?

"La quatrième journée a eu comme thème la crise. Quelles sont les grandes caractéristiques de la crise systémique contemporaine dans ses dimensions, économiques sociales et écologiques ? En quoi cette crise est différente des précédentes et quel diagnostic en faire ? Les réponses apportées aujourd'hui dans le monde et en France sont-elles pertinentes, adaptées et suffisantes ? " On trouvera ici le programme complet de la journée.

Intervenants : Jean-Eric Aubert, Etienne Avronsart, Carine Dartiguepeyrou, Thierry Gaudin, Sophie Laleman, Bruno Marion, Edgar Morin, Michel Saloff Coste, Gérard Schoun, Patrick Viveret, Robin Wood.


23 Juin 2009. Sociétés durables et écologie intégrale : comment passer de la vision à l'action ?

"La cinquième journée eu comme thème le développement durable. Aujourd'hui, l'heure n'est plus uniquement aux bilans. Les premières initiatives telles que Limits to Growth de Meadows (1973), le Manifeste du Club de Budapest pour une conscience planétaire (1980) et plus récemment la Déclaration de l'état d'urgence d'Ervin Laszlo (2009) nous donnent un aperçu international et synthétique des faits et diagnostics que l'on peut faire en matière de durabilité sur l'ensemble de la planète.

La question est à présent de sortir de nos contradictions pour déployer une réforme de nos modes de pensée et de vie. C'est bien avec cette ambition que nous avons placé cette cinquième journée de l'Université Intégrale : replacer l'homme au cœur du vivant et dégager des pistes de congruence entre la vision et l'action pour accélérer la transformation de nos sociétés vers la durabilité.

Nous avons cherché en particulier à répondre aux questions suivantes : Pourquoi le développement durable, tel que défini par les instances internationales (environnemental, social et économique), nous confronte-t-il à nos contradictions ? Comment arbitrer les priorités entre écologie, économie et société ? Quelles sont les pistes de gouvernance pour mettre en œuvre la durabilité ? Comment le vivant peut-il inspirer notre vision du monde ? Comment repenser et organiser notre agriculture ? Quels sont les éléments clés d'une vision durable ? Comment agir de manière écologique et intégrale au quotidien ? Qu'est-ce que l'écologie intégrale ? " On trouvera ici le programme détaillé de la journée.

Intervenants : Etienne Avronsart, Amandine Barthélémy, Tapas Bhatt, Gauthier Chapelle, Carine Dartiguepeyrou, Philippe Desbrosses, Bénédicte Fumey, Caroline Gervais, Yolaine La Bigne, Karim Lapp, Elisabeth Laville, Michel Saloff Coste.


Samedi 24 Octobre 2009. Civilisations du futur et futur des civilisations ?

"Nous sommes dans une période de transformation économique, sociale et écologique. Il devient important de développer des solutions pour survivre à court terme sans négliger de construire un futur durable et d'investir sur le long terme. Comment civiliser le futur ? A quoi ressembleraient les possibles civilisations du futur ? Quelles sont les nouvelles approches en matière économique, sociale et écologique qui permettent d'illustrer les civilisations du futur ? Comment civiliser le futur pour le rendre enthousiasmant et redonner à l'humanité confiance dans son destin ? A quoi ressemblerait, une civilisation qui réponde aux enjeux actuels par des solutions innovantes ? Des initiatives nouvelles, parfois relevant de nouveaux paradigmes, se manifestent un peu partout à travers de multiples initiatives et expérimentations : comment les expliciter et les catalyser ? On trouvera ici le programme détaillé de cette journée."

Intervenants : Etienne Avronsart, Anne de Bétancourt, Carine Dartiguepeyrou, Jean-Baptiste de Foucault, Bénédicte Fumey, Thierry Gaudin, Sophie Laleman, Jacques Lesourne, Bruno Marion, Michel Saloff Coste, Jean Staune.


Samedi 23 Janvier 2010. Ecovie, Ecoville, Ecovillage.
"Comment développer en ville et à la campagne un art de vivre écologique ? Comment imaginer une nouvelle socialité inclusive et reliée qui soit porteuse de sens ? Comment associer développement personnel et transformation sociale ? Comment agir à toutes les échelles territoriales de la plus grande à la plus petite proximité?
Cette journée nous donnera des clés pour impulser le changement de manière active : créative, concrète et enthousiaste ! Les différentes interventions et nos échanges seront l'occasion de réfléchir et d'expérimenter ensemble la façon dont nous pouvons utiliser la pensée intégrale aux niveaux individuel et collectif pour une transformation intérieure et extérieure de nos cadres de références. On trouvera ici le programme détaillé de cette journée."

Intervenant : Carine Dartiguepeyrou, Michel Saloff-Coste, Bruno Marion, Esther Dubois, Bénédicte Fumey, Etienne Avronsart, Pierre Dommergue et Marie Francoise Guyonaud, Anne de Béthencourt, Philippe Desbrosses, Robert Lion, Pascale d'Erm, Jean-Yves Fromonot, Véronique Bouthegourd, Brian Van Der Horst.


Mardi 20 avril 2010. Asie et Occident : vers une culture intégrale ?

"Au travers de la comparaison, de la confrontation et de l'intégration des points communs et des différences entre les cultures asiatiques et occidentales, nous étudierons ensemble comment la rencontre de l'Asie et de l'Occident nous permet de décrypter et comprendre les grandes mutations en cours ? Que nous enseignent les cultures spirituelles et philosophiques asiatiques et occidentales ? Comment intégrer l'ensemble de ces connaissances dans nos vies quotidiennes ? Asie, Occident : l'harmonie de la civilisation du futur ? " On trouvera ici le programme détaillé de cette journée.

Intervenants : Michel Saloff Coste, Bruno Marion, Etienne Avronsart, Coriam, Pierre Pyronnet, Denis Marquet, Charlotte de Silguy, Jean Larroquette, Danya Quing, Jean Staune, Floriana Pagliano


Mercredi 16 juin 2010. Prospective d'un monde en mutation

" Une journée exceptionnelle organisée par le Club de Budapest et l'Université intégrale à l'occasion de la sortie du livre collectif Prospective d'un monde en mutation (sous la direction de Carine Dartiguepeyrou) auquel ont notamment contribué Ervin LaszloEdgar Morin et Matthieu Ricard.

Comment expliquer les grands changements planétaires que nous vivons ? De quelle nature est cette transformation et comment impacte-t-elle nos systèmes politiques, économiques et sociaux ? Comment construire un développement durable au-delà du débat sur la croissance et la décroissance ? S'agit-il d'un « virage » ou d'une « métamorphose » qui nous conduit vers une nouvelle civilisation ?

L'enjeu de nos sociétés est de parvenir à dégager des stratégies créatives qui allient vision et action pour construire un avenir meilleur, plus proche des hommes et du vivant. Cette journée se concentrera sur les éléments de diagnostic et les solutions." On trouvera ici le programme détaillé de cette journée.
Intervenants : Jean-Baptiste de Foucauld, Thierry Gaudin, Ervin Laszlo, Tristan Leconte, Bruno Marion, Michel Saloff Coste, Jean Staune, Antonella Verdiani


Le 17 novembre 2010. Une approche intégrale de la santé.

Il semble que les vidéos de cette journée ne soient pas encore en ligne.

"Dès 1986, avec la Charte d'Ottawa, la santé de la population devient une responsabilité collective. Il paraît fondamental, en ces temps de mutation sociétale, que notre approche de la santé évolue. La considérer de façon intégrale est une invitation, comme dirait Einstein, à « formuler un nouveau mode de pensée, nécessaire à l'humanité, pour survivre et atteindre un plan de conscience plus élevé. »

Nous souhaitons évoquer l'être vivant dans une approche intégrale, à travers ses composantes physiques, psychiques, mentales et spirituelles, en constantes interactions. La dimension écologique sera abordée, avec l'influence de notre environnement sur notre bien-être global. Comment, par une meilleure connaissance des effets sur l'organisme, de l'alimentation, la qualité de l'air et de l'eau, les rythmes et modes de vie, pouvons-nous créer les bases d'une bonne santé ? L'art et la créativité, qui nous mettent en mouvement, auront une place de choix dans cette journée de rencontre et de partage.

Nous aborderons aussi les nouvelles approches thérapeutiques, pour la Santé de demain, avec un autre regard sur la maladie, sur nos potentiels, nos qualités intérieures, sur la relation au patient et sur la nécessité de repenser un système de soin plus global et plus responsabilisant." On trouvera ici le programme détaillé de cette journée.


Prochaines Journées en 2011

19 février 2011 : L'Entreprise et l'économie intégrales

6 juin 2011 : La Société et la politique intégrales

Ces événements ont lieu au Forum 104, 104 rue de Vaugirard, 75006 Paris. Des détails seront mis en ligne prochainement sur le site du Club de Budapest France.

lundi 27 décembre 2010

YouTube - Sade - Cherish The Day


http://www.youtube.com/watch?v=pKhfoKOTwZY&playnext=1&list=MLGxdCwVVULXeY4AEDkQM8qzLu7fs67D2l&ytsession=_x053hKSjBT584YKRFDTMtBg6ARt1D-pfLygQdAIaXanZNJqENXOD9LzzG26GWGhfWQQcIsvvbaDWg5n24NN3hukG-qdsKCW0_v5pxyPwH1QVEw6GBaORfeAoITqebGRVmRcKOywtv7Y0oIp6uqmqTPCVdz5rpIWQ9mJAjXanPUPS9eTTDdaSTb3RZEjWaYFe8Iam4ujQL6mTxkWB4TiqFNi-rD6dT8YjS1ReUcAOl6MoPx3xydq1k7dalZvGPG85v-Y5o3goxbT9Wtfr1Gc3BsF8d-BLLxtHOjWS55bkCo5AHeiRxKIkXMk1h1rvAP2JjzMDlBQbguLsLwWGOu_2MktJTqsxnwC



Bien cordialement,

Michel SALOFF-COSTE

Le film "Lumière" | Blog intégratif




http://blog.psychotherapie-integrative.com/le-film-lumiere/



Il s'agit d'un documentaire intéressant, réalisé par un jeune autrichien Peter Arthur Straubingen, qui a mis dix ans pour mener à bien son enquête sur un phénomène hors du commun : sa possibilité de vivre sans aliment solide et sans eau, en se nourrissant uniquement de la lumière ou de l'énergie – les orientaux diraient du « prana » ou du « qi ».

Le questionnement scientifique

Un des  intérêts du film est de montrer la confrontation entre la science médicale conventionnelle et ces phénomènes inexplicables. 

Age and happiness: The U-bend of life | The Economist


http://www.economist.com/node/17722567

ASK people how they feel about getting older, and they will probably reply in the same vein as Maurice Chevalier: "Old age isn't so bad when you consider the alternative." Stiffening joints, weakening muscles, fading eyesight and the clouding of memory, coupled with the modern world's careless contempt for the old, seem a fearful prospect—better than death, perhaps, but not much. Yet mankind is wrong to dread ageing. Life is not a long slow decline from sunlit uplands towards the valley of death. It is, rather, a U-bend.


Facebook Overthrows Yahoo to Become World’s Third Largest Website - Seeking Alpha


http://seekingalpha.com/article/243581-facebook-overthrows-yahoo-to-become-worlds-third-largest-website?source=email_the_daily_dispatch


We've seen this one coming all year. Facebook is now the third largest website in the world, taking the No. 3 spot from Yahoo (YHOO), according to comScore. Facebook drew an estimated 648 million unique visitors from across the globe in November, 2010, compared to 630 million for Yahoo. In October the two sites were dead even with 633 million worldwide unique visitors each (actually Facebook had already passed Yahoo by a smidgeon in October with about half a million more visitors). The only two Web properties left which are bigger than Facebook are Microsoft (MSFT) (869 million worldwide visitors) and Google (GOOG) (970 million) when you look at all of their sites collectively.

The evidence leading up to this overthrow has been building up for a long time. Facebook became the fourth largest Website in the world nearly 18 months ago, and quickly passed Yahoo in pageviews. Today, Facebook accounts for nearly a quarter of all display ads in the U.S., which is more than twice as much as Yahoo.

Facebook also recently passed Yahoo to become the second largest video site in the U.S., and is also the second largest source of traffic(after Google) to other video sites on the Web. No wonder Yahoo CEO Carol Bartz sees Facebook as her biggest competitor, not Google.

In the U.S., however, Facebook is still No. 4 in terms of total monthly visitors (with 152 million), and Yahoo is No. 1 (with 181 million). So not all is lost. Note also that these comScore visitor estimates are different than Facebook's official user numbers which are somewhere north of500 million worldwide, but they are better for making apples-to-apples comparisons between sites.


Bien cordialement,

Michel SALOFF-COSTE






samedi 25 décembre 2010

Entrons dans le management d'après, de Gérard SCHOUN : livre sur les pratiques managériales, le nouveau management, les visions et stratégies managériales, la gouvernance d'entreprise et la responsabilité sociétale. Livre Management


http://www.lignes-de-reperes.com/catalogue/management.htm

Le Grenelle nous encourage à entrer dans le monde d'après. Pour l'entreprise, cela signifie refonder sa légitimité, concevoir autrement la création de valeurs, interroger ses pratiques managériales. Non pas en attendant un hypothétique « grand soir » du management, mais en capitalisant sur les leçons et les expériences de ceux qui ont commencé à inventer le management d'après ;
Sur la voie du management d'après, 12 chantiers, où il est notamment question de vision, de sens, de changement, d'énergie mais aussi de stratégie, d'architecture et de gouvernance. 
Et bien sûr de responsabilité sociétale, car comment inventer autrement ce nouveau management ?
Puis la parole donnée à 12 acteurs qui oeuvrent en faveur du management d'après, dans leurs organisations ou domaines de spécialité. Car ce nouveau management s'invente au quotidien là où la théorie rencontre la pratique.